|
Ce n'est pas
vraiment une surprise ". Sourire fataliste aux lèvres, Jean-Luc
Maxence, le directeur du centre Didro (Documentation, information,
drogues) contemple les dégâts. Hier matin, vers 6h 30, des incendiaires
ont en effet de mettre le feu au siège de cette association nationale
de lutte contre la toxicomanie, rue Pauly (XIVe ). Immédiatement,
25 sapeurs pompiers sont intervenus pour maîtriser le sinistre avant
que les ravages ne soient trop importants. Trois bureaux, sur la
dizaine que comptent les 140 mètres carrés de ce centre ont été
touchés. "
Le cabinet médical
où un généraliste effectue des consultations a été totalement le
proie des flammes ", détaille Jean-Luc Maxence. Selon les premiers
éléments de l'enquête confiée à la troisième Division de la police
judiciaire (DPJ), le ou les auteurs auraient fracturé un vitrine
à l'aide d'un pied de biche retrouvé sur place pour pénétrer à l'intérieur.
Puis après avoir méthodiquement fouillé les lieux, notamment la
comptabilité, ils auraient tenté de couvrir leur méfait en mettant
le feu au rideau.
Il ont ensuite
pris la fuite en emportant une petite somme d'argent et " sans doute
quelques papiers ". " C'est la première fois en 27 ans d'existence
que le centre est victime d'une telle agression ", s'offusque le
responsable. Certes, en un quart de siècle, il comptabilise " quelques
menus cambriolages ". Mais rien de sérieux. " Cette fois, cela n'a
rien à voir, et les toxicomanes que nous traitons sont hors de cause
car ils savent qu'il n'y a pas d'argent. "
|
 |
De même que
les nombreux riverains qui entourent le centre, posé au pied d'une
tour de quinze étages au coeur d'une cité, seraient eux aussi, "
incapables de ce coup ". " Nous sommes là depuis très longtemps
et, contrairement à d'autres, nous sommes désormais parfaitement
admis. ".
Selon lui, les
responsables se trouvaient plutôt " parmi les nombreux ennemis que
nos prises de position non politiquement correctes nous ont procurés
". Avec un budget de 20 million de francs, apporté essentiellement
par des fonds publics, Didro gère plusieurs centres et un réseau
de familles d'accueil avec " une politique pas dure mais claire
". " Bous nous situons dans l'opposition quant à la politique de
santé publique actuelle sur la toxicomanie. " Et de dénoncer une
certaine " pensée unique " et, par exemple, le " laxisme dans la
lutte contre l'ecstasy ". " Cela fait deux ans que nous nous battons
contre les méfaits de ce produit extrêmement dangereux. mais la
tendance était alors qu'elle se répand, que l'on tire la sonnette
d'alarme. " De même, il dénonce " l'usage massif de Subutex".
Ce dérivé de
la morphine serait selon lui, " distribué de manière incontrôlée
à près de 50 000 personnes en France. Mais ces vérités ne sont pas
bonnes à dire ". De son côté, la police n'excluait, hier, aucune
hypothèse.


|