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Les " martyrs " de la drogue
Il n'y a pas de drogues " douces ". On ne peut accepter le risque que les pétitionnaires font prendre à des adolescents abusés.
Par le docteur Léon Hovnanian*
Le Figaro du 9 mai 1998

Un provocateur et plus de 200 suiveurs, en déclarant publiquement qu'ils ont usé de stupéfiants (ou en usent toujours), s'offrent aux sanctions de la loi et se présentent quasiment comme les martyrs d'une société tant répressive qu'ignorante.

Les beaux esprits que voilà ! Le seul risque qu'ils prennent, c'est d'avoir de la publicité dans la presse, ce qu'ils cherchent pour se prouver qu'ils existent et font partie de la " nomenklatura parisienne branchée ". Ils savent parfaitement que personne en France, depuis la loi de 1970, n'est allé en prison pour incitation à usage de drogues, ni même été condamné à une sanction financière dissuasive.

Qu'ils aient besoin de drogue pour essayer de doper le talent qu'ils se prêtent, ou simplement pour supporter leur propre vide, que leur seul préoccupation soit la jouissance de plaisirs immédiats et qu'ils éprouvent la gloriole de s'en vanter, est certes triste, mais leur santé morale, psychique et physique est leur problème d'adulte.

En revanche, ce qu'on ne peut accepter, c'est le risque que, par leur exemple, ces nantis célébrés par les médias font prendre à des dizaines de milliers d'adolescents qui risquent de croire qu'on peut impunément prendre des drogues parce qu'elles sont dites " douces ", alors qu'en fait ils risquent de se retrouver esclaves, leur avenir brisé et exclus de la société. Mais l'avenir des enfants ne semble guère importer à ces pétitionnaires " branchés " ? Et d'ailleurs, combien d'enfants ou de petits-enfants ont-ils, tous réunis ?

 

Désinformation
Avec l'impudeur qui les caractérise - l'usage de drogue affaiblit la conscience morale -, ils osent dire qu'ils ne peuvent supporter que le seul discours autorisé soit celui de la loi, alors que, depuis vingt-cinq ans, les médias sont inondés de leurs discours en faveur du libre usage des drogues. En fait c'est nous, les tenants d'une " société sans drogue ", qui sommes exclus du débat.

Car sont délibérément censurées nos communications sur les dangers de l'usage des drogues (et notamment du cannabis ; par excellence drogue-piège des adolescents) et sur ceux de l'ecstasy, comme sur le caractère fallacieux des traitements à la méthadone et au subutex qui, loin de libérer le toxicomane, l'enfonce dans sa dépendance.

Cela fait vingt-cinq ans qu'à longueur de colonnes, d'émissions de radio ou de télévision, on désinforme l'opinion en banalisant les drogues, en multipliant les citations d'artistes et autres personnalités médiatiques, avec la seule préoccupation de permettre aux tricheurs de se doper en toute quiétude morale, dans le mépris des centaines de milliers de jeunes dont la vie sera brisée et la famille plongée dans le désarroi.

Un vrai débat public ? Mais nous le demandons depuis vingt ans, sans être entendus ! Mon audition publique devant la commission Henrion a été délibérément exclue des séances télévisées en direct de ladite commission et un quotidien du soir, dit " sérieux ", l'a censurée dans son compte rendu.

Alors, chiche pour un vrai débat, enfin honnête, avec à la télévision le même temps de parole contrôlé par le CSA et la même surface dans la presse écrite !

 

Pour un débat public
Alliés objectifs des trafiquants, les promoteurs de la drogue craignent nos explications sur les dangers de l'usage de tous les stupéfiants, cannabis compris, explications basées sur les acquis scientifiques récents.

Ils refusent notre démonstration que la drogue n'est ni une fatalité, ni une composante obligatoire de notre société, pas plus qu'ils n'admettent qu'offrir aux jeunes l'accès à de nouvelles drogues n'est pas un gage de modernité mais signe de décadence.

La toxicomanie des jeunes, fléau récent, est une " loterie du malheur ", qui touche sans distinction les enfants de tout milieu social, ethnique ou religieux. On peut la prévenir, la guérir, l'éradiquer. Il suffit de le vouloir. Ce ne sont pas les 600 000 adultes irresponsables, soit à peine 1 % des Français, qui vont dicter leur loi à l'ensemble de la Nation, pour leur bonne conscience morale... et pour le bénéfice mercantile des trafiquants.

Après un grand débat public contradictoire, la grande majorité des familles françaises, qui ont des enfants qu'ils essaient d'élever correctement, se mobilisera pour défendre les enfants des menaces que les drogues font peser sur leur avenir et pour assurer le droit des jeunes à vivre libre sans drogue, condition première de la pleine possession de leurs moyens intellectuels et physiques. Nous en prenons le pari !



 

(*) Président du CNID (Comité national d'information sur la drogue).
22, avenue Danielle Casanova. 95210 Saint-Gratien
Tel : 01.34.28.55.47. Fax : 01.34.28.20.86
 

 

 

 
DISCUSSION