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CITE DU VATICAN
- L'Eglise parle aux jeunes de la drogue dans le livre "Eglise,
drogue et toxicomanie", publié ce matin par le conseil pontifical
pour la pastorale de la santé.
C'est ce qu'indique Mgr Javier Lozano Barragan. Le manuel, dit-il,
prend surtout en considération les jeunes, avec le souhait qu'ils
l'utilisent comme un instrument destiné à prévenir ce mal et sortir
de la toxico-dépendance. Un enjeu d'autant plus sérieux qu'il y
a 15 ans, rappelle le P. Anatrella, 19 % des jeunes de 15 à 19 ans
faisaient usage de la drogue. Ils sont aujourd'hui 43 %. Tandis
que l'âge de la première prise, qui était de 20 ans dans les années
1970, est passé à 11 ou 12 ans aujourd'hui.
Le malaise
des jeunes
Le P. Anatrella
expliquait, lors de la conférence de presse de présentation du volume
le "malaise" que manifeste chez les jeunes la prise de drogue et
pourquoi il ne faut pas libéraliser le cannabis. "Pourquoi des jeunes
ressentent-ils le besoin de vivre en étant "sous anesthésie" en
ayant recours à un produit qui endort, comme le cannabis, ou bien
en étant stimulés par des produits comme la cocaïne et l'extasy
? Il semble qu'ils ne trouvent pas les ressources dont ils ont besoin
dans la société, la culture et parfois ni même la religion, pour
développer leur intériorité."
Pour le P. Anatrella cette forme de mal-être que manifeste la recherche
de la drogue est liée au "manque de transmission" dans l'éducation
contemporaine. Les jeunes sont "livrés à eux-mêmes", les relations
se réduisent à des relations "affectives", "émotionnelles", et ils
sont ainsi comme "prédisposés" à vivre en cherchant à expérimenter
de nouvelles émotions. Le remède suppose de leur faire connaître,
découvrir le monde de la pensée, les valeurs de la spiritualité.
Comme le disait Jean-Paul II, dès 1984, rappelle le P. Anatrella,
ils souffrent d'une "absence de motivation dans leur vie". La consommation
de drogue, précise le psychanaliste, est la manifestation d'une
"carence grave". Et ses effets se font sentir à la foi dans la vie
psychologique, sociale et physique des toxicomanes.
Drogues dures
et drogues douces ?
C'est pour cette
raison que l'Eglise refuse la distinction entre "drogues douces"
et "drogues dures", une distinction "qui ne veut pas dire grand
chose" et ne sert que le "confort de nos pensées".
1° Tout d'abord, le P. Anatrella indique que ce qui importe,
avant même la nature du produit, c'est "l'attitude psychologique"
qui consiste à avoir besoin de dépendre d'un produit pour vivre.
C'est une façon "d'aliéner sa liberté".
2° Ensuite, il est faux que les "drogues douces" n'ont aucun
effet. Pour ce qui est des tenants de la libéralisation du cannabis,
le P. Anatrella explique qu'ils prétendent que sa consommation est
"banale" et "sans aucune conséquence". Or, au contraire, les neuro-transmetteurs,
insiste l'expert, sont altérés. Fumer un "joint" équivaut, disent
les études de l'Institut national de la Santé et de la Recherche
médicale (INSERM), à consommer 3 cigarettes et 3 verres de whisky
: cela suffit à faire comprendre par exemple l'effet sur une personne
qui prend le volant.
Comme le tabac et l'alcool, le cannabis appartient aux substances
qui "perturbent l'organisme" au lieu de le nourrir, rappelle le
P. Anatrella.
3°
Troisièmement, les jeunes prennent l'habitude de faire appel à des
substances chimiques au lieu de faire appel à d'autres ressources
pour se développer et trouver des solutions à ses problèmes existentiels.
"Doux" ou "dur", dans ce cadre ne signifie pas grand chose: il s'agit
pour les jeunes d'être aidés pour apprendre "à vivre avec soi-même
et avec les autres" et construire sa vie, explique le P. Anatrella.
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xLa consommation
de cannabis provoque une forme de paix, mais non pas de "sérénité",
celle que l'on acquiert avec la maturité psychologique, intellectuelle,
et par l'intériorisation des valeurs pour construire sa vie.
Or la
consommation de cannabis ralentit la capacité de réflexion. Il semble,
continue le psycho-sociologue, qu'ils ne puissent se calmer d'eux-mêmes
et qu'ils aient besoin d'un produit pour cela, ou qu'au contraire
ils aient besoin d'un stimulant comme s'ils manquaient d'énergie.
On assiste, ajoute le prêtre, à une augmentation d'explosions de
violence, en particulier à l'école, et de la délinquance.
Une révision
des politiques de prévention
Il suggère une
"révision" des politiques de prévention. Elles n'ont conduit qu'à
l'échec : une augmentation de la consommation et la banalisation
des produits. Par exemple, leur expliquer, lors d'une "rave party"
que telle drogue fait problème et telle autre est pure, ne sert
qu'à leur donner l'impression de "prendre de la drogue sous contrôle
médical". "On détruit des générations au plan moral et psychologique",
proteste l'expert. Il ne sert donc à rien de "chercher à réduire
les risques" ou de "soigner la drogue par la drogue".
Ne pas dépénaliser
Le P. Anatrella préconise une "vision globale de l'éducation des
jeunes". Il estime que serait "dangereux" de dépénaliser les drogues,
ce serait, pour la société, légitimer la motivation à se droguer.
N'aurait-t-elle pas "autre chose à proposer" aux jeunes que des
produits "pour qu'ils s'endorment, s'excitent, et même se suicident"?
On fait appel au "principe de précaution" dans les domaines de la
sécurité alimentaire, des OGM, et de l'environnement, et pourquoi
pas pour ce qui concerne les drogues et "l'avenir des enfants"?
Il s'agit, demande le P. Anatrella, de lutter contre cette "inversion
des valeurs"! "Le bonheur, dit-il, n'est pas dans la drogue mais
dans la recherche de la vérité, de la liberté, de l'amour tel que
nous l'enseigne l'Evangile".
Un guide
pratique
"Le pape, explique
Mgr Barragan, nous parle de trois actions particulières, pour une
pastorale destinée à affronter le problème de la drogue: prévention,
remède et répression. Le manuel regarde les deux premières : prévention
et remède. Il ne traite pas de la répression, à laquelle le pape
fait allusion lorsqu'il affirme que tous nous devons lutter contre
la production, l'élaboration et la distribution de la drogue dans
le monde et que c'est un devoir particulier des gouvernements d'affronter
avec courage cette lutte contre les trafiquants de mort". "Par notre
manuel nous ne prétendons pas offrir une réponse définitive, explique
Mgr Lozano Barragan, mais donner des indications qui puissent aider
le travail pastoral. Nous savons qu'il existe de nombreuses méthodes,
qu'il y a de nombreuses expériences de personnes totalement et héroïquement
dévouées à ce travail pastoral. Nous respectons cette pluralité
parfois, sans harmonie, de chemins proposés pour prévenir et pour
soigner le monde de la drogue. Dans le manuel, nous n'entendons
pas proposer une nouvelle méthode mais donner une réponse plus simple,
comme un guide pratique à des questions qui nous sont parues importantes,
et d'une certaine façon fondamentales, pour agir pastoralement et
qui peut-être pourront servir aussi à ceux qui avec tant de dévouement
et de sollicitude se sont spécialisés dans ce domaine". ZF01120402


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