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Laxisme
aux Pays-Bas et sévérité en France ?
L'opposition
entre les politiques des deux pays à l'égard des drogues paraît
trop simple pour être exacte. L'image des Pays-Bas, présentés
soit comme modèle celui des coffeeshops, où l'on peut librement
consommer un large éventail de variétés de marijuana,soit comme
repoussoir le havre des drug runners, ces " touristes de la drogue
et rabatteurs motorisés sur les routes internationales " ne correspond
pas à une réalité plus complexe.
C'est ce qu'expliquent
deux sociologues françaises, Emilie Gomart et Hélène Martineau,
qui ont effectué, à la demande de la Mission interministérielle
de lune contre la drogue et la toxicomanie une étude intitulée "
Les politiques et Expérimentations sur les drogues aux Pays-Bas
", qui vient d'être publiée par l'Observatoire français des drogues
et des toxicomanies.
Un durcissement
de la législation
Si
la législation des Pays-Bas n'autorise pas les interpellations d'usagers
au seul motif de leur consommation, la politique sur les drogues,
" à cheval entre une problématique de sécurité publique et de santé
publique" y est.moins libérale qu'on ne le croit expliquent-elles.
La législation, déjà restrictive sur les coffee-shops a été durcie
par une loi d'avril 1999, significativement surnommée " Damoclès
", qui élargit les motifs pour lesquels les maires peuvent fermer
ces établissements.
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Les non-usagers,
exclus du débat
Dans
un premier temps les autorités néerlandaises ont privilégié le principe
dit du " risque acceptable", élaboré à partir du rapport Baan de
1972, qui prônait une " tolérance " à l'égard des drogues douces,
afin d'éviter l'exclusion sociale des usagers à commencer par les
jeunes consommateurs de cannabis
Deuxième temps,
dans un contexte où l'usage problématique de l'héroine s'est notablement
développé, le rapport Engelsman de 1985 a jeté les bases de la politique
de " limitation des risques". Ies objectifs de santé publique y
étaient alors affirmés avec plus de force, en même temps que cette
politique impliquait davantage les usagers de drogues, en les associant
au débat via le Junkiebond, le " syndicat des junkies ". Suspects
de " préjugés " et de " réclamations illégitimes ", les non-usagers
ont été délibérément exclus des discussions.
Un changement
de cap va intervenir au débuts des années 90. Entre 1990 et 1995,
excédés les habitants des quartiers "sensibles" des grandes villes
hollandaises, comme à Rotterdam, dans lequartier de Spangen, passent
aux actes. Ils s'interposent entre les dealers et leurs clients,
et agressent des touristes étrangers consommateurs de drogue. Dès
lors, en 1995, un rapport interministériel intitulé " Continuité
et changement " définit la politique des nuisances. Cette nouvelle
orientation réintroduit les habitants des quartiers touchés par
la drogue dans le processus d'élaboration des politiques publiques.
Paul. Benkimoun
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