|
Connu pour
ses effets dans le traitement de la douleur, le cannabis va faire
l'objet d'un programme d'étude sur son usage thérapeutique. Une
information annoncée hier par Bernard Kouchner :
" Il s'agit d'évaluer les indications et les résultats de l'usage
thérapeutique de ce produit en particulier comme antiémétique (vomissements)
et en complément des chimiothérapie anticancéreuses ", a expliqué
le ministre délégué à la Santé.
Plusieurs hôpitaux
français, à Paris, Marseille, Lyon et Toulouse, auraient donné leur
accord, selon le ministère de la Santé. Une annonce qui a quelque
peu surpris le milieu hospitalier toulousain. Neurochirurgien, responsable
du réseau anti-douleur pour les CHU de Purpan et Rangueil, le professeur
Yves Lazorthes n'est pas au courant: " A ma connaissance, nous n'avons
pas eu de contact avec le ministère sur ce sujet ".
ANNONCE MEDIATIQUE
S'il reconnaît
les vertus antalgiques du cannabis, il n'est pas vraiment convaincu
par l'intérêt de la piste de recherche: " On a encore rien trouvé
de mieux que la morphine pour soulager les patients. Les vertus
tranquillisantes du cannabis sont connues depuis longtemps, mais
il y a beaucoup de pistes infiniment plus prometteuses.
|
 |
Cette annonce
me semble plus relever de la recherche d'un effet médiatique que
de la recherche médicale. Pour tout dire, je me demande si
le ministre n'est pas en train d'essayer de nous faire avaler la
pilule de la dépénalisation du cannabis... ".
Surprise également
au centre régional anti-cancéreux Claudius Régaud: " Nous n'avons
pas été avertis de ce programme de recherche. Si l'usage du cannabis
dans le traitement de la douleur n'est pas un scoop, il faudrait
en savoir plus sur la nature des essais cliniques proposés par le
ministre ", précise le professeur Nicolas Daly-Schveitzer, directeur
de l'établissement toulousain.
Réaction beaucoup
plus tranché de Thierry Marmet, responsable de l'unité de soins
palliatif à l'hôpital Joseph Ducuing : " Je trouve cette annonce
à la limite du grotesque, alors que nous sommes toujours en attente
de moyens pour mieux traiter la douleur des malades en fin de vie
". Reste à savoir où seront réalisés ces essais cliniques à Toulouse.
Hier soir, au ministère de la Santé, on assurait que " des contacts
avaient bien été pris et un accord trouvé ", sans toutefois être
en mesure de préciser " avec qui ".
Hervé MONZAT
Pour en savoir
plus : Le cannabis n'est pas un
médicament


|