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Les enquêtes
les plus récentes montrent que l'expérimentation de
cannabis, c'est-à-dire sa consommation au moins une fois
au cours de la vie, est en augmentation chez les jeunes dans l'ensemble
des pays occidentaux depuis une dizaine d'années.
Les effets
différés liés à une consommation répétée
et régulière
Les données
relatives aux répercussions sur la santé de la consommation
répétée et régulière de cannabis
(définie comme un usage de dix fois et plus au cours des
trente derniers jours) sont encore fragmentaires. Ce type de consommation
concernait 13% des garçons de 17 ans et 7% des filles du
même âge interrogés en 1999 dans le cadre de
l'enquête ESPAD. D'après l'enquête ESCAPAD, 16%
des garçons de 19 ans ont consommé au moins 20 fois
par mois du cannabis.
Dépendance
Concernant la dépendance liée au cannabis, le manuel
diagnostique et statistique de l'Association américaine de
psychiatrie la décrit comme n'étant pas, en général,
de nature physique. Toutefois, un phénomène de tolérance,
qui est un des critères diagnostiques de dépendance
physique, est observé chez les consommateurs. lI se caractérise
par le besoin de quantités notablement plus fortes de substance
pour obtenir l'effet recherché. Un syndrome de sevrage, de
faible intensité, a également été décrit.
Des études américaines évaluent aux alentours
de 5% la proportion de sujets présentant, dans la population
générale, un risque de dépendance au cannabis.
Dans la population de sujets ayant déjà consommé,
ce risque concernerait 10% des personnes.
C'est dans la
tranche d'âge des 15-24 ans que le risque semble le plus élevé.
Par comparaison, et d'après ces mêmes études,
ce risque s'élève à un peu plus de 30% parmi
les expérimentateurs de tabac.
D'une manière générale, des consommations élevées
de substances psychoactives entraînent un plus grand risque
pour l'individu de présenter des signes de dépendance.
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Effets sur
le cerveau
Les effets à long terme du cannabis sur le système
nerveux central concernent essentiellement la mémoire à
court terme, qui, chez les consommateurs intensifs, est altérée.
Les recherches n'ont pas apporté la démonstration
d'une persistance dans le temps de cette perturbation.
Par ailleurs, les résultats d'études menées
chez des étudiants ou des travailleurs, visant à évaluer
l'impact de la consommation de cannabis sur la motivation, la performance
scolaire ou professionnelle, restent contradictoires.
Effets sur
les hormones
Des effets sur le système endocrinien ont également
été observés. Ils se manifestent par une réduction
des concentrations sanguines de testostérone et d'hormones
hypophysaires, dont les conséquences physiologiques restent
discutées. Quelques études ont montré qu'une
consommation répétée importante de cannabis
était associée à une diminution de la production
des spermatozoïdes et à la présence de cycles
sans ovulation chez la femme.
Le risque
de certains cancers pourrait être augmenté
L'évaluation du potentiel cancérogène d'un
usage régulier de cannabis doit tenir compte de son mode
de consommation (associé au tabac ou fumé pur sous
forme de marijuana) : la quantité de goudrons présents
dans la fumée d'une cigarette de cannabis (environ 50 mg)
est plus élevée que celle que contient une cigarette
de tabac (12 mg). Dans ces goudrons de cannabis, la concentration
en produits cancérogènes est également plus
importante. Les effets bronchodilatateurs du 9-THC pourraient favoriser
la rétention de goudrons au niveau de la bouche, du pharynx,
de l'sophage et du larynx. Des transformations malignes apparaissent
dans les cellules pulmonaires animales ou humaines après
exposition in vitro à la fumée de cannabis.
Des cas de cancers bronchiques et des voies aérodigestives
supérieures (bouche, pharynx, oesophage et larynx) ont été
signalés, depuis les années quatre-vingt, chez des
fumeurs de cannabis et de tabac, et également chez certains
jeunes qui fument exclusivement du cannabis. Des études sont
venues conforter ces observations, en suggérant que le cannabis
était un facteur de risque pour la survenue de ces cancers,
en particulier chez des personnes de moins de 45 ans. D'autres travaux
sont toutefois nécessaires pour confirmer la validité
de ces premiers résultats.


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