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Les rave-parties
sont désormais sur la sellette. Les organisateurs de ces très débridées
soirées techno risquent fort, en effet, d'être poursuivis. Le ministre
de l'Intérieur, Daniel Vaillant, qui a reçu les préfets confrontés
à ce type de manifestations, devrait prendre des dispositions pour
mettre un terme aux rassemblements sauvages.
Le gouvernement
deviendrait donc moins clément qu'en février 1999, quand, dans le
but de "dédiaboliser" les soirées techno, certes officielles, une
circulaire avait appelé à plus de tolérance, recommandant aux préfets
une "attitude dépourvue d' a priori". Toute décision de refus devait
même être motivée. Il est vrai que les organisateurs ne se sont
jamais bousculés pour demander des autorisations, les contraintes
les décourageant au moins autant que les frais ainsi occasionnés.
Et il est tellement plus drôle de jouer au chat et à la souris avec
les forces de l'ordre.
Reste que ce
phénomène de mode, propice à tous les trafics de drogue, devient
de plus en plus inquiétant. De Brest à Montpellier en passant par
Châlons-en-Champagne, on accourt de partout pour passer des nuits
blanches, en se déhanchant par milliers sous les décibels. Ces rassemblements
gratuits sont organisés comme de véritables jeux de pistes et se
mettent en place au nez et à la barbe des gendarmes.
Ainsi, le 1er
mai, dans la Marne, la petite commune de Marigny a vu déferler soudain
quelque vingt-cinq mille ravers. Sans sommation, ils ont débarqué,
équipés de treillis, de sacs de couchage, enceintes acoustiques
sous le bras, et ont pris d'assaut un terrain militaire désaffecté,
au grand dam des riverains."Nous étions prévenus par le site Internet
"megateuf" qu'un rassemblement se préparait dans la région, confie-t-on
dans l'entourage du préfet de la Marne.
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Chaque vendredi,
les gendarmes vont sur ce site pour tenter de savoir si une fête
n'est pas prévue dans leur secteur. Effectivement, un rassemblement
était signalé, mais deux sites distincts étaient envisagés. Des
moyens ont été mis en place sur l'un des deux: c'est sur l'autre
qu'ils se sont regroupés... On ne pouvait pas bloquer tous les axes."
A la fin de
cette manifestation, qui a duré quatre jours, quatre blessés graves
étaient recensés: l'un, sous l'emprise de la drogue, avait chuté
du haut d'un hangar d'où il comptait, semble-t-il, s'envoler...
Certaines soirées
peuvent effectivement tourner au drame. Fin mars, un jeune Anglais
a ainsi succombé à une hydrocution, lors d'une fête organisée sur
les bords du Rhône. En accusation: l'ecstasy. A Perpignan, l'an
dernier, une fusillade entre deux vendeurs de drogue de synthèse
a causé la mort d'un jeune et blessé un autre raver.
D'autres rassemblements
peuvent aussi donner lieu à des batailles rangées, comme en février
2000, à Melun (Seine-et-Marne): on y avait relevé onze blessés.
C'est pour accroître leurs sensations que les jeunes consomment
des drogues. L'ecstasy reste le produit phare, qui permet d'amplifier
la perception des sens et de décupler le plaisir du son. Les dealers
le savent, qui guettent les rassemblements et leurs milliers de
clients potentiels. Les produits circulent de main en main: LSD,
coke, capsules de protoxyde d'azote, kétamine... La nuit est longue,
et tout est bon pour tenir le coup et se désinhiber
Françoise Lemoine
Pour en savoir
plus : Ecstasy
: une drogue dangereuse, même si elle est testée
(Le Quotidien du médecin)
Ecstasy
: en plein été, un étudiant nantais laisse
sa vie dans une "free partie"organisée à
l'occasion d'un festival techno.


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