ETAT DES LIEUX
Les acteurs
Les dossiers
Histoire du débat
Les enjeux
philosophiques
     
ECLAIRAGES
Abcdaire des drogues
Les drogues et les substituts
Votre enfant et la drogue
Toxicomanie et sida
Accompagner les toxicomanes
Que dit la loi ?
Toxicomanie et dopage
Tabac
     
ALLER PLUS LOIN
Plan du site
Des liens
La bibliographie
Nous écrire
Vous êtes ici : Accueil > Etat des lieux > Les acteurs
Les acteurs partisans de la dépénalisation

Les financiers :

Le lobby abolitionniste bénéficie de l'appui d'importants groupes financiers, allant de la Ford Foundation au groupe Playboy. Grâce au soutien décisif d'un opérateur sur les matières premières comme Richard Denis, ou d'un spéculateur sur les devises comme George Soros, il s'est doté à partir de la fin des années 1980 de structures transnationales. Les médias ont à cet égard activement contribué à la banalisation des drogues et à l'escalade de leur acceptation sociale.


Playboy
Dès août 1962, le magazine fait campagne pour l'usage " récréatif " de la marijuana et la légalisation de cette drogue. (Dan Wakefield, " The prodigal Powers of Pot ", in Playboy, août 1962) En 1963, c'est la promotion du LSD par le même magazine par le biais d'une rubrique intitulée " le LSD et le sexe ". En 1970, la Playboy fondation finance la création par l'avocat Keith Stroup de la National Organization for the Reform of Marijuana Laws, c'est-à-dire, l'Organisation nationale pour la réforme des lois sur la marijuana, qui sera peu ou prou le bras politique du Drug Abuse Council. Alors président des Etats-Unis, Richard Nixon, en 1971, proclame la " guerre contre la drogue ". En 1972, les membres de la très officielle Commission nationale sur la marijuana et l'usage abusif des drogues, appointés par Nixon, renforcent l'épidémie de toxicomanie en recommandant dans leur premier rapport " la dépénalistion de la possession pour usage personnel et de la distribution de petites quantités (28 grammes) de marijuana ".

Fondation Ford
Elle finance les travaux de deux avocats de Washington, Patricia Wald et Peter Hutt ; dans un rapport intitulé Dealing with Drug Abuse (1970), les deux juristes vont évoquer " la présence permanente de drogues dangereuses que l'homme peut utiliser soit de façon responsable, soit de façon abusive, sans qu'il ne soit jamais possible d'éliminer la disponibilité de ces drogues ou d'en supprimer l'usage ". Les deux juristes en concluent que " le but essentiel d'un programme moderne concernant l'usage abusif des drogues doit être d'aider le public à mieux connaître ces drogues afin des les accepter dans le contexte de la vie quotidienne. Toute méthode visant à la suppression totale de la drogue ou à la repression de ses usagers ne fera qu'agraver le problème national " . En 1972, la fondation va financer, à hauteur de 7,5 millions de dollars, la création d'un Conseil sur l'usage abusif de la drogue, le Drug Abuse Council, bientôt imitée par les Fondations Canergie, Commonwealth et Kaiser.

Milton Friedman
Au nom de la supériorité du choix individuel sur l'ordre décrété par l'Etat, l'économiste demande en 1972 la légalisation " immédiate " de toutes les drogues. Tout auréolé du prestige que lui confère son prix Nobel en économie décerné en 1976, Milton Friedman va se battre pour la libération du marché de la drogue tant par ses ouvrages qu'en sa qualité de chroniqueur à Newsweek (1966-1984). Il sera, en 1993, le premier signataire de la Résolution Hoover demandant l'arrêt d'une guerre contre la drogue qu'il juge ruineuse, mais dont il se garde de relever les aspects positifs.

La Drug Policy Foundation
La Fondation pour la Politique de la Drogue, voit le jour e 1987 à Washington sur l'initiative d'un professeur de l'American University, Arnold Trebach. Il entend faire de la nouvelle fondation l'instrument d'une "révolution progressive des idées qui annonce elle-même une révolution du pouvoir politique". La DPF compte 18 000 membres cotisants. Le volume des cotisations ne permet évidemment pas à lui seul de pourvoir au financement de ses nombreuses activités. Sans l'appui de généreux donateurs, la fondation serait vouée à la confidentialité. Richard Dennis, un broker opérant à la bourse des matières premières de Chicago, lui a fait un don de 2 millions de dollars pour ses cinq premières années d'activité. Mais depuis un autre grand mécène est apparu. Il s'agit de George Soros qui va dès 1992 injecter plusieurs millions de dollars dans l'organisation abolitionniste, par l'entremise de l'Open Society Institute, une société qui gère ses activités à but " philantropique ". L'argent permet à la DPF d'organiser des conférences, d'informer le public, de couronner des travaux par la remise de don. Mais cet argent sert également à promouvoir des " stratégies innovatrices " en matière de politique de la drogue ainsi que l'a révélé L'Hebdo (10 février 1994) qui notait les propos du maire de Zurich, Joseph Estermann : " Des fondations américaines nous donnent de l'argent pour financer nos essais de prescriptions médicalisées. "

Pierre Bergé, Pdg d'Yves Saint Laurent.