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Les acteurs partisans de la dépénalisation

Les scientifiques en France :

En France, depuis une vingtaine d'années, des scientifiques demandent la dépénalisation des drogues. Leurs travaux viennent briser les tabous, relancer le débat sur la dépénalisation des drogues. Ils reprochent aux gouvernements successifs de ne pas donner suite à leurs travaux, de les taire, de les enfouir dans un tiroir. Pourtant, on ne parle que d'eux.


Monique Pelletier

Il est curieux de voir en Monique Pelletier une scientifique. Et pourtant les partisans de la dépénalisation des drogues en sont convaincus. Ainsi en va-t-il des toxicologues et autres pharmacologues favorables à la dépénalisation des drogues. Avocat au barreau de Paris, Monique Pelletier a exercé pendant 5 ans, de 1977 à 1981, une activité politique nationale. Chargée par le président Valéry Giscard d'Estaing d'une mission d'enquête sur la drogue en France, elle sera par la suite successivement Secrétaire d'Etat à la Justice, puis Ministre des femmes et de la famille. Le rapport qu'elle rendit en 1978, Problème de la drogue, sera utilisé par tous les partisans de la dépénalisation des drogues comme la preuve scientifique de la caducité de la théorie de l'escalade. Le rapport Pelletier, en 1978, remet en cause la théorie de l'escalade. L'étude du docteur Kleber a pourtant mis en évidence une escalade " marginale " qui représente de 5 à 10 % des fumeurs de cannabis. Ce qui représente tout de même un nombre important d'usagers en chiffres absolus.

Professeur Roger Henrion
Gynécologue, patron du service de maternité de l'hôpital de Port-Royal, professeur émérite à la faculté de médecine de Cochin Port-Royal, membre de l'Académie Nationale de médecine et désormais président du collège scientifique de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, le professeur Henrion a tout de l'homme respectable. Et ce d'autant plus qu'il se disait défavorable à une dépénalisation des drogues avant l'ouverture des travaux de la commission chargée d'étudier les problèmes de la drogue et de la toxicomanie. Neuf mois après, le professeur était non seulement favorable à une dépénalisation, mais encore se prononçait-il pour une légalisation du cannabis. Troublant revirement que n'explique aucune découverte scientifique majeure. En 1997, il lançait : " L'armée française a été réformée, la Sécurité sociale bouleversée, les lois sur l'immigration changent tous les six mois, mais la loi de 1970 reste en l'état ! " (Le Monde du mardi 16 décembre)

Professeur Bernard Roques
Membre de l'Académie des sciences, travaille à l'INSERM et à l'UFR des sciences pharmaceutiques et biologiques de Paris.

Professeur Claude Olievenstein
Directeur médical du Marmottan se déclare ouvertement favorable à une légalisation du cannabis. " Je suis pour la légalisation du cannabis. La dépénalisation seule laisserait en place le réseau des dealers, développerait une économie parallèle. " (Le Monde du mardi 16 décembre 1997)

Professeur Léon Schwartzenberg
Cancérologue. Député européen, il est de toutes les "causes". Il appartient au collectif des Sans Papiers, squatte les logements inoccupés pour défendre les Sans Logis. A côté de ses nombreuses activités militantes, il trouve toujours le temps de s'occuper de ses malades ou des les aider à mourir. Il est en effet partisan de l'euthanasie.

Jean Paul Tassin
Neurobiologiste, Jean Paul Tassin est de ceux qui déclarent encore à qui veut l'entendre : "le cannabis qui est une drogue illicite, n'est pas neurotoxique et ne crée pas de dépendance physique et psychique" (Paris Match du 2 juillet 1998).

Thomas Chauvin et les équipes de prévention de Médecin du Monde
La position de Médecin du Monde est équivoque. Leur travail de réduction des risques les conduit à accompagner les utilisateurs de drogue pour limiter les effets néfastes de leurs consommations. Les "Missions rave" des équipes de Médecin du Monde travaillent conjointement avec d'autres associations comme ASUD (Association des Utilisateurs de Drogue). Elles sont constituées de 3 permanents et de volontaires qui vont dans les raves pour prodiguer leurs conseils : boire de l'eau pour éviter la déshydratation... Ils vont jusqu'à tester certaines pilules pour juger de la qualité des produits. (Entendu sur France Inter International, le 10 novembre 1999 à l'émission de 10h-10h30). Cette présence sanitaire sur les lieux de Rave répond aux demandes de Bernard Kouchner, alors secrétaire d'Etat la santé lors des " rencontres sur la toxicomanie " du 12 et 13 décembre 1998.