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Le ministre
de la Santé, Bernard Kouchner a déclaré lundi 10 septembre partager
le sentiment du Conseil national du Sida (CNS) qui a suggéré, dans
un avis rendu public le 6 septembre, ''l'abandon de l'incrimination
pénale de l'usage personnel de stupéfiants dans le cadre privé,
y compris en public ou avec plusieurs consommateurs".
Le CNS explique
sa position en soulignant que" le maintien d'une politique hésitant
entre soins et répression, largement imputable à l'état de la législation
française sur les stupéfiants et aux préjugés à l'encontre des usagers
de drogues, constitue une entrave au déploiement de la stratégie
de réduction des risques".
Bernard Kouchner
n'a jamais caché son sentiment sur le sujet. Mais, afin de ne pas
mettre le gouvernement dans l'embarras, il a souvent expliqué que
"l'opinion publique n'est pas prête", ce qui justifiait qu'il n'aille
pas plus loin dans la défense de sa conviction.
Aujourd'hui,
il s'exprime sans détours : "Nous avons fait beaucoup de progrès
depuis une dizaine d'années. Mais comme d'habitude en France, les
progrès sont extrêmement lents... Je suis heureux que des gens sérieux
nous poussent à être un peu moins lents et presque aussi rapides
que la Suisse, pays révolutionnaire par excellence... Il faudra
reparler de la loi de 1970."
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"Je demande
depuis longtemps un débat à l'Assemblée nationale, a-t-il précisé,
et je suis surpris de ne pas l'obtenir. L'examen du texte sur les
droits des malades sera peut-être l'occasion d'aborder le sujet...
Je m'effraie qu'un pays qui veut parler à sa jeunesse ne l'entende
pas. On ne peut écouter la jeunesse si on ne peut parler de la toxicomanie.
La campagne électorale permettra peut-être de le faire..." "Voilà,
j'ai dit cela avec mesure!" a-t-il conclu avec un brin d'ironie.
"En privé, c'est encore bien plus virulent" , a confirmé l'un de
ses conseillers.
Les réactions
de la classe politique
Le député Démocratie
libérale (DL) des Bouches-du-Rhône Jean-François Mattei juge ''totalement
irresponsable'' l'idée d'une dépénalisation de certaines drogues
au lendemain des déclarations du ministre délégué à la Santé Bernard
Kouchner qui a réclamé un débat à l'Assemblée sur la question. Le
message de Bernard Kouchner est ''contre-pédagogique à l'heure où
les pouvoirs publics veulent sensibiliser sur les dangers de l'alcoolisme
ou de la drogue au volant'', affirme-t-il dans un entretien au ''Figaro''.
''Un gouvernement se doit d'être cohérent'', poursuit le professeur
Mattei, adjoint délégué à la toxicomanie et au Sida à Marseille.
''A partir du moment où vous levez l'interdiction de l'usage privé,
vous êtes presque en devoir d'assurer une distribution. (...) La
situation serait pour le moins difficile à gérer'', ajoute-t-il.
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