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UN NOUVEL ETAT-DEALER : LA SUISSE

La Suisse va plus loin que la Belgique et la Hollande


Drogue-danger-debat, le 12 mars 2001

Les Suisses pourront bientôt " fumer leur joint " en toute légalité après la décision du gouvernement, vendredi 9 mars, de dépénaliser la consommation, la culture, l'acquisition et la détention de cannabis.Un projet de loi a été proposé au Parlement.

L'ONU s'inquiète dans un rapport sur la drogue

Dans son rapport annuel présenté le mois dernier à Vienne, l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) s'était déclaré, inquiet d'une éventuelle libéralisation de la production et du commerce du cannabis en Suisse : "La culture et la vente [...] y sont devenues un secteur d'activité non négligeable."

La loi sur les drogues est donc en cours de révision dans ce pays favorable à une libéralisation complète de la consommation de cannabis à des fins personnelles. Dès la loi votée, la Suisse ira alors plus loin que la Hollande où la consommation de cannabis est autorisée et sa culture seulement tolérée.
En présentant à la presse la recommandation gouvernementale, Mme Ruth Dreifuss, ministre socialiste des affaires sociales et de la santé, a fait valoir que "la répression (contre l'usage du cannabis) n'a pas donné les résultats escomptés".
Aussi, a-t-elle souligné, "pour approcher efficacement la jeunesse, il faut d'autres stratégies".

Mais dans son rapport annuel l'OICS avait estimé qu'une telle libéralisation de la production et du commerce du cannabis "aggraverait le problème au lieu de le résoudre ".

Le rapport soulignait "le danger que pourraient représenter un important trafic de produits à base de cannabis en provenance de Suisse ainsi que le tourisme lié à la drogue".

Blanchiment : la Suisse est dénoncée par la France

Mais la Suisse est aussi dans le collimateur de la mission d'information de l'Assemblée nationale française sur le blanchiment de l'argent sale en Europe. Les députés socialistes Arnaud Montebourg et Christian Peillon viennent de publier un rapport intitulé : " La lutte contre le blanchiment des capitaux en suisse : un combat de façade ".

D'après les députés, en effet, la Suisse est non seulement " un paradis fiscal " mais aussi " un centre offshore ". Pourtant la Suisse s'est dotée " d'un ensemble de normes antiblanchiment très complet " en 1997. Mais selon Vincent Peillon, " le fait de se doter d'une loi ne signifie absolument pas qu'on lutte contre la réalité de la criminalité ". De fait la Suisse continue d'accueillir en masse les capitaux douteux et notamment l'argent sale des pays de l'est mais aussi des pays de l'UE . " La Suisse n'est pas un Etat criminel mais tous les criminels du monde viennent y blanchir leur argent ", a déclaré le rapporteur avec une certaine " diplomatie "

Lire aussi : Les Pays-Bas ont fait marche arrière



 

 

 

 
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