ETAT DES LIEUX
Les acteurs
Les dossiers
Histoire du débat
Les enjeux
philosophiques
     
ECLAIRAGES
Abcdaire des drogues
Les drogues et les substituts
Votre enfant et la drogue
Toxicomanie et sida
Accompagner les toxicomanes
Que dit la loi ?
Toxicomanie et dopage
Tabac
     
ALLER PLUS LOIN
Plan du site
Des liens
La bibliographie
Nous écrire

 

 

Vous êtes ici : Accueil > Article
INTERDIRE LA DROGUE AU VOLANT ?

Il n'existe toujours pas de lois pénalisant l'usage de drogues au volant


Médisite, le 11 Décembre 2000

" Boire ou conduire il faut choisir ". Ce message de prévention contre l'alcool au volant est tout aussi valable pour les drogues. Conduire sous l'emprise de cannabis, de cocaïne, d'amphétamines ou de dérivés de l'opium ( morphine, héroïne ou des produits de substitution tel le Subutex®) peut être aussi dangereux que l'alcool explique le Dr Charles Mercier-Guyon, directeur du Centre d'Etudes et de Recherches en médecine du trafic. Un danger qui mériterait bien à ses yeux une législation sur la conduite sous l'emprise de produits illicites. Mais là, comme dans d'autres domaines de santé publique, les luttes politiques constituent un frein.

Selon les estimations, la drogue au volant est responsable de 1500 morts par an et 12 à 15 % des accidents mortels impliquent 12 000 conducteurs dont la conduite a été altérée par les effets de drogues ou de médicaments détournés de leur usage thérapeutique. L'alcool est quant à lui responsable de 30 à 35 % des accidents de la route.

Car les effets des drogues influent défavorablement sur la conduite. " Le cannabis à faible teneur en THC (tétrahydrocannabinol- la substance active du cannabis ) produit un petit effet sédatif comparable à 0,5 gramme d'alcoolémie (seuil d'infraction pour l'alcool) ou à un petit tranquillisant " explique le Dr Mercier-Guyon. " Si le cannabis n'augmente pas la prise de risque par le conducteur comme le fait l'alcool par son effet désinhibant " poursuit-il, " en revanche les effets et la dangerosité du cannabis pour la conduite augmentent lorsque la prise est associée à l'alcool " comme c'est souvent le cas .

Le cannabis à forte teneur en THC, ou quand il est consommé avec une pipe à eau (ou bang), l'effet est comparable à un état d'ivresse supérieur ou égal à 1,2 gramme d'alcoolémie.
Les opiacés ont indiscutablement un effet sédatif identique à 0,8 gramme d'alcoolémie.

Et si on ne trouve pas de présence d'héroïne chez les conducteurs, les études montrent que la conduite automobile des toxicomanes qui bénéficient d'un traitement de substitution pâtit des effets sédatifs des ces médicaments dérivés de l'opium.
Les amphétamines et la cocaïne ont des effets tout aussi dangereuses. Les premières augmentent la prise de risque par le sentiment de toute puissance qu'elles provoquent, quand la cocaïne augment l'agressivité. Lorsque ces 4 types de drogues sont consommés en association ou avec de l'alcool leurs effets néfastes pour la conduite augmentent insiste le Dr Mercier-Guyon.

Malgré les dangers avérés de la consommation de drogue sur la conduite automobile, dangers qui, rappelons le ne concernent jamais le seul automobiliste, la législation reste muette sur le sujet et le restera sans doute encore un moment.

Les députés, de la majorité, à l'Assemblée nationale viennent de rejeter, en première lecture, une proposition de loi, de l'opposition, visant à réprimer l'usage de drogues au volant. On devine comment des deux cotés de l'Assemblée ce ne sont pas des considérations de santé publique qui inspirent le vote et le débat mais plutôt l'intérêt électoral. Les uns veulent se montrer tolérants et les autre répressifs. Le débat sous jacent sur la dépénalisation des drogues " douces " ne facilite en rien les choses.

C'est à se demander comment huit autres pays européens, dont les Pays-Bas, ont pu mettre en place des contrôles de prise de drogues en cas d'accidents, ou de conduite dangereuse.

Thomas Leven

Lire aussi : la proposition de loi du député Bernad Accoyer



 

 

 

 
DISCUSSION