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Drogue fiction
Campagne : des courts métrage pour lutter contre la toxicomanie
Par Sophie Latil
Le Figaro

Que peuvent donc avoir en commun un cadre supérieur efficace, une mère de famille débordée, un fou de sport avide de performances, deux paysans du Haut-Doubs, un adolescent préoccupé ?


L'usage de drogues.
Le constat tombe comme un couperet. Il s'agit d'appeler un chat un chat. Non pas pour accuser ou justifier. Simplement pour faire réfléchir.

La campagne de sensibilisation sur l'usage de la drogue lancée par le Centre régional d'information et de prévention du sida (Crips) en novembre 1998 démarre ce soir sur toutes les télévisions hertziennes. Forte de son opération réalisée en 1994 " 3000 scénarios pour un virus ", qui a abouti à une série de 30 courts métrages pour la lutte contre le sida, l'organisation récidive, cette fois, sur le thème de la drogue.

Sur 3628 courts métrages reçus, 24 ont été retenus, actuellement projetés dans les salles de cinéma. Ils sont signés Étienne Chatilliez, Vincent Perez, Antoine de Caunes, Georges Lautner, Emmanuelle Bercot, Henri-Paul Korchia ou Jean-Teddy Fillipe. " Il faut changer l'image que les gens se font des drogues, explique Antonio Udigos, directeur adjoint du Crips. Quand on en parle, on pense immédiatement héroïne, overdose, et mort. Il y un amalgame traumatisant et dramatique. "

Aujourd'hui, nous sommes environnés par une multitude de produits, de l'alcool au Tabac, de l'ecstasy au crack, des tranquillisants aux amphétamines. " Au-delà des substances illicites, il existe des phénomènes de dépendance majeurs avec des drogues licites, insiste le responsable. Il suffit de voir l'usage détourné et excessif de certains médicaments pour traiter l'humeur. " Avec son opération " Concours de scénarios sur la drogue ", le Crips a souhaité prendre le contre-pied de tout ce qui avait été fait jusque-là dans le domaine de la prévention. Pas question d'asséner des petites phrases du genre " la drogue c'est de la merde ". " C'est trop facile.

Dites à un fumeur d'arrêter de fumer, il n'en aura rien à faire. C'est pareil, dénonce Antonio Ugidos. Les produits toxiques, quels qu'ils soient, sont utilisés pour masquer une souffrance ou chercher un plaisir, une notion dont on parle d'ailleurs pas assez. Ces films peuvent permettre à chacun, en fonction de sa propre histoire, de réaliser le risque qu'il prend pour un hypothétique mieux-être ". Car la fiction est le vecteur idéal de l'identification.

Bien meilleur que le message injonctif d'une publicité qui exige : " Dites non à la drogue et fait là, appel à la raison. " Il n'y a rien de raisonnable dans la consommation de drogues, souligne le responsable. Il faut donc jouer sur d'autres registres. Faire appel à d'autres mécanismes, notamment l'émotion et l'identification, que seul permet le cinéma ". Rencontre avec Marianne, jeune femme moderne, mère de quatre enfants de 3 à 12 ans. A chaque petit tracas, une seule réponse : les médicaments. Un jeune adolescent venu dîner chez ses grands parents n'arrive pas à avaler son assiette de purée. Ce qu'il a à dire est si important...

Afin de pouvoir tenir un rythme infernal, une interne se bourre d'amphétamines... Michèle découvre de l'herbe dans la chambre de son fils. Bouleversée, elle se confie à une amie qui lui propose de la fumer... Dramatique, surréaliste, tendre, humoristique, tous les tons sont bons pour faire réfléchir sur des situations regardables comme un film, complexes comme la vie.



 

 

 

 
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