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Le 6 juin dernier,
deux jours avant la grande assemblée de l'ONU sur la lutte contre
la toxicomanie, la " Première conférence internationale sur la maintenance
à l'héroïne " pour les héroïnomanes, réunissait cinq cents médecins
et sociologues, dans le grand auditoire de l'Académie de médecine
de New York.
Cette conférence
était organisée par le Centre Lindesmith, organisme financé par
le milliardaire George Soros pour soutenir sa campagne de libéralisation
de la drogue. Le but de cette réunion était de rapporter les résultats
des expériences suisses et hollandaises de l'utilisation de l'héroïne
injectable dans le traitement de l'héroïnomanie (cette pratique
est en contravention avec les termes de la Convention unique des
stupéfiants des Nations unies -1961-). Néanmoins, les docteurs Zeltner
et Uchtenhagen, directeurs du programme suisse d'administration
intraveineuse de l'héroïne, rapportèrent que, depuis deux ans, plus
d'un millier de jeunes Suisses ont accepté de se soumettre à ce
traitement.
Les morts par
overdose ont diminué dans le pays : de 600 par an avant le début
de l'expérience, à 400 en 1997; ce qui laisse la Suisse au premier
rang des cas de fatalité de ce genre par tête d'habitant dans le
monde. Les cas d'infection par HIV ont diminué parmi l'ensemble
des héroïnomanes, et leur insertion sociale s'est améliorée; c'est
également le programme le moins cher. Les spécialistes suisses reconnaissent
qu'il ne s'agit pas d'expériences contrôlées, évaluées suivant la
méthode statistique. Mais, d'après eux, ces expériences sont assez
encourageantes pour les étendre à une tranche encore plus large
des 30 000 héroïnomanes que compte leur pays.
La politique
" raisonnable "
En revanche, les spécialistes australiens de la politique de diminution
des risques, représentés par le docteur Bammer, de l'université
nationale d'Australie et par le docteur Wodack, de Sydney, n'ont
pu mettre à exécution leur projet d'administration médicale de l'héroïne,
en raison du refus de leur gouvernement de subventionner une telle
expérience. Une idée-force dominait les débats et éludait toute
discussion scientifique.
Il s'agissait
de secourir par tous les moyens les malheureux toxicomanes, qui
sont malades à qui l'on doit offrir le seul traitement qui leur
offre une chance de survie et de réhabilitation. C'est la politique
" raisonnable " de " diminution " des risques, qui doit conduire
à une légalisation " contrôlée " de la drogue. Tous ceux qui s'opposent
à cette solution sont dans l'erreur. La croisade de George Soros
pour la légalisation de la drogue, au nom de la liberté individuelle
et d'une société plus humaine, a fait son chemin jusqu'à la dernière
assemblée des Nations unies tenue à New York.
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Toutefois,
les chefs d'États réunis à cette occasion, du 8 au 10 juin dernier
à l'ONU, furent unanimes dans leur résolution de poursuivre le combat
contre la drogue.
La président
de la République, Jacques Chirac, délivra le discours le plus persuasif
et le mieux ciblé, dans lequel il recommanda avec vigueur " une
attaque sur tous les fronts contre ce mal planétaire, à la mesure
des forces hostiles que nous devons combattre ".
Le président
Bill Clinton fut également très éloquent. Ces déclarations de chefs
d'Etat trouvèrent peu d'écho favorable dans la grande presse américaine
qui, par contre, ne ménagea pas ses critiques. Un éditorial du New
York Times déclara : " C'est une erreur de refuser de discuter une
politique de réduction des risques basée sur l'usage de méthadone
et la distribution de seringues...
Cette conférence
de L'ONU sur la drogue, comme celles qui l'ont précédée, est destinée
à recycler des promesses irréalistes et encenser des programmes
douteux. " (1). Le New York Times (2) avait publié une double page
publicitaire financé par M. Soros et composée par l'Institut Lindesmith.
Cette page réclamait un changement de politique de L'ONU vers "
une perspective réaliste de diminution des risques et d'un débat
ouvert sur ce problème ".
Cette déclaration
était approuvée par 600 personnalités internationales prestigieuses,
comprenant Perez de Cuellar, ancien secrétaire général de L'ONU,
Milton Friedman, Jean-Pierre Changeux, Thierry Levy, Ilya Prigogine,
André Glucksman et Georges Soros, qui reconnut avoir financé la
publication de l'appel rassemblé par son Institut Lindesmith. Dans
ce palmarès de célébrités, il faut noter l'absence de personnalités
de l'Asie du Sud-Est, du Japon et des pays islamiques, qui représentent
les deux tiers de la population mondiale.
Curieuse alliance
que celle forgée par Soros entre des intellectuels libertaires et
les barons de la finance internationale ! Le grand danger d'une
telle alliance est qu'elle sonne le glas de la pensée judéo-chrétienne,
qui fut dominante au cours des deux derniers millénaires ! Faudra-il
qu'un autre peuple, doué d'une autre culture mais empreint des mêmes
valeurs séculaires, prenne le relais de la pensée universelle, qui
doit continuer à piloter l'avenir de l'homme.


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