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Le suspens
durait depuis 2 mois : la commission des Lois de l'Assemblée nationale
a enterré mardi 26 juin l'amendement au projet de loi sur la sécurité
quotidienne.Celui-ci
prévoyait de soumettre l'organisation des "rave parties" à une déclaration
préalable auprès du préfet.
Les rave-parties,
rassemblements clandestins d'amateurs de musique techno et d'ecstasy,
sont des concerts à risque. Parmi ces risques, citons pêle-mêle
la vulnérabilité des plus jeunes, l'insécurité routière aux abords
de la rave, les dégâts matériels, l'angoisse des riverains, la drogue
qui circule abondamment. Depuis 1997, une quinzaine de morts accidentelles
ont été officiellement attribuées aux raves.
Pour assurer
la sécurité de ces manifestations, les parlementaires (de droite
et de gauche) avaient approuvé le 27 avril une disposition du député
RPR Thierry Mariani, obligeant les organisateurs à demander une
autorisation préalable au maire ou au préfet, sous peine de confiscation
du matériel de sonorisation.
Le 5 juin, le
cabinet du Premier ministre expose à la presse les nouvelles modalités
du dispositif : le texte est retiré du projet de loi sur la sécurité
quotidienne et le recours à la saisie du matériel de sonorisation
en cas d'infraction n'est plus envisagé. "Mais ces fêtes seront
soumises à un régime déclaratif. On ne peut pas laisser un état
de non-droit s'installer. Ne serait-ce que pour des raisons de santé
publique."
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Pourtant,
le dispositif est définitivement enterré. Explication : le gouvernement
redoute d'apparaître " anti-jeunes ". Surtout à un an des présidentielles.
Les premiers, Jack Lang, Bernard Kouchner et Catherine Tasca ont dénoncé
le risque. Lionel Jospin s'est empressé de corriger la " gaffe " des
députés et sénateurs, contre l'avis du ministre de l'Intérieur Daniel
Vaillant qui soutenait les parlementaires avec l'appui des préfets.
Des voix pourtant
s'élèvent à gauche pour déplorer la suppression de cet amendement
Mariani-Vaillant. Parmi eux, des députés-maires, des radicaux et
Jean-Pierre Chevènement qui a estimé que ''s'épouvanter comme le
font certains députés socialistes à l'idée qu'il pourrait y avoir
une règle concernant les jeunes, c'est vraiment tomber dans le jeunisme.
[...] C'est vraiment ridicule''.
Yvan Rioufol,
dans un édito du " Maine Libre ", le 8 juin, s'interroge : " Il
n'a jamais été question, pour les parlementaires, d'interdire les
rave-parties. Il n'a pas, non plus, été envisagé d'y confisquer
les drogues, consommées en abondance. Seul un souci de protection,
également réclamé par de nombreuses familles, avait motivé leur
démarche. C'est ce minimum qui a été considéré comme idéologiquement
sécuritaire et donc inacceptable. Les jeunes risquent, demain, d'être
reconnus comme intouchables. Comment approuver ? "
Pour en savoir
plus : Ecstasy
: une drogue dangereuse, même si elle est testée
(Le Quotidien du médecin)
En
plein été, un étudiant nantais laisse sa vie
dans une "free partie"organisée à l'occasion
d'un festival techno.


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