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Cannabis :
Quels effets sur le comportement et la santé ?

Une expertise collective de l'Institut National de la santé et de la recherche médicale
(Inserm)


www.inserm.fr le 22 novembre 2001

Les enquêtes les plus récentes montrent que l'expérimentation de cannabis, c'est-à-dire sa consommation au moins une fois au cours de la vie, est en augmentation chez les jeunes dans l'ensemble des pays occidentaux depuis une dizaine d'années.

Les effets différés liés à une consommation répétée et régulière

Les données relatives aux répercussions sur la santé de la consommation répétée et régulière de cannabis (définie comme un usage de dix fois et plus au cours des trente derniers jours) sont encore fragmentaires. Ce type de consommation concernait 13% des garçons de 17 ans et 7% des filles du même âge interrogés en 1999 dans le cadre de l'enquête ESPAD. D'après l'enquête ESCAPAD, 16% des garçons de 19 ans ont consommé au moins 20 fois par mois du cannabis.

Dépendance
Concernant la dépendance liée au cannabis, le manuel diagnostique et statistique de l'Association américaine de psychiatrie la décrit comme n'étant pas, en général, de nature physique. Toutefois, un phénomène de tolérance, qui est un des critères diagnostiques de dépendance physique, est observé chez les consommateurs. lI se caractérise par le besoin de quantités notablement plus fortes de substance pour obtenir l'effet recherché. Un syndrome de sevrage, de faible intensité, a également été décrit.
Des études américaines évaluent aux alentours de 5% la proportion de sujets présentant, dans la population générale, un risque de dépendance au cannabis. Dans la population de sujets ayant déjà consommé, ce risque concernerait 10% des personnes.

C'est dans la tranche d'âge des 15-24 ans que le risque semble le plus élevé. Par comparaison, et d'après ces mêmes études, ce risque s'élève à un peu plus de 30% parmi les expérimentateurs de tabac.
D'une manière générale, des consommations élevées de substances psychoactives entraînent un plus grand risque pour l'individu de présenter des signes de dépendance.

Effets sur le cerveau

Les effets à long terme du cannabis sur le système nerveux central concernent essentiellement la mémoire à court terme, qui, chez les consommateurs intensifs, est altérée. Les recherches n'ont pas apporté la démonstration d'une persistance dans le temps de cette perturbation.
Par ailleurs, les résultats d'études menées chez des étudiants ou des travailleurs, visant à évaluer l'impact de la consommation de cannabis sur la motivation, la performance scolaire ou professionnelle, restent contradictoires.

Effets sur les hormones
Des effets sur le système endocrinien ont également été observés. Ils se manifestent par une réduction des concentrations sanguines de testostérone et d'hormones hypophysaires, dont les conséquences physiologiques restent discutées. Quelques études ont montré qu'une consommation répétée importante de cannabis était associée à une diminution de la production des spermatozoïdes et à la présence de cycles sans ovulation chez la femme.

Le risque de certains cancers pourrait être augmenté
L'évaluation du potentiel cancérogène d'un usage régulier de cannabis doit tenir compte de son mode de consommation (associé au tabac ou fumé pur sous forme de marijuana) : la quantité de goudrons présents dans la fumée d'une cigarette de cannabis (environ 50 mg) est plus élevée que celle que contient une cigarette de tabac (12 mg). Dans ces goudrons de cannabis, la concentration en produits cancérogènes est également plus importante. Les effets bronchodilatateurs du 9-THC pourraient favoriser la rétention de goudrons au niveau de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et du larynx. Des transformations malignes apparaissent dans les cellules pulmonaires animales ou humaines après exposition in vitro à la fumée de cannabis.
Des cas de cancers bronchiques et des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, oesophage et larynx) ont été signalés, depuis les années quatre-vingt, chez des fumeurs de cannabis et de tabac, et également chez certains jeunes qui fument exclusivement du cannabis. Des études sont venues conforter ces observations, en suggérant que le cannabis était un facteur de risque pour la survenue de ces cancers, en particulier chez des personnes de moins de 45 ans. D'autres travaux sont toutefois nécessaires pour confirmer la validité de ces premiers résultats.



 

 

 

 
DISCUSSION