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ELISABETH FRANCHI.
Comment comptez-vous renforcer la sécurité dans la capitale ?
Y. C. Il faut
remettre les policiers sur le terrain. Trop d'entre eux sont occupés
à des tâches administratives.
ELISABETH FRANCHI.
Mais certains quartiers ne leur sont-ils pas carrément interdits
?
Y. C. Non. Je
ne crois pas que les policiers ont peur d'aller sur le terrain.
Des " no man's land ", moi qui me promène souvent dans la capitale,
y compris dans les quartiers réputés difficiles, je n'en connais
pas. Paris ce n'est pas le Bronx. Et les policiers n'ont pas plus
la trouille que moi. Il n'empêche, il faut travailler sur ce qu'on
appelle le sentiment d'insécurité. Beaucoup de gens pensent que
Paris est une ville dangereuse. Or, quand on leur demande s'ils
ont été eux-mêmes victimes ou simplement témoins d'une agression,
on s'aperçoit que les réponses positives chutent considérablement.
Il y a une grosse part de subjectivité.
Enfin, il faut
analyser les causes de l'insécurité. J'en vois deux particulièrement
importantes. Celle liée au trafic de drogue, car c'est un enjeu
financier énorme. Tant qu'on sera dans une logique de pénalisation
de la consommation, on aura une délinquance plus ou moins organisée.
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Et celle due
aux inégalités sociales. Il y a un lien direct entre l'accroissement
des inégalités et celui de la délinquance.
BERNARD COAT.
Selon l'ordre des médecins, le cannabis serait moins dangereux que
l'alcool. Etes-vous favorable à la dépénalisation des drogues douces
?
Y. C. Bien sûr.
La France est le dernier grand pays à la refuser. Quand j'entends
Bernard Kouchner prétendre que l'état de l'opinion ne permet pas
cette dépénalisation, franchement, quelle hypocrisie ! Ce n'est
pas en s'alignant sur les gens les plus frileux qu'on aide à la
prise de conscience de l'opinion. Sinon, on en serait encore à la
peine de mort. Toutes les drogues, même les dures, doivent être
dépénalisées. Mais nous parlons d'usage, de consommation, évidemment
pas de fabrication.
LOUIS BRUN.
Je bondis quand je vous entends dire ça. L'alcool et le tabac sont
déjà dangereux, et vous voulez en rajouter...
Y. C. Non. Je
dis qu'il faut traiter cela comme un problème de santé. Il faut
dépénaliser l'usage, mais pas l'encourager. La prohibition est pire.
(Ce point de
vue a le mérite d'être clair mais il n'engage que son
auteur. Sans commentaire)


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