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Playboy
Dès août 1962, le magazine fait campagne pour l'usage " récréatif
" de la marijuana et la légalisation de cette drogue. (Dan Wakefield,
" The prodigal Powers of Pot ", in Playboy, août 1962) En
1963, c'est la promotion du LSD par le même magazine par le biais
d'une rubrique intitulée " le LSD et le sexe ". En 1970,
la Playboy fondation finance la création par l'avocat Keith Stroup
de la National Organization for the Reform of Marijuana Laws, c'est-à-dire,
l'Organisation nationale pour la réforme des lois sur la marijuana,
qui sera peu ou prou le bras politique du Drug Abuse Council. Alors
président des Etats-Unis, Richard Nixon, en 1971, proclame la "
guerre contre la drogue ". En 1972, les membres de la très
officielle Commission nationale sur la marijuana et l'usage abusif
des drogues, appointés par Nixon, renforcent l'épidémie de toxicomanie
en recommandant dans leur premier rapport " la dépénalistion
de la possession pour usage personnel et de la distribution de petites
quantités (28 grammes) de marijuana ".
Fondation
Ford
Elle finance les travaux de deux avocats de Washington, Patricia
Wald et Peter Hutt ; dans un rapport intitulé Dealing with Drug
Abuse (1970), les deux juristes vont évoquer " la présence permanente
de drogues dangereuses que l'homme peut utiliser soit de façon responsable,
soit de façon abusive, sans qu'il ne soit jamais possible d'éliminer
la disponibilité de ces drogues ou d'en supprimer l'usage ". Les
deux juristes en concluent que " le but essentiel d'un programme
moderne concernant l'usage abusif des drogues doit être d'aider
le public à mieux connaître ces drogues afin des les accepter dans
le contexte de la vie quotidienne. Toute méthode visant à la suppression
totale de la drogue ou à la repression de ses usagers ne fera qu'agraver
le problème national " . En 1972, la fondation va financer,
à hauteur de 7,5 millions de dollars, la création d'un Conseil sur
l'usage abusif de la drogue, le Drug Abuse Council, bientôt imitée
par les Fondations Canergie, Commonwealth et Kaiser.
Milton Friedman
Au nom de la supériorité du choix individuel sur l'ordre décrété
par l'Etat, l'économiste demande en 1972 la légalisation " immédiate
" de toutes les drogues. Tout auréolé du prestige que lui confère
son prix Nobel en économie décerné en 1976, Milton Friedman va se
battre pour la libération du marché de la drogue tant par ses ouvrages
qu'en sa qualité de chroniqueur à Newsweek (1966-1984). Il sera,
en 1993, le premier signataire de la Résolution Hoover demandant
l'arrêt d'une guerre contre la drogue qu'il juge ruineuse, mais
dont il se garde de relever les aspects positifs.
La Drug Policy
Foundation
La Fondation pour la Politique de la Drogue, voit le jour e 1987
à Washington sur l'initiative d'un professeur de l'American University,
Arnold Trebach. Il entend faire de la nouvelle fondation l'instrument
d'une "révolution progressive des idées qui annonce elle-même
une révolution du pouvoir politique". La DPF compte 18 000 membres
cotisants. Le volume des cotisations ne permet évidemment pas à
lui seul de pourvoir au financement de ses nombreuses activités.
Sans l'appui de généreux donateurs, la fondation serait vouée à
la confidentialité. Richard Dennis, un broker opérant à la bourse
des matières premières de Chicago, lui a fait un don de 2 millions
de dollars pour ses cinq premières années d'activité. Mais depuis
un autre grand mécène est apparu. Il s'agit de George Soros
qui va dès 1992 injecter plusieurs millions de dollars dans l'organisation
abolitionniste, par l'entremise de l'Open Society Institute, une
société qui gère ses activités à but " philantropique ". L'argent
permet à la DPF d'organiser des conférences, d'informer le public,
de couronner des travaux par la remise de don. Mais cet argent sert
également à promouvoir des " stratégies innovatrices " en matière
de politique de la drogue ainsi que l'a révélé L'Hebdo (10 février
1994) qui notait les propos du maire de Zurich, Joseph Estermann
: " Des fondations américaines nous donnent de l'argent pour
financer nos essais de prescriptions médicalisées. "
Pierre Bergé,
Pdg d'Yves Saint Laurent.

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