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Le dépistage de la drogue au volant commence en 2001

"Des milliers de personnes, des jeunes en particulier, conduiraient" sous influence "


Le Quotidien du Médecin Journal N° 6806 du 22-Nov-2000

Les automobilistes impliqués dans un accident mortel de la circulation routière feront l'objet d'un dépistage systématique de drogues dès 2001.

Le décret d'application de l'article 9 de la loi du 18 juin 1999 relative à la sécurité routière permettant ce type d'intervention devrait être publié " avant la fin de l'année " au " Journal officiel ", annonce Jean-Claude Gayssot. "Compte tenu de la diversité des produits en cause et de leurs spécificités, le dépistage de la prise de stupéfiants est plus difficile à mettre en œuvre que le contrôle d'alcoolémie ", souligne le ministre des Transports dans une réponse à une question écrite sur le sujet du Dr Bernard Accoyer, député-maire RPR d'Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie).

Mieux appréhender le phénomène

Les officiers ou agents de police judiciaire procéderont à des tests de dépistage. Un médecin requis par les force de l'ordre fera par exemple, dans un premier temps, un prélèvement des urines (les tests sur la sueur ou la salive ne sont pas encore au point). Si les urines sont positives, si l'opération se révèle impossible, ou si le conducteur refuse de s'y soumettre, on procédera à des analyses et à des examens médicaux, cliniques et biologiques, en vue d'établir si le chauffeur était sous l'influence de substances ou plantes classées comme stupéfiants.

En cas de mort de l'automobiliste, un praticien légiste prélèvera des échantillons. Les drogues visées sont le cannabis, les amphétamines, les opiacés et la cocaïne. L'objectif recherché n'est pas de sanctionner encore plus les contrevenants, qui se sont déjà rendus coupables d'un accident mortel, car il n'existe pas de délit de conduite sous l'empire de la drogue.

 

En revanche, précise Jean-Claude Gayssot, le test de dépistage de drogue devrait aider à mieux situer les responsabilités et à " renforcer la connaissance des effets de la consommation des différents stupéfiants sur la conduite qui sont mal évalués aujourd'hui. Le moment venu, des mesures adaptées de répression " seront prises. " Il s'agit d'une démarche progressive et réfléchie, semblable à la méthode qui a conduit au dépistage de l'alcoolémie tel qu'il est pratiqué désormais. "

Entre 4 000 et 6 000 contrôles par an

Selon la Déléguée interministérielle à la sécurité routière, entre 4000 et 6000 dépistages seront réalisés chaque année, pour un budget d'une quinzaine de millions de francs. Les données recueillies alimenteront une étude épidémiologique portant sur les années 2001-2002.

Pour le Dr Charles Mercier-Guyon, directeur médical du Centre d'études et de recherches en médecine du trafic, 1500 jeunes de 18 à 24 ans mourraient au volant à cause de la drogue associée à l'alcool. Et, ajoute le spécialiste, " entre 12 et 15 % des accidents de la circulation graves et mortels impliquent la drogue ou des médicaments détournés de leur usage ".

Philippe ROY



 

 

 

 
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