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EN FRANCE
:
Le président
Jacques Chirac
Au premier rang des tenants d'un statu quo en matière de législation,
nous trouvons le président Jacques Chirac. Il déclarait quarante
huit heures avant son départ pour une session extraordinaire de
l'assemblée générale de l'Onu consacrée à la lutte contre les stupéfiants
" qu'on ne saurait tolérer que soit levé l'interdit sur les drogues
dites douces ". ( N°1106 - 19/06/98 - Le Nouvel Économiste, p.72
) En effet, selon le président, " il n'y a pas de prévention sans
interdit " (le Figaro du 8/06/98 ).
Jospin et
quelques membres de son gouvernement
Lionel Jospin, au sein d'une majorité plus plurielle que jamais,
est également hostile à la dépénalisation des drogues estimant que
" l'interdit de consommation de drogue contribue à la prévention
comme à la répression ". Il peut compter sur le ministre de
la jeunesse et des sports, Mme Buffet. Ségolène Royal, ministre
déléguée à l'Enseignement scolaire, est également hostile à tout
projet de dépénalisation. " On ne peut pas laisser penser aux
jeunes que ces produits ne sont pas nocifs. La banalisation des
interdits est dangereuse et n'aide pas les adolescents à devenir
responsables. " ( le Figaro du 27/01/98 )
Les partis
En matière de drogue, le clivage politique ne peut se réduire à
un match gauche - droite. L'adage " gauche pétard " - " droite fouettard
" ne rend pas compte de la réalité. L'opposition se situe sur le
terrain de l'action. Alors seulement on peut distinguer ceux qui
croient que la drogue n'est pas une fatalité, de ceux qui se réclament
du pragmatisme et qui veulent entériner une situation de fait, les
volontaristes, des situationnistes.
Le club des
douzes
Les députés UDF, Louise Moreau, François d'Aubert, Pierre-Christophe
Baguet, Charles de Courson, Pierre Heriaud, Marc Laffineur, Jean-Pierre
Foucher, Dominique Paillé, Gérad-Charles Martin, Christine Boutin
et le RPR Jacques Godfrain ont assigné le Circ devant la justice
après avoir reçu un joint dans leur boite au lettre palementaire.
Au sénat, Jean-Pierre Fourcade s'est engagé à plusieurs reprises
contre la dépénalisation de la drogue.
Les associations
Cependant, aux côtés de ces hommes et femmes publiques coexistent
les anonymes qui œuvrent de manière associative et caritative contre
la drogue. Citons l'initiative d'Environnement sans frontières qui
visite les établissements scolaires et informe les jeunes du lien
entre drogue et environnement, le manifeste du Mouvement mondial
des mères, Enfance sans drogue (http://move.to/mmm).
- Le Cnid, le Comité nationale d'information sur le drogue,
tente de mobiliser l'opinion contre les dangers que représenteraient
une dépénalisation des drogues à travers son site internet (cnid.org),
mais également par le biais de pétitions qui dénoncent le renoncement
des politiques en matière de lutte contre la drogue. La pétition
" Drogue : non à la capitulation " a recueilli plus de 300 signatures
de personnalités.
- La Fnapt (Fédération Nationale des Associations Prévention
Toxicomanie)
- Espoir du Val d'Oise, association fondée et présidée
par Jean-Paul Bruneau (lire l'interview sur le site : cliquez
ici)
A L'ETRANGER
:
Stockholm
: congrès international contre la drogue libre
" A drug-free world and not a free drug world " (un monde libéré
de la drogue et non un monde de la drogue libre) : tel a été le
message de conclusion avec lequel le président du Drug Policy Forum
" de Londres, Peter Rigby, en sa qualité de chef du Comité d'experts-conseils
de l'ECAD (European Cities Against Drugs, Villes européennes contre
la drogue), a résumé le sens et les finalités de la première conférence
" World cities against drugs ". Le congrès, promu par l'ECAD avec
le soutien de la mairie de Stockhlom, s'est déroulé dans la capitale
suédoise du 12 au 13 mai. Les délégués d'une trentaine de pays des
cinq continents étaient réunis dans la Stadshuset, l'imposant palais
municipal de la " Venise du Nord ", avec la volonté d'empêcher toute
démarche de libéralisation de la drogue.
Il s'agit d'une
prise de position ferme qui jouera un rôle important lors de la
conférence du mois de juin organisée par l'ONU à New York dans le
but d'élargir les stratégies de la lutte contre la drogue. En vue
de cet événement important, Torgny Peterson, directeur de l'ECAD,
a mis au point une résolution qui sera présentée à la conférence
de L'ONU dans laquelle sont requises des mesures très fermes dont
la fermeture immédiate de tous les points de ventes de drogue plus
ou moins légaux (y compris les " coffee shops "), l'élimination
de toutes les initiatives de vente dans la rue, restaurants, clubs,
ect..., la fin de toute distinction entre drogues " douces " et
drogues " dures ", la révocation de toutes les initiatives de libéralisation
des narcotiques avec l'intervention de l'International Narcotics
Control Board de l'ONU qui devrait pouvoir retirer les licences
d'importation d'héroïne destinée aux toxicomanes.
