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EN FRANCE
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Leur analyse
est simple : la France compte 2 000 000 de fumeurs ( le Monde
du 06/12/97) et 5 à 7 millions de français ont déjà fumé un joint.
Deux enquêtes menées sous l'égide de l'Observatoire français des
drogues et des toxicomanies, rendues publiques le mercredi 28 avril
1999, confirment cette banalisation de l'usage de cannabis, notamment
parmi les lycéens. " Environ un tiers des jeunes l'ont expérimenté
et parmi ceux-ci, la moitié en consomme régulièrement ", indique
l'OFDT. Pour une information plus précise sur l'évolution de la
consommation du cannabis et de l'ecstasy en France, consulter le
site de l'OFDT : ofdt.fr
Le gouvernement
Avec le gouvernement Jospin, les " antiprohibitionnistes "
disposent de porte-parole de choix : Kouchner et Voynet. Devenu
ambassadeur, Bernard Kouchner a mené au cours de son passage au
Ministère de la santé une politique prudente sur l'air de " un
pas en avant, un pas en arrière " qui ne trompe personne. Son
combat en faveur de la dépénalisation est connu depuis longtemps.
Il appartenait au groupe du " 18 joint 1976 ". S'il n'envisage
pas aujourd'hui la dépénalisation des drogues, il se montre en revanche
favorable à une réglementation nouvelle. De plus, il envisage un
usage médical du cannabis, ce qui revient à ouvrir discrètement
le débat sur la dépénalisation. On introduit le loup dans la bergerie.
Mais en matière de santé publique peut-on prendre le risque d'expérimenter
? Quant à Dominique Voynet, en évoquant l'époque où elle fumait
des joints, elle participe à une dédramatisation démagogique susceptible
de fausser davantage le jugement de la jeunesse. Rappelons qu'au
moment des faits, Dominique Voynet recevait à mots couverts le soutien
du garde des Sceaux Elisabeth Guigou pour qui fumer du hasch " n'est
pas un drame sauf si cela devient régulier ".
La MILDT
Créée en 1996 par le gouvernement, la Mission interministérielle
de lutte contre la drogue et la toxicomanie est chargée de coordonner
les actes gouvernementaux en matière de prévention, de soins, d'insertion,
de répression, de lutte contre le trafic et d'action internationale.
Vaste programme. Affranchie de toute véritable tutelle ministérielle,
la MILDT est libre de choisir la politique à mener en matière de
drogue. Les gouvernements se succèdent sans que la MILDT ne soit
affectée par les changements. C'est elle qui accrédite les associations,
accorde ou supprime les subventions. Plus grave semble être la nouvelle
politique gouvernementale en matière de drogue, initiée par la MILDT,
qui entend limiter les risques liés à la consommation de drogue.
En d'autres termes, l'action gouvernementale ne vise plus à lutter
contre la consommation de drogues, mais à promouvoir une meilleure
consommation de drogue. Nicole Maestracci, présidente de la MILDT,
déclarait à cette occasion : " qui oserait prétendre aujourd'hui
que l'éradication de substances psychoactives est à la portée de
tous... Il paraît plus pertinent d'étendre la politique de limitation
des risques... Il est préférable à la limite, d'apprendre à mieux
consommer sans se détruire. " En somme l'objectif est d'aider
les toxicomanes à se droguer proprement. Cela signifie que le gouvernement
par l'entremise de la MILDT :
- renonce à une politique d'éradication des drogues
- et lui préfère une politique sanitaire de réduction des risques.
L'objectif n'est plus de lutter contre la drogue, mais contre une
mauvaise consommation des drogues. Ce ne sont plus les drogues qui
sont visées, mais les conditions d'usage. ( " La politique de
réduction des risques est une idée humaine et pragmatique "
par Jean Carpentier, médecin généraliste à Paris, dans le Monde
du 7/05/98 ) Il faut soigner et non punir. En brisant l'articulation
soin-répression, la politique gouvernementale se prononce tacitement
en faveur de la dépénalisation. Cependant, ces politiques semblent
défaillantes. L'efficacité des traitements de substitution au Subutex
et à la Méthadone demeure ambiguë . Ces traitements ne guérissent
que dans la mesure où l'on parvient à sevrer le malade. Ce qui n'est
pas le cas. Au contraire . Une conférence de consensus réhabilite
le principe de sevrage des héroïnomanes. (le Monde du 7/05/98)
La MILDT vient d'ouvrir un site Internet : drogues.gouv.fr
Les partis
Seul le parti des Verts s'est déclaré ouvertement en faveur d'une
alternative à la prohibition. Lors des dernières élections européennes,
ils se sont prononcés pour la légalisation contrôlée du cannabis
et la dépénalisation de l'usage des autres stupéfiants. La prudence
est de mise chez les socialistes . L'opinion est, on le sait, majoritairement
contre la dépénalisation du cannabis . A droite, les prises de position
en faveur de la dépénalisation sont le fait de personnes isolées.
L'ENA
Un rapport consacré à la sécurité sanitaire émanant d'une partie
des élèves de l'ENA - promotion 1997-1999 " Cyrano-de-Bergerac
" - conclut à la nécessité de modifier la loi en vigueur. Jugeant
que " le droit actuel est inefficace et inefficient ", les
énarques proposent de réprimer l'usage du cannabis par une simple
" contravention ". Cependant, ils reconnaissent que la prévention
des risques pour autrui plaide en faveur du maintien d'une interdiction.
Ils leurs semblent injustifiés de considérer l'usager de cannabis
et l'héroïnomane comme des délinquants et proposent de sanctionner
relativement à l'usage de telle ou telle drogue. (Le Monde
" des énarques au secours du cannabis ", 31/12/98)
A L'ETRANGER
:
La CORA
Coordination radicale antiprohibitionniste, est une association
de citoyens et de personnalités politiques antiprohibitionnistes
européens. Ce lobby est très actif au Parlement européen. Son objectif
est de faire aligner la législation européenne sur le moins-disant
répressif, c'est-à-dire les Pays-Bas. On y trouve : le radical Jean-François
Hory, membre parti radical socialiste, qui eut pour proche collaborateur
Thierry Meyssan, président du réseau Voltaire et Daniel Cohn-Bendit.
L'ancien commissaire européen italien Emma Bonino compte parmi ses
membres.
La LIA
La ligue internationale anti-prohibitionniste est l'un des principaux
mouvements abolitionnistes. Cette association qui regroupe quelques
250 spécialistes dans les domaines juridiques, médical et économique
entend " lutter contre la prohibition des drogues ". Son
trésorier est un industriel italien, Antonio Contardo qui, partant
du constat que les deux tiers de la petite criminalité sont induits
par l'usage de la drogue et que la prohibition constitue une source
économique fondamentale pour les grandes organisations criminelles
multinationales, développe comme solution la levée des sanctions
applicables au commerce de la drogue.

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