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" Boire ou
conduire il faut choisir ". Ce message de prévention contre
l'alcool au volant est tout aussi valable pour les drogues. Conduire
sous l'emprise de cannabis, de cocaïne, d'amphétamines ou de dérivés
de l'opium ( morphine, héroïne ou des produits de substitution tel
le Subutex®) peut être aussi dangereux que l'alcool explique le
Dr Charles Mercier-Guyon, directeur du Centre d'Etudes et de Recherches
en médecine du trafic. Un danger qui mériterait bien à ses yeux
une législation sur la conduite sous l'emprise de produits illicites.
Mais là, comme dans d'autres domaines de santé publique, les luttes
politiques constituent un frein.
Selon les estimations,
la drogue au volant est responsable de 1500 morts par an et 12 à
15 % des accidents mortels impliquent 12 000 conducteurs dont la
conduite a été altérée par les effets de drogues ou de médicaments
détournés de leur usage thérapeutique. L'alcool est quant à lui
responsable de 30 à 35 % des accidents de la route.
Car les effets
des drogues influent défavorablement sur la conduite. " Le cannabis
à faible teneur en THC (tétrahydrocannabinol- la substance active
du cannabis ) produit un petit effet sédatif comparable à 0,5 gramme
d'alcoolémie (seuil d'infraction pour l'alcool) ou à un petit tranquillisant
" explique le Dr Mercier-Guyon. " Si le cannabis n'augmente
pas la prise de risque par le conducteur comme le fait l'alcool
par son effet désinhibant " poursuit-il, " en revanche les
effets et la dangerosité du cannabis pour la conduite augmentent
lorsque la prise est associée à l'alcool " comme c'est souvent
le cas .
Le cannabis
à forte teneur en THC, ou quand il est consommé avec une pipe à
eau (ou bang), l'effet est comparable à un état d'ivresse supérieur
ou égal à 1,2 gramme d'alcoolémie.
Les opiacés
ont indiscutablement un effet sédatif identique à 0,8 gramme d'alcoolémie.
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Et si on ne
trouve pas de présence d'héroïne chez les conducteurs, les études
montrent que la conduite automobile des toxicomanes qui bénéficient
d'un traitement de substitution pâtit des effets sédatifs des ces
médicaments dérivés de l'opium.
Les amphétamines
et la cocaïne ont des effets tout aussi dangereuses. Les premières
augmentent la prise de risque par le sentiment de toute puissance
qu'elles provoquent, quand la cocaïne augment l'agressivité. Lorsque
ces 4 types de drogues sont consommés en association ou avec de
l'alcool leurs effets néfastes pour la conduite augmentent insiste
le Dr Mercier-Guyon.
Malgré les dangers
avérés de la consommation de drogue sur la conduite automobile,
dangers qui, rappelons le ne concernent jamais le seul automobiliste,
la législation reste muette sur le sujet et le restera sans doute
encore un moment.
Les députés,
de la majorité, à l'Assemblée nationale viennent de rejeter, en
première lecture, une proposition de loi, de l'opposition, visant
à réprimer l'usage de drogues au volant. On devine comment des deux
cotés de l'Assemblée ce ne sont pas des considérations de santé
publique qui inspirent le vote et le débat mais plutôt l'intérêt
électoral. Les uns veulent se montrer tolérants et les autre répressifs.
Le débat sous jacent sur la dépénalisation des drogues " douces
" ne facilite en rien les choses.
C'est à se demander
comment huit autres pays européens, dont les Pays-Bas, ont pu mettre
en place des contrôles de prise de drogues en cas d'accidents, ou
de conduite dangereuse.
Thomas Leven
Lire aussi :
la proposition de loi du député Bernad Accoyer


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