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RAVE-PARTIES : LIONEL JOSPIN CEDE A LA DEMAGOGIE "JEUNISTE"

L'amendement, approuvé par l'ensemble des députés, prévoyant un strict contrôle juridique des raves a été enterré


Damien Meerman 29/06/2001

Le suspens durait depuis 2 mois : la commission des Lois de l'Assemblée nationale a enterré mardi 26 juin l'amendement au projet de loi sur la sécurité quotidienne.Celui-ci prévoyait de soumettre l'organisation des "rave parties" à une déclaration préalable auprès du préfet.

Les rave-parties, rassemblements clandestins d'amateurs de musique techno et d'ecstasy, sont des concerts à risque. Parmi ces risques, citons pêle-mêle la vulnérabilité des plus jeunes, l'insécurité routière aux abords de la rave, les dégâts matériels, l'angoisse des riverains, la drogue qui circule abondamment. Depuis 1997, une quinzaine de morts accidentelles ont été officiellement attribuées aux raves.

Pour assurer la sécurité de ces manifestations, les parlementaires (de droite et de gauche) avaient approuvé le 27 avril une disposition du député RPR Thierry Mariani, obligeant les organisateurs à demander une autorisation préalable au maire ou au préfet, sous peine de confiscation du matériel de sonorisation.

Le 5 juin, le cabinet du Premier ministre expose à la presse les nouvelles modalités du dispositif : le texte est retiré du projet de loi sur la sécurité quotidienne et le recours à la saisie du matériel de sonorisation en cas d'infraction n'est plus envisagé. "Mais ces fêtes seront soumises à un régime déclaratif. On ne peut pas laisser un état de non-droit s'installer. Ne serait-ce que pour des raisons de santé publique."

Pourtant, le dispositif est définitivement enterré. Explication : le gouvernement redoute d'apparaître " anti-jeunes ". Surtout à un an des présidentielles. Les premiers, Jack Lang, Bernard Kouchner et Catherine Tasca ont dénoncé le risque. Lionel Jospin s'est empressé de corriger la " gaffe " des députés et sénateurs, contre l'avis du ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant qui soutenait les parlementaires avec l'appui des préfets.

Des voix pourtant s'élèvent à gauche pour déplorer la suppression de cet amendement Mariani-Vaillant. Parmi eux, des députés-maires, des radicaux et Jean-Pierre Chevènement qui a estimé que ''s'épouvanter comme le font certains députés socialistes à l'idée qu'il pourrait y avoir une règle concernant les jeunes, c'est vraiment tomber dans le jeunisme. [...] C'est vraiment ridicule''.

Yvan Rioufol, dans un édito du " Maine Libre ", le 8 juin, s'interroge : " Il n'a jamais été question, pour les parlementaires, d'interdire les rave-parties. Il n'a pas, non plus, été envisagé d'y confisquer les drogues, consommées en abondance. Seul un souci de protection, également réclamé par de nombreuses familles, avait motivé leur démarche. C'est ce minimum qui a été considéré comme idéologiquement sécuritaire et donc inacceptable. Les jeunes risquent, demain, d'être reconnus comme intouchables. Comment approuver ? "

Pour en savoir plus : Ecstasy : une drogue dangereuse, même si elle est testée (Le Quotidien du médecin)

En plein été, un étudiant nantais laisse sa vie dans une "free partie"organisée à l'occasion d'un festival techno.



 

 

 

 
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