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L'Organe
international de contrôle des stupéfiants (OICS), qui veille sur
les flux de la drogue et des médicaments à travers le monde, a rendu
public son rapport mardi. L'économie de la drogue serait la deuxième
du monde, derrière celle générée par le trafic d'armes.
Bon point pour
l'Iran et la Bolivie et bonnet d'âne pour les taliban afghans. Comme
chaque année, 1'OICS dresse un état des lieux. Et cet organisme
de l'ONU s'inquiète du nombre croissant des usagers de stupéfiants
en Europe et dénonce l'attitude de tolérance face au cannabis. Selon
le rapport, un tiers des lycéens français et un quart des adolescents
britanniques ont déjà goûté à la marijuana. " On ne met pas suffisamment
l'accent sur la dangerosité du cannabis, s'alarme le préfet
Jacques Franquet, membre de l'OICS. Les politiques dénoncent
les problèmes liés à la santé publique et à l'écologie, mais ne
s'élèvent pas contre cette consommation. Les variétés de cannabis
sont pourtant de plus en plus fortes. "
L'OICS dénonce
également le " shoot propre " utilisé dans les salles d'injection.
C'est pour éviter la propagation du sida et des hépatites que les
Pays-Bas et l'Allemagne autorisent les toxicomanes à s'injecter
eux-mêmes de l'héroïne, dans ces lieux : " Ces lieux ont leur
logique, poursuit Jacques Franquet, mais cela va à l'encontre
des traités internationaux et favorise la toxicomanie et le trafic
de drogue. "
La consommation
des drogues dures à également augmenté en Europe. Une tendance qui
résulterait, en partie de la baisse des prix de la cocaïne. Côté
ecstasy, la consommation s'est stabilisée alors que l'usage de l'amphétamine
a tendance à croître. Concernant l'Europe de l'Est, le rapport se
félicite de la baisse de la criminalité liée à la drogue, notamment
en Russie, mais signale une hausse de consommation d'héroïne.
En Albanie,
gros producteur de cannabis, la situation reste particulièrement
préoccupante : " Ce pays n'a pas ratifié la convention internationale,
signale le préfet. Une mission de l'ONU doit s'y rendre pour
tenter de le faire changer d'avis. "
Plus loin de
nous, l'Afghanistan qui représente, selon l'OICS, 75 % de la production
mondiale d'opium se trouve au banc des accusés : " Nous n'avons
aucune influence, les Afghans font ce qu'ils veulent ", déplore
Jacques Franquet.
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Malgré ses promesses
d'interdire la production, le régime des taliban continue de percevoir
des impôts sur la récolte du pavot et la fabrication d'héroïne.
Cette situation a de graves répercussions en Europe et dans le reste
du monde. Les rapporteurs s'inquiètent également de la progression
du trafic de stimulants, type amphétamines dans les pays de l'Est
et le Sud-Est de l'Asie : " La Chine demeure un gros fournisseur
", notent-ils.
Le Laos, la
Birmanie, la Thaïlande et le Vietnam reçoivent une médaille pour
avoir réduit leurs productions d'opium. En revanche, la Chine, la
Malaisie et la Thaïlande restent des marchés importants pour l'héroïne
et des lieux de transit prisés pour l'exportation vers l'Amérique
du Nord et l'Océanie. En Asie du Sud, la production d'héroïne, des
drogues de synthèse, de cannabis et d'opium a augmenté. Dans son
tour du monde des drogues, l'OICS félicite la Bolivie ainsi que
l'Amérique latine " pour ses résultats exceptionnels " dans son
programme d'éradication des cultures illicites de coca. Mêmes félicitations
adressées à l'Iran qui a effectué " 80 % des saisies d'opium
dans le monde ".
En Amérique
latine, la cocaïne reste un fléau préoccupant avec en tête la Colombie,
le plus gros producteur du monde. L'OICS se dit aussi préoccupé
par l'attitude de plus en plus libérale de certains gouvernements
d'Amérique centrale et des Caraïbes vis-à-vis du secteur bancaire
offshore et de l'industrie du jeu.
Aux Etats-Unis,
au Canada et au Mexique, le cannabis reste la drogue la plus consommée.
La culture sous abri de la marijuana interpelle l'ONU qui s'inquiète
de la vente de graines et de matériel accessibles sur Internet grâce
essentiellement à des serveurs canadiens.
En Afrique,
la drogue sert surtout à financer les guerres civiles, comme en
République démocratique du Congo, au Liberia, en Angola ou encore
au Rwanda : " Cette situation est malheureusement négligée,
commente Jacques Pranquet. L'Afrique a un potentiel énorme de
trafic et d'usage de drogue. Les stupéfiants ne font pas encore
vivre beaucoup de monde mais ils vont finir par le faire si on s'en
préoccupe pas. "


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