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Une planète ivre de drogues
Les Echos du 24 février 2000

Il en va des drogues chez les hommes comme de la peste chez les animaux de Jean de La Fontaine: tous n'en meurent pas mais tous en sont atteints, ou presque.

Le rapport annuel de l'ONU sur la drogue publié hier à Vienne, siège de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), décrit une planète ivre de drogues et distribue çà et là quelques satisfecits, rares en regard des mauvais points attribués au plus grand nombre, producteurs ou consommateurs.

Au pal-marès de la lutte contre la production et le trafic de drogues on 1999, l'OICS met au premier rang l'Iran, suivi de la Bolivie. Le premier perce qu'il a, à son actif, " 8O % des saisies d'opium dans le monde, au prix de lourdes pertes on vies humaines et d'énormes sacrifices financiers "; la seconde pour " ses résultats exceptionnels (...) dans son programme d'éradication des cultures illicites de cocaïer ".

A l'autre extrémité du spectre, l'OICS dénonce une fois encore l'Afgha-nistan qui produit 75% de l'opium mondial sous la bienveillance du narcorégime des talibans puisque 97% des terres à pavot sont sous leur contrôle.

L'OICS juge " douteuse", doux euphé-misme, la combativité des talibans pour éradiquer la production et le raffinage de l'opium puisqu'ils en firent toujours profit par le biais de taxes.

Par contre, des pays comme la Birmanie et le Pérou sortent insensiblement de la zone rouge, selon I'ONU. Pour l'Afrique, le rapport déplore que la drogue serve à financer les guerres civiles et les achats d'armes.

En ce qui concerne l'Europe, l'OICS constate une montée en flèche de la consommation de drogue comme le cannabis, notamment chez les jeunes en France et en Grande-Bretagne. Des marchés alimentés non plus seulement par le Maroc, mais de plus en plus par l'Albanie.

Enfin, une mention particulière est faite pour le Liban, non pas tant pour sa production de drogue que pour la permanence d'un secret bancaire qui autorise tous les blanchiments d'argent sale provenant des trafics, comme dans de nombreux paradis fiscaux d'Amérique centrale et des Caraïbes.



 

 

 

 
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