Le document
final souligne l'importance d'une approche commune du problème étant
donné que quelques états et quelques villes, surtout en Europe,
avec leur politique de libéralisation " ont compromis les efforts
d'autres pays visant à limiter l'offre et la demande. (...) Il ne
peut y avoir d'autre objectif qu'un monde sans drogue ". Si Torgny
Peterson dans son discours a voulu stigmatiser la conduite, en général,
d'une association comme la CORA qui représente aujourd'hui en Europe
l'anti-prohibitionniste le plus radical, d'autres orateurs, dont
l'Irlandaise Marie Byrne et la secrétaire de l'EURAD (Europe Against
Drugs) la Hollandaise Renée Wikesjö, ont fustigé, d'une manière
toute particulière, le commissaire européen italien Emma Bonino.
Interprètes des sentiments partagés par leurs collègues européens
présents, ils ont dénoncé publiquement le comportement de Mme Bonino,
complice des anti-prohibitionnistes.
Renée Wikesjö
et Anna-Stina Eklund, responsable de la FMN (Association suédoise
des parents contre la drogue), ont lancé des accusations très dures
vis-à-vis du commissaire européen italien, suscitant l'approbation
générale de l'assistance. " C'est un scandale inouï - a déclaré
la première avec véhémence - qu'à l'intérieur du Parlement européen,
soit accordée, à un commissaire européen italien, la possibilité
de faire propagande et de travailler pour la libéralisation de la
drogue. (...) C'est une honte qu'elle utilise sa position pour cette
fin, d'autant plus qu'elle reçoit de l'argent public, notre argent.
"
La Suède
et sa reine
La reine Silvia de Suède a décidé de s'engager publiquement contre
la drogue : elle l'a déclaré dans son discours d'ouverture du 15
mai (1998) lors de la conférence annuelle du Hassela Nordic Network.
Après avoir constatée que la Suède est devenue la bête noire des
antiprohibitionnistes avec sa politique anti-drogue restrictive,
la reine a déclaré : " Le fait que de nombreux Suédois gardent une
position de rejet sans compromis contre les drogues, constitue la
base saine pour les succès relatifs obtenus jusqu'à présent. Je
veux contribuer au développement de cette base. Voilà pourquoi j'ai
choisi de m'engager publiquement et fortement dans la lutte contre
la drogue. " La reine a mûri cette réflexion après avoir remarqué
qu'il n'est pas suffisant de déléguer ces graves problèmes à des
experts ou à des académiciens, mais qu'il faut que " tous entrent
en lice pour donner la possibilité à notre société d'être suffisamment
forte pour continuer à maintenir la position nécessaire et rigide
vis-à-vis des questions relatives à la drogue ". Aux partisans de
la libéralisation et de la légalisation qui affirment qu'il s'agit
essentiellement d'une question de liberté, la reine de Suède répond
: " Selon moi, il ne s'agit pas de liberté. (...) Nous sommes donc
tous appelés à coopérer pour combattre ces forces qui veulent faire
des stupéfiants des produits de consommation quotidienne. Nous sommes
tenus à nous unir à la lutte contre l'utilisation illicite des substances
stupéfiantes. "
Italie
Manifestation populaire contre la drogue à Rome : Vingt mille personnes
ont manifesté à Rome le 23 mai 1998 contre les propositions de libéralisation
de la drogue prévue par quelques secteurs du Parlement italien.
La manifestation était promue par les principales communautés thérapeutiques
italiennes : San Patrignano de M. Andrea Muccioli, la communauté
Incentro de l'abbé Glamini, l'association Pape Jean XXIII de l'Abbé
Oreste Benzi, la communauté Promozione Umana de l'abbé Mario Pichi,
la fondation Exodus de l'abbé Enzo Mazzi. Dans un communiqué diffusé
par les organisations promotrices il est affirmé que la " légalisation
des drogues douces et la proposition d'administrerde l'héroïne mènent
seulement à une augmentation ou à une chronicité toujours plus grande
la population toxicomane ". De nombreux parlementaires et dirigeants
d'associations comme le Centre Culturel Lépante et l'association
Famiglia Domani ont participé au cortège. Cette dernière est engagée
tout particulièrement dans une action de sensibilisation culturelle
contre la drogue et a pour outil principal le livre de Fabio Bernabei
Droga libera ? 100 ragioni contro (Drogue libre ? 100 raisons contre).
Ce volume constitue une petite " somme " pour tous ceux qui s'opposent
à la dépénalisation et à la légalisation de tout genre de drogue.
