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Cela s'est fait
en douce. Même le gouvernement n'y aura rien vu. Le gouvernement
vient de donner son feu vert à une dépénalisation de l'usage des
drogues. Jugez-en hier, une campagne officielle d'information sur
les stupéfiants a été lancée. Partant du constat qu'une société
sans drogue ça n'existe pas", elle se propose d'ap-prendre aux jeunes
à "maîtriser " des consommations théoriquement interdites.
Deux discours
s'entrechoquent. Officiellement, la France s'en tient à " la fermeté
dans 1e refus de la banalisation des drogues", comme le dit Jacques
Chirac. La loi de l970 est toujours en vigueur, qui refuse de faire
la différence entre drogues dure et douce, et sanctionne consommateur
et trafiquant. Mais la réalité ne correspond plus à cette façade.
L'heure est à la liberté.
Le pathos qui
justifie l'opération "Savoir plus, risquer moins" emprunte, pour
cela, aux clichés du moment. Ainsi est-ce pour poursuivre un " objectif
démocratique que la campagne veut former " une culture de responsabilité"
chez les usagers, en proposant " une culture de référence" sur les
drogues, dans un souci de "transparence". Tout, sauf proscrire.
Le gouvernement,
chantre des libertés individuelles ? C'est ce rôle valorisant que
la gauche a choisi de tenir auprès des jeunes, principaux usagers
du cannabis et de l'ecstasy. Plus généralement, le " chacun fait
ce qui lui plaît " est en passe de s'ériger en dogme politique.
Il risque de ne s'appliquer qu'aux comportements d'apparence, tant
semblent suspectés, en revanche les écarts de pensée.
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Car cette liberté
fanfaronnée sonne faux. Comment ne pas faire le rapprochement, par
exemple, entre la ferme hostilité du gouvernement face aux sectes
et sa généreuse cornpréhension face à la drogue ? Pourtant, cette
dernière tue plus que les fausses Eglises. Pour l'essentiel, la
réponse tient au fait que la gauche n'entend pas entamer son investissement
dans le " jeunisme ", force électorale de demain.
Il est toujours
plus simple de tolérer que d'interdire. Quitte à devenir confus.
Ainsi, depuis 1998, a-t-on entendu les pouvoirs publics, rapports
scientifiques à l'appui, assurer que le cannabis était moins dangereux
que le Tabac ou l'alcool. Une volonté de dédramatiser qui s'avère
bien légère: la nouvelle campagne, dans sa transparente honnêteté,
ne peut qu'admettre les dangers de cette drogue, loin d'être anodine.
Les consommateurs
ne méritent certes plus la prison, comme la loi de 1970 le prescrit
encore. Pour autant le gouvernement, en contournant la législation
plutôt qu'en cherchant à l'amender, vient de montrer le peu de respect
qu'il portait lui-même aux textes. Ce n'est pas le meilleur exemple.


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