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Les rapports
se suivent et se ressemblent. Il y a quelques semaines seulement
les chiffres sur la violence venaient interpeller des responsables
politiques surpris et inquiéter des citoyens de plus en plus menacés
dans leur quotidien. La violence gagne du terrain, et elle concerne
et frappe une jeunesse en mal de repères éthiques, de règles comportementales
et d'autorité institutionnelle.
Il y a quelques
jours, les dirigeants de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé)
ont accentué un portrait déjà désolant d'une frange de la jeunesse
européenne. Leur constat est sans appel ; les jeunes européens consomment
de plus en plus d'alcool, de tabac et de drogue et ce, de plus en
plus jeunes. Les Français ne sont pas en reste, mais en tête.
Un constat
accablant
Chez les 100
000 jeunes de 15 et 16 ans interrogés dans les écoles de 26 pays
européens, il ressort que la consommation de ces substances toxiques
n'a cessé d'augmenter depuis 1995. Pire encore, ce n'est pas tant
l'usage qui caractérise cette catégorie de jeunes que l'abus qui
est fait notamment d'alcool dont la consommation s'est banalisée
(il entraînerait 55 000 décès par an de jeunes âgés de 15 à 29 ans).
Autre signe
inquiétant le tabagisme, qui ne cesse de croître surtout chez les
filles, et l'utilisation du cannabis qui fait de plus en plus d'adeptes.
Si les pays de l'Europe de l'Est contribuent à une part non négligeable
de ce bilan (notamment en ce qui concerne la consommation d'alcool)
les nations de l'Ouest ne sont pas en reste.
La France arrive
ainsi dans le peloton de tête en ce qui concerne l'utilisation du
tabac (47% des filles et 41% des garçons ont fumé le mois précédant
l'enquête) et de cannabis (25% des jeunes interrogés reconnaissent
avoir utilisé cette substance durant le mois précédent).
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Des raisons
profondes
Triste bilan
qui donne matière à réfléchir à tous ceux qui prennent la peine
de dépasser le procès d'intention facile et stérile habituellement
fait aux grands groupes de tabac et d'alcool ou à un système publicitaire
qui inciterait à la débauche. Le mal-être est certainement plus
profond et exige d'aller au delà du simple accès d'humeur contre
un système consumériste dans lequel la jeunesse ne serait que la
victime impuissante d'obscures forces marchandes. Il en va du devoir
de chaque acteur impliqué, de réintégrer sa place dans la structure
de responsabilité.
Des solutions
En premier lieu,
il faut restaurer les institutions fondamentales qui ont toujours
eu pour rôle d'éduquer, d'enseigner, d'informer, de donner un cadre
favorable à des comportements humains civilisés et donc moralisés.
Depuis la famille, jusqu'aux associations en passant par l'école
et puis, plus loin, la justice, la police et les autres instances
publiques. Elles sont, chacune à des niveaux différents, des canaux
privilégiés de la formation et de l'humanisation des jeunes individus.
Elles sont aussi des véhicules essentiels de ces règles abstraites,
de ces connaissances implicites qui fondent les sociétés libres
et modernes. Trop longtemps, ces institutions ont été soit réduites
au silence, soit perverties. On a alors poussé des générations entières
à s'émanciper, à refuser le cadre légal, l'autorité, la morale sous
prétexte de modernité, au nom d'une fausse liberté destructrice.
C'est donc cettee déshumanisation intense entreprise par des États
soumis à l'idéologie, que nous payons aujourd'hui au prix fort et
qui transparaît derrière ces chiffres. Certaines idéologies et certaines
intentions politiques ne sont malheureusement pas sans conséquence
pour les générations concernées qui portent, longtemps après, l'héritage
maudit de leurs prédécesseurs.
Lire aussi : L'OMS
accuse l'industrie de l'alcool de mettre en péril la jeunesse


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