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LA JEUNESSE FRANÇAISE EN DANGER

L'OMS vient de rendre public son étude sur l'usage de l'alcool, de la cigarette et de la drogue


Libres.org, le 12 mars 2001

Les rapports se suivent et se ressemblent. Il y a quelques semaines seulement les chiffres sur la violence venaient interpeller des responsables politiques surpris et inquiéter des citoyens de plus en plus menacés dans leur quotidien. La violence gagne du terrain, et elle concerne et frappe une jeunesse en mal de repères éthiques, de règles comportementales et d'autorité institutionnelle.

Il y a quelques jours, les dirigeants de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ont accentué un portrait déjà désolant d'une frange de la jeunesse européenne. Leur constat est sans appel ; les jeunes européens consomment de plus en plus d'alcool, de tabac et de drogue et ce, de plus en plus jeunes. Les Français ne sont pas en reste, mais en tête.

Un constat accablant

Chez les 100 000 jeunes de 15 et 16 ans interrogés dans les écoles de 26 pays européens, il ressort que la consommation de ces substances toxiques n'a cessé d'augmenter depuis 1995. Pire encore, ce n'est pas tant l'usage qui caractérise cette catégorie de jeunes que l'abus qui est fait notamment d'alcool dont la consommation s'est banalisée (il entraînerait 55 000 décès par an de jeunes âgés de 15 à 29 ans).

Autre signe inquiétant le tabagisme, qui ne cesse de croître surtout chez les filles, et l'utilisation du cannabis qui fait de plus en plus d'adeptes. Si les pays de l'Europe de l'Est contribuent à une part non négligeable de ce bilan (notamment en ce qui concerne la consommation d'alcool) les nations de l'Ouest ne sont pas en reste.

La France arrive ainsi dans le peloton de tête en ce qui concerne l'utilisation du tabac (47% des filles et 41% des garçons ont fumé le mois précédant l'enquête) et de cannabis (25% des jeunes interrogés reconnaissent avoir utilisé cette substance durant le mois précédent).

Des raisons profondes

Triste bilan qui donne matière à réfléchir à tous ceux qui prennent la peine de dépasser le procès d'intention facile et stérile habituellement fait aux grands groupes de tabac et d'alcool ou à un système publicitaire qui inciterait à la débauche. Le mal-être est certainement plus profond et exige d'aller au delà du simple accès d'humeur contre un système consumériste dans lequel la jeunesse ne serait que la victime impuissante d'obscures forces marchandes. Il en va du devoir de chaque acteur impliqué, de réintégrer sa place dans la structure de responsabilité.

Des solutions

En premier lieu, il faut restaurer les institutions fondamentales qui ont toujours eu pour rôle d'éduquer, d'enseigner, d'informer, de donner un cadre favorable à des comportements humains civilisés et donc moralisés. Depuis la famille, jusqu'aux associations en passant par l'école et puis, plus loin, la justice, la police et les autres instances publiques. Elles sont, chacune à des niveaux différents, des canaux privilégiés de la formation et de l'humanisation des jeunes individus. Elles sont aussi des véhicules essentiels de ces règles abstraites, de ces connaissances implicites qui fondent les sociétés libres et modernes. Trop longtemps, ces institutions ont été soit réduites au silence, soit perverties. On a alors poussé des générations entières à s'émanciper, à refuser le cadre légal, l'autorité, la morale sous prétexte de modernité, au nom d'une fausse liberté destructrice. C'est donc cettee déshumanisation intense entreprise par des États soumis à l'idéologie, que nous payons aujourd'hui au prix fort et qui transparaît derrière ces chiffres. Certaines idéologies et certaines intentions politiques ne sont malheureusement pas sans conséquence pour les générations concernées qui portent, longtemps après, l'héritage maudit de leurs prédécesseurs.

Lire aussi : L'OMS accuse l'industrie de l'alcool de mettre en péril la jeunesse



 

 

 

 
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