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Après le ministre
de l'Environnement, qui se vante publiquement de fumer des " joints
" et proclame, en se réclamant de sa qualité de médecin, que " la
consommation occasionnelle de cannabis est sans impact sur la santé
et le lien social ", après le garde des Sceaux, qui affirme que
" fumer un joint n'est pas un drame ", voici le secrétaire d'Etat
à la Santé qui annonce qu'il va faire " expérimenter la distribution
médicale surveillée d'héroïne ".
Et l'on sait
ce qu'a en tête le Dr Kouchner lorsqu'il prend officiellement une
telle position : passer de la prescription médicale à la légalisation
des drogues dites " douces ". En 1976, le futur ministre était signataire
de l' "Appel du 18 joint " pour réclamer la dépénalisation. Le gouvernement
de M. Jospin n'a-t-il que des médecines de désespoir pour traiter
le ml qui frappe aujourd'hui la jeunesse de notre pays ?
A nos jeunes,
qui ont pour tout horizon chômage et malaise social, n'y a-t-il
rien d'autres à proposer que les " petits boulots " subventionnés
de Mme Aubry et les " joints " de M. Kouchner ? Ou est le grand
dessein susceptible de détourner nos enfants de l'avilissement et
de la servitude où conduit la drogue ?
Et qu'on ne
vienne pas nous dire qu'il ne faut pas confondre dans une même condamnation
drogues dures et drogues douces. Il n'y a pas de drogues douces
: il n'y a que des poisons qui altèrent la santé et le psychisme
de nos enfants, quand ils ne les tuent pas.
Quels " spécialistes
" ?
Un quotidien du soir titrait en une, voici quelques jours, que
les spécialistes de la toxicomanie réclament une " dépénalisation
de l'usage des drogues ". Réunis autour de Bernard Kouchner, lors
de rencontres nationales, des médecins, psychologues, des éducateurs
et des magistrats sont venus apporter comme une caution morale et
scientifique au ministre, manifestement inquiet de la retombée de
ses propos antérieurs. Fort bien !
Mais ce qu'on
cherche à présenter comme une posture unanime n'est mis en avant
que pour des besoins médiatiques, car elle n'est qu'une position
de façade : d'autres spécialistes, tout autant qualifiés, ont des
points de vue radicalement différents. Pourquoi n'ont-ils pas la
parole ?
Pourquoi le
ministre ne fait-il pas état du rapport de vingt-trois experts,
sous l'autorité du Pr. François Gros, secrétaire perpétuel de l'Académie
des sciences, remis en avril dernier au secrétaire d'Etat à la Recherche
de l'époque ? Ces scientifiques y déclaraient que " le cannabis
entraîne des troubles psychiques " et constataient " une indiscutable
corrélation entre consommation de drogue et instabilité caractérielle,
état de stress, tentative suicidaire et contexte familial difficile
".
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Pourquoi les
pouvoirs publics tiennent-ils à l'écart le Pr. Gabriel Nahas, qui
a consacré sa vie à étudier les méfaits de la drogue et qui démontre
que l'" agent actif du cannabis a des effets nocifs persistants
sur le cerveau " ? Pourquoi une bonne partie de la presse française
a-t-elle passé sous silence les conclusions d'un colloque, tenu
en 1995 sous les auspices du secrétaire américain à la Santé, qui
arrivait aux mêmes conclusions ?
Appel à tous
George Fenech, président de l'association professionnelle des
magistrats, n'est-il pas un " spécialiste ", au même titre que les
autres, lui qui signalait dans ces colonnes que certains pays ont
réussi à se procurer des espèces rendant inopérantes la distinction
entre drogue dure et douce ?
N'est-il pas
un spécialiste, le Dr. Curtet, président d'une association de lutte
contre la toxicomanie, qui estime qu'avant de " créer une toxicomanie
parallèle " il conviendrait de doubler ou de tripler les crédits
pour la prévention, inférieurs de six fois à ceux des autres pays
européens, ou pour les lits postcure, dont la France est scandaleusement
démunie?
Parlementaire
et président de conseil général, ayant à ce titre la responsabilité
de la politique sociale d'un département, je me sens tenu de lancer
un cri d'alarme au gouvernement, mais aussi à mes collègues, à tous
les médecins, aux parents, pour qu'ils se montrent vigilants et
ne tombent pas dans l'illusion de la solution de facilité, ornée
des slogans de la pensée unique. Il importe que les pouvoirs publics
se refusent à toutes complicités avec la drogue, toutes les drogues.
C'est pourquoi
il faut combattre toute idée de légalisation, toute dépénalisation
qui serait perçue comme une tolérance, sinon une incitation. Légaliser
revient à prôner l'indifférence. Tout comme on empêche un enfant
de mettre ses doigts dans une prise de courant, il est normal que
l'Etat protège ses citoyens en maintenant des garde-fous.


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