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Le gouvernement
fédéral américain a dépensé, depuis vingt ans, des dizaines de milliards
de francs pour subventionner des recherches sur les propriétés pharmacologiques
et thérapeutiques du cannabis. C'est pour évaluer toutes ces études
que les spécialistes mondiaux de la question se sont réunis les
20 et 21 mars dernier à l'université de New York pour rendre compte
de leurs travaux (1).
Plus de trente
communications furent présentées, dont on peut dégager les conclusions
suivantes : il convient de distinguer entre la fumée de la cigarette
de marijuana et son élément biologique actif, le delta 9 tétrahydrocannabis
(THC). A court terme, ce produit, sous forme de gélule absorbable
par voie orale ou par suppositoire, est une forme acceptable pour
des indications ponctuelles, bien que d'autres thérapeutiques plus
efficaces soient également disponibles, en particulier dans le traitement
de vomissements.
Mais la fumée
de cannabis, qui est encore plus toxique que la fumée de Tabac,
n'a pas d'application thérapeutique. A sa toxicité pulmonaire s'ajoute
sa toxicité sur le système immunitaire du poumon. Cette rencontre
de New York fut marquée par des communications bien inquiétantes.
Le THC, principe
actif de la marijuana, se lie dans le cerveau à des sites de liaison
spécifique (récepteurs) qui, en l'état physiologique normal, sont
occupés par les molécules élaborées par le cerveau, les anandamides.
Or le THC, en se liant à ces récepteurs cérébraux, normalement occupés
par les anandamides, dérègle la fonction cérébrale principale :
l'expression cohérente de la conscience et de la vigilance, comme
l'avait observé Joseph Moreau sur lui-même, il y a plus de 150 ans
(2), après avoir ingéré du haschisch.
Moreau parlait
alors d'une " désintégration moléculaire de l'intelligence par le
haschisch ". Le THC altère d'une façon persistante la régulation
du cerveau à l'échelon moléculaire. Il apparaît que le THC, en dose
infime, induit un nouvel état de conscience, indépendant de la volonté
et du libre arbitre, qui peut aboutir à une " robotisation " : il
s'agit de l'état de dépendance.
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L'avenir
de l'homme
Des récepteurs au THC, identiques aux récepteurs cérébraux, ont
été aussi mis en évidence dans le testicule, l'utérus ainsi que
sur l'ovule et le spermatozoïde.
A la conférence
de New York, Schuel (3) rapporta la présence d'un site récepteur
à l'anandamide sur la tête spermatique. Cette liaison qui est nécessaire
lors de la fécondation de l'ovule, est altérée par le THC. Il y
a plus de vingt ans, j'avais rapporté avec Hembree (4) une diminution
de la concentration et de la mobilité du sperme, ainsi que des formes
anormales de spermatozoïdes chez les seize fumeurs de cannabis étudiés
en milieu hospitalier.
Par ailleurs,
Paria (5), à New York, rapporta la présence des mêmes récepteurs
cérébraux au THC et à l'anandamide dans l'embryon, jusqu'à sa quatrième
division avant son implantation. Les anandamides et leurs récepteurs
constituent donc un système de régulation signalétique dans la fonction
de reproduction. Ce système de signalisation est analogue à celui
décrit dans le cerveau et jouerait le même rôle de " guide invisible
".
Du point de
vue physiologique et médical, il convient de proscrire le dérèglement
par le THC du système de régulation fondamental récépteur anandamide
qui contrôle les communications intracellulaires des neurones cérébraux
et des gamètes. Sous couvert d'un usage médicalisé, basé sur l'innocuité
du cannabis, on en vient en fait à approuver l'usage généralisé
d'une drogue qui présente une menace pour l'avenir de l'homme.
En fumant régulièrement
du cannabis, les jeunes d'aujourd'hui pourraient mettre en danger
les générations futures, avant même qu'elles ne soient conçues.


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