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Rave-parties ou drogues-parties ?

Ce phénomène de mode, propice à tous les traffics de drogue, devient de plus en plus inquiétant


Le Figaro du 14/05/2001

Les rave-parties sont désormais sur la sellette. Les organisateurs de ces très débridées soirées techno risquent fort, en effet, d'être poursuivis. Le ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant, qui a reçu les préfets confrontés à ce type de manifestations, devrait prendre des dispositions pour mettre un terme aux rassemblements sauvages.

Le gouvernement deviendrait donc moins clément qu'en février 1999, quand, dans le but de "dédiaboliser" les soirées techno, certes officielles, une circulaire avait appelé à plus de tolérance, recommandant aux préfets une "attitude dépourvue d' a priori". Toute décision de refus devait même être motivée. Il est vrai que les organisateurs ne se sont jamais bousculés pour demander des autorisations, les contraintes les décourageant au moins autant que les frais ainsi occasionnés. Et il est tellement plus drôle de jouer au chat et à la souris avec les forces de l'ordre.

Reste que ce phénomène de mode, propice à tous les trafics de drogue, devient de plus en plus inquiétant. De Brest à Montpellier en passant par Châlons-en-Champagne, on accourt de partout pour passer des nuits blanches, en se déhanchant par milliers sous les décibels. Ces rassemblements gratuits sont organisés comme de véritables jeux de pistes et se mettent en place au nez et à la barbe des gendarmes.

Ainsi, le 1er mai, dans la Marne, la petite commune de Marigny a vu déferler soudain quelque vingt-cinq mille ravers. Sans sommation, ils ont débarqué, équipés de treillis, de sacs de couchage, enceintes acoustiques sous le bras, et ont pris d'assaut un terrain militaire désaffecté, au grand dam des riverains."Nous étions prévenus par le site Internet "megateuf" qu'un rassemblement se préparait dans la région, confie-t-on dans l'entourage du préfet de la Marne.

Chaque vendredi, les gendarmes vont sur ce site pour tenter de savoir si une fête n'est pas prévue dans leur secteur. Effectivement, un rassemblement était signalé, mais deux sites distincts étaient envisagés. Des moyens ont été mis en place sur l'un des deux: c'est sur l'autre qu'ils se sont regroupés... On ne pouvait pas bloquer tous les axes."

A la fin de cette manifestation, qui a duré quatre jours, quatre blessés graves étaient recensés: l'un, sous l'emprise de la drogue, avait chuté du haut d'un hangar d'où il comptait, semble-t-il, s'envoler...

Certaines soirées peuvent effectivement tourner au drame. Fin mars, un jeune Anglais a ainsi succombé à une hydrocution, lors d'une fête organisée sur les bords du Rhône. En accusation: l'ecstasy. A Perpignan, l'an dernier, une fusillade entre deux vendeurs de drogue de synthèse a causé la mort d'un jeune et blessé un autre raver.

D'autres rassemblements peuvent aussi donner lieu à des batailles rangées, comme en février 2000, à Melun (Seine-et-Marne): on y avait relevé onze blessés. C'est pour accroître leurs sensations que les jeunes consomment des drogues. L'ecstasy reste le produit phare, qui permet d'amplifier la perception des sens et de décupler le plaisir du son. Les dealers le savent, qui guettent les rassemblements et leurs milliers de clients potentiels. Les produits circulent de main en main: LSD, coke, capsules de protoxyde d'azote, kétamine... La nuit est longue, et tout est bon pour tenir le coup et se désinhiber

Françoise Lemoine

Pour en savoir plus : Ecstasy : une drogue dangereuse, même si elle est testée (Le Quotidien du médecin)

Ecstasy : en plein été, un étudiant nantais laisse sa vie dans une "free partie"organisée à l'occasion d'un festival techno.



 

 

 

 
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