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Accompagner
la consommation? Un discours pervers.
Les vacances sont propices à toutes les expériences. Faut-il pour
autant multiplier les points d'information sur l'ecstasy dans les
soirées techno ? Cette idée de Jack Lang qui plaide aussi pour un
"débat national" sur le cannabis - dope les adeptes de la dépénalisation
des drogues " douces ", On l'aura compris il ne s'agit pas d'interdire
l'usage de ces produits, mais d'en accompagner la consommation par
une information dite " de santé publique ". Que lesjeunes se défopcent
s'ils le désirent, dit en substance le ministre de l'Education nationale,
mais surtout qu'ils le fassent avec de la drogue pure. Un discours
pervers qui ne peut qu'encourager la prise de stupéfiants. A croire
que certains éléphants roses ont perdu la mémoire.
La libéralisation
en Espagne : une explosion du trafic.
En Espagne, ce sont les socialistes eux-mêmes qui sont revenus sur
la dépénalisation du cannabis après dix années d'expérience. Emmenés
par Felipe Gonzalez, ils avaient voté la loi du 5 juin 1983 qui
dépénalisait la consommation de drogue à titre individuel. Restaient
passibles de sanctions pénales ceux qui " promeuvent, favorisent
ou facilitent la consommation par la culture, la fabrication. le
trafic ou la possession à cette fin ". Le système reposait
sur le principe que la libéralisation de la consommation devait
casser le trafic et rationaliser les comportements du fait même
de la disparition de l'interdit.
C'est tout le contraire qui s'est produit. Le trafic a explosé.
Plus de deux cents tonnes de haschisch récupérées par la police
chaque année. Cent fois plus qu'en France ! Plus de dix tonnes de
cocaïne saisies ! Et ce n'était que la partie émergée de l'iceberg
l'essentiel du trafic, on le sait, passe à travers les mailles du
filet.
Une logique
de mort
Ainsi va la logique des vendeurs de mort, plus on inonde la jeunesse
de drogue, plus elle en consomme. Une loi invariable qui fait le
jeu des organisations criminelles. En Espagne, elles avaient réussi
à corrompre de hauts dignitaires de la garde civile et même un ancien
préfet. Il y a plus grave : le climat de dépénalisation a conduit
à la banalisation des substances les plus nocives, favorisant le
passage des " drogues douces " aux drogues dures.
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En
dix ans, le nombre d'overdoses a été multiplié quasiment par dix,
passant de quatre-vingt-treize à huit-cent neuf morts. Sans parler
de l'explosion des cas de sida liés à la réinjection de drogues
par voie intraveineuse : quatre en 1983 quatorze mille quatre cent
soixante-dix-neuf en 1993 ! " En supprimant toute menace de sanction
à la consommation, confie l'un des patrons du Plan national
contre la drogue espagnol, nous nous étions privés d'un moyen
efficace pour obliger les toxicomanes à suivre un traitement "
(…).
Le laxisme
français.
Où en est la France? Le Comité national d'information sur
la drogue livre un constat inquiétant sur la situation dans l'Hexagone.
A combien de morts faut-il mettre le curseur pour que cesse enfin
toute tentation suicidaire? Les Espagnols, eux, ont dû se rendre
à l'évidence : le 21 février 1992, la loi Corcuera sur la " protection
et la sécurité du citoyen " mettait fin à l'" expérience cannabique
" Formellement ce texte ne " pénalise" toujours pas la consommation
de chanvre, mais il la sanctionne malgré tout, puisqu'il considère
comme des " infractions graves " tant la consommation de drogue
dans les lieux publics que le simple fait d'en détenir, " même si
elle n'est pas destinée au trafic ". Les sanctions sont de nature
administrative : suppression du permis de conduire jusqu'à 3 mois,
amendes forfaitaire de 2000 francs pour le petit fumeur. Même
le système français ne s'avère pas aussi dissuasif, au vu des peines
généralement prononcées. Quand le ministère public ne renonce pas
purement et simplement à exercer ses poursuites (…).
Nos voisins
l'ont appris à leurs dépens: ce fléau puise sa force dans nos renoncements.
Favoriser la consommation decstasy ou de cannabis, quels que soient
les arguments employés, c'est prendre le risque de voir s'allonger,
comme en Espagne, la liste noire des overdoses. Jack Lang ne peut
ignorer plus longtemps cette réalité qui dérange : en matière
de drogue, la démagogie des uns fait toujours le malheur des autres.
PAR BERNARD
PLASAIT, Sénateur de Paris, vice-président de DL.


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