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C'est une constante
de l'humanité de voir le vice et le mal se targuer de toutes les
vertus. Le débat, qui resurgit sur la légalisation ou la dépénalisation
et la prétendue innocuité du cannabis, qualifié mensongèrement de
" drogue douce ", est une nouvelle fois l'illustration de cette
hypocrisie qu'il convient de dénoncer avec force.
Il est prouvé
que le cannabis est une drogue qui crée des dépendances, qui est
mise hors la loi par les conventions internationales, et dont la
légalisation ou la dépénalisation aboutirait à aggraver dangereusement
la santé publique, en faisant reculer davantage les seuils de l'interdit,
au profit de drogues toujours plus dangereuses.
1) Les expertises
scientifiques, confirmées par les analyses les plus récentes menées
en France et aux Etats-Unis sont formelles : le cannabis est une
drogue. Il contient un produit psycho-actif, le delta 9 tétrahydrocannabinol
(THC), en proportion de 1 à 6 %. Des sélections et manipulations
génétiques récentes ont permis d'obtenir et de mettre sur le marché
des variétés très enrichies en THC, allant jusqu'à 20 à 40 % de
THC (cannabis hollandais). C'est un problème de santé très grave,
car l'augmentation en THC du cannabis engendre des effets toxiques
aigus et alarmants.
La toxicité
du cannabis est désormais bien établie. Le récent rapport de l'Académie
des sciences, publié en février dernier, le rapport Henrion, publié
en mars 1996, et différents articles parus dans la revue américaine
Science décrivent les effets dus à la consommation de cannabis.
Outre ses effets sur le comportement, on constate, sur le plan biologique,
que le cannabis interfère avec le fonctionnement cérébral et sur
le système immunitaire.
Il entraîne
des pertes de mémoires, des troubles circulatoires ou respiratoires,
il; provoque une baisse de l'activité sexuelle, affaiblit les défenses
immunitaires et accroît la sensibilité de l'organisme aux maladies
infectieuses.
Le constat
médical
Ces constatations médicales prouvées démontrent, s'il en était besoin,
que le cannabis est une drogue, et que la dénomination " drogue
dure - drogue douce " n'est pas appropriée, comme le confirme le
rapport Henrion et les récents travaux publiés dans la revue Science.
La toxicité
et les types de risques encourus à la consommation du cannabis sont
d'autant plus élevés que les doses absorbées sont importantes et
fréquentes. De surcroît, la personnalité de l'utilisateur, son équilibre
physique et psychique sont de nature à aggraver les risques de la
consommation de cannabis.
2) Sur le plan
international, et afin d'éclairer le débat, le cannabis est depuis
longtemps reconnu comme une drogue et classé comme telle dans la
nomenclature internationale des substances dangereuses à contrôler
et à interdire.
Successivement, la convention unique sur les stupéfiants du 30 mars
1961 (approuvée par 161 États), convention renforcée par le protocole
du 25 mars 1972 (approuvée par 145 États), la convention sur les
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psychotropes
du 21 février 1971 (approuvée par 152 États), et enfin la convention
contre le trafic illicite des stupéfiants et de substances psychotropes
du 19 décembre 1988 (approuvée par 142 États) ont toutes pour objectif
de lutter contre le trafic, la consommation des drogues, dont le
cannabis. Il est à souligner qu'à aucun moment ces conventions internationales
n'établissent de distinction entre des drogues qui seraient douces
et les autres.
Certains peuvent
toujours tenter de croire que la France serait dans l'erreur en
refusant de légaliser ou de dépénaliser le cannabis, ils ne pourront
faire admettre que toute la communauté internationale est dans l'erreur.
A ce titre, il est piquant de relever que les quelques États qui,
comme la Hollande, tolèrent de fait sur leur sol le commerce de
cannabis, au mépris de leurs obligations internationales, en prétendant
qu'il s'agit d'une drogue douce, n'ont jamais proposé à un moment
ou à un autre de modifier ces conventions ou de les dénoncer.
Le bilan
hollandais
3) Mais
surtout, l'expérience de la Hollande démontre parfaitement les dérives
engendrées par la légalisation ou la dépénalisation du cannabis.
Ces dérives traduisent l'adage populaire de simple bon sens que,
lorsque les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites. Le
livre blanc néerlandais du 20 octobre 1995 constate :
- Que les limitations
relatives au nombre de koffieshops, à leurs implantations par
rapport aux écoles, aux quantités individuelles de cannabis que
ces établissements sont autorisés à vendre, sont allègrement transgressées.
- Que les koffieshops
ou leur voisinage sont désormais des centres de distribution de
toutes les drogues, y compris l'héroïne, la cocaïne et autre LSD.
- Qu'en définitive,
les Pays-Bas sont devenus une plaque tournante de la criminalité
organisée de type mafieux.
Tout concorde donc pour maintenir un interdit sans appel sur
le cannabis :
- C'est une
drogue dont " l'amélioration " rend sa consommation de plus en
plus dangereuse.
- Tous les
États sont unanimes pour lutter contre le trafic de cannabis,
même s'il reste beaucoup de progrès à faire dans ce domaine.
- Relever le
seuil de l'interdit en dépénalisant ou en légalisant le cannabis
aboutit d'expérience à encourager la transgression d'interdits
encore plus dangereux.
La nature humaine
est malheureusement ainsi faite.


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