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Lorsque le
gouvernement belge avait annoncé, le 18 janvier, sa décision de
dépénaliser le cannabis - officiellement, on parle d'un " changement
de la politique de poursuites " pénales -, un curieux échange à
fleurets mouchetés avait opposé la ministre de la santé publique,
Magda Aelvoet (parti Agalev, Verts flamands), à son collègue de
la justice, Marc Verwilghen (VLD, libéraux flamands) : au second,
qui niait une dépénalisation formelle, Mme Aelvoet avait répliqué
que cette mesure ouvrait évidemment " un espace de liberté supplémentaire
". Le premier ministre avait alors été invité à arbitrer, en répondant
à la question de savoir si le fait de fumer du cannabis dans un
compartiment de train pouvait entraîner des poursuites. Guy Verhofstadt
avait! réfléchi, et répondu ceci : " Oui, si vous perturbez l'ordre
public. " Cette réponse mi-chèvre mi-chou illustre toute l'ambiguïté
de ce " pas en avant " en matière de " drogues douces " accompli
par la Belgique, dont la moindre n'est pas la grande incertitude
quant à la quantité de cannabis qu'il est désormais licite de posséder
pour sa " consommation personnelle ".
Qu'est-ce
qu'une consommation "raisonnable" ?
Il faudra en
effet attendre un arrêté royal pour en savoir plus, ce qui ne réglera
pas tous les problèmes : il appartiendra au juge pénal d'interpréter
une " consommation problématique "ou provoquant une " nuisance sociale
", et de décider que, dans un tel cas, il est de son devoir de sévir.
A l'inverse, une " consommation raisonnable "est désormais autorisée,
ce qui laisse la porte ouverte à bien des problèmes de jurisprudence
et à une grande subjectivité des parquets. Quant aux policiers,
ils ne pourront plus confisquer la dose personnelle d'un fumeur,
mais pourront continuer à enregistrer son signalement (" anonyme
"), à des fins purement statistiques.
Un flou juridique
Pratiquement,
la production de cannabis (toujours pour un usage personnel) n'est
plus condamnable - ce qui permet
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de faire pousser
cette plante dans son jardin -, pas plus que son importation (les
Pays-Bas devraient donc rester le principal fournisseur), alors
que son exportation reste interdite.
Le flou accompagnant
cette libéralisation de l'usage du cannabis, qui est présentée avant
tout comme l'un des aspects de la lutte contre la drogue, s'explique
par la complexité politique de la coalition gouvernementale qui
soutient M. Verhofstadt : les Verts et le PS voulaient une légalisation
pure et simple, mais les libéraux y étaient opposés.
Confusion
dans les écoles
Alors que Magda
Aelvoet tient un discours quasi libertaire (" Notre message est
clair. Jouissez, mais soyez rationnels ! Ne portez préjudice ni
à vous-même ni à ceux avec qui vous vivez ", a-t-elle affirmé),
l'opinion publique flamande n'a pas désarmé, et l'Union des fédérations
des associations de parents de l'enseignement catholique insiste
pour faire passer le message selon lequel le cannabis reste interdit
aux mineurs. Devant cette relative confusion, il n'est pas sûr que
ce dernier discours soit correctement perçu. Certains spécialistes
craignent que seul l'aspect permissif du message soit retenu par
la jeunesse, et qu'une partie de la population adulte qui était
engagée jusque-là dans la prévention soit quelque peu démobilisée
à l'avenir. La confusion dans les écoles prenant de l'ampleur (les
élèves multipliaient les demandes pour être désormais autorisés
à " fumer un joint "), le ministre de l'enseignement secondaire,
Pierre Hazette, a publié une circulaire, mercredi 31 janvier, pour
rappeler que l'usage du cannabis reste strictement interdit dans
les écoles, les manquements pouvant être l'objet de mesures disciplinaires...
Laurent Zecchini
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cachée de l'usage des drogues en France


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