Aux Etats
Unis
Madame Donna Shalala, Ministre de la santé des Etats Unis, dans
un article intitulé " Non à la dépénalisation de la Marijuana "
et paru dans le Wall Street Journal du 18 août 1995, déclare : "
Si la marijuana est devenue un problème, c'est parce qu'elle est
nuisible, et non parce qu'elle est illégale. "
LES INSTANCES
INTERNATIONALES :
L'ONU
La lutte contre la drogue comme action prioritaire. Du 8 au 10 mai
derniers s'est déroulée à New York, la 20e Session Spéciale de l'Assemblée
Générale de l'ONU dédiée au problème de la drogue. Problème qui
touche presque 200 millions de personne dans le monde entier. A
la fin des trois journées de débat, les Nations Unies ont adopté
à l'unanimité une déclaration politique qui fait de la lutte anti-drogue
une des priorités des gouvernements du monde. Le projet d'action
de 31 pages a été signé, visant à vaincre, dans l'espace de 10 ans,
la plaie des stupéfiants, se base principalement sur deux points
: le premier consiste dans la substitution de toutes les cultures
de drogue végétale en offrant aux pays producteurs un développement
alternatif ; le deuxième point s'adresse aux pays consommateurs
en essayant, par des actions d'information et de répression, de
réduire la demande. C'est la première fois que la communauté internationale
prend en charge ce dernier aspect, fondamental pour la réussite
du projet. Ceci a permis de dire à Pino Arlacchi, secrétaire de
l'ONU, directeur de l'UNDCP (United Nation Drug Control Programme)
et auteur du Plan : " Nous ne sommes pas en train de lancer une
nouvelle guerre contre la drogue. Il n'y en a jamais eu une " (CNN
Interactive, le 11 juin 1998). Et d'ajouter : " la notion que la
consommation de drogues est une sorte de droit de l'homme est immorale
"
L'OICS
Le rapport de l'organe international de contrôle des stupéfiants
(OICS) rendu public le 24 février 1998 dénonce une " culture de
tolérance [des drogues] qui sape les efforts de prévention " et
s'alarme du développement d'un environnement propice à la promotion
des drogues illicites. Le rapport vise " les hommes politiques,
idoles de la culture pop ou autres " qui créent ou renforcent "
une culture qui non seulement tolère, mais encourage activement
la consommation de drogues à des fins ludiques ". L'OICS demande
aux Etats de " mener des travaux de recherche plus approfondis et
scientifiquement contrôlés " sur les vertus médicales du cannabis
sativa et ses dérivés. Enfin l'OICS attire l'attention sur les messages
diffusés sur internet qui vantent les vertus du chanvre.
A l'UNESCO
Des jeunes de vingt-cinq pays rédigent une charte pour le XXIe siècle
libéré des stupéfiants. Le 9 et 10 février 1998, ils se sont réunis
autour du directeur de l'ONESCO, Federico Mayor pour manifester
leur rêve d'un monde sans drogue.
L'Union européenne
Pendant longtemps l'Union européenne fut une tribune des partisans
de la dépénalisation. Aujourd'hui l'Union européenne semble s'engager
dans une voie inverse. Ainsi Marietta Gianakou-Koutiskou (Grèce,
PPE) a présenté à la commission des libertés publiques et à la plénière
du Parlement européen un rapport qui semble rompre avec les orientations
qui étaient celles de ses prédécesseurs. En effet, le rapporteur
place incontestablement son texte dans l'objectif de la " lutte
sans compromis " contre la drogue. Il ne s'agit plus pour lui de
faire admettre le phénomène de la toxicomanie comme une fatalité
à gérer, mais comme un fléau qui nécessite qu'on lui oppose non
seulement des instruments, des programmes et des structures, mais
surtout " une volonté politique forte exprimée sans ambiguité ".
Afin d'aider à déterminer cette volonté politique, Marietta Gianakou
propose plusieurs directions.
Ainsi, les gouvernements
des Etats-membres et les institutions communautaires sont invités
à coopérer, dans leurs champs de compétences respectifs, et avec
les organisations internationales, comme le programme " drogue "
des Nations Unies (PNUCID), afin que la production et la commercialisation
des stupéfiants, les revenus et le blanchiment qui en découlent,
tout ce qui constitue le " marché " de la drogue fasse l'objet d'une
lutte concertée et efficace. Elle étend même ce souhait de coopération
à la lutte contre le dopage dans le sport. Les accords internationaux,
comme les procédures d'élargissement de l'Union, devraient, selon
le rapport, contenir une clause " anti-drogues " suspensive et sanctionnable,
comme elles contiennent déjà une clause " droits de l'homme ".
A
télécharger et à lire : la lettre bimestrielle
de l'OEDT - (Format PDF - 252 Ko)
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