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LE 15 MAI, le
groupe ethno-celte brestois Matmatah, son manager, Julien Banes,
et son éditeur, Les éditions Levallois seront jugés par le tribunal
correctionnel de Nantes, pour " provocation à l'usage et au trafic
de produits stupéfiants et présentation sous un jour favorable de
ces produits", délits que l'article L 63O du code de la Santé
publique réprime d'une peine maximale de prison de cinq ans et d'une
amende de 500000 francs.
C'est en novembre
1998, après un concert donné à guichets fermés, à Nantes, salle
de l'Olympic, qu'un policier de la brigade des stupéfiants de la
ville - scandalisé par les textes de deux chanteurs de Matmatah,
Lambé An Dro et surtout L'Apologie - avait lancé une
enquête préliminaire pour incitation à la consommation de stupéfiants.
Particulièrement
visé le titre L'Apologie, tiré de l'album La Ouache, vendu
à plus de 650 000 exemplaires, dit entre autres : " Non, bien
sûr, le pétard n'élève pas la raison / Je le conseille tout de même
avec modération (…) / Et le joint si léger dans mon pays natal!
Des libertés de l'homme devient très banal. "
Reprise en chœur
sur toutes les scènes de France, cette chanson qui appelle à "
légaliser " cet " anti-dépresseur " s'achève par ce refrain
: " L'alcool et le tabac ont le droit de tuer/ Car aux comptes
de l'état apportent leurs deniers! Messieurs-dames, mourez donc
d'alcool et de fumée ! La patente est payée, la mort autorisée.
"
Dans un communiqué
envoyé à la presse, le groupe déclare: " Il est inutile de rappeler
que l'un des fondements de notre démocratie s'appelle la liberté
d'expression. Cette procédure risque de devenir un nouvel élément
de censure envers les artistes, tous les artistes, et c'est contre
cela qu'il est temps réagir. Le reste importe peu. "
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En
1994, ce même policier avait déjà alerté la justice nantaise pour
Mangez-moi, mangez-moi, un tube du groupe rennais BiIly Ze
Kick qui vantait les mérites de champignons hallucinogènes. Le dossier
avait été transmis au parquet de Paris, mais aucune poursuite judiciare
n'avait suivi.
Communiqué
AFP
L'AFP informe
que les quatre membres du groupe de rock brestois Matmatah " ont
été condamné lundi 19 juin par le tribunal de Nantes à 15 000 francs
d'amende chacun pour " provocation à l'usage de stupéfiants ".
D'après l'agence,
" le tribunal est allé au delà des réquisitions du procureur qui
lors du procès le 15 mai dernier avait réclamé 50 000 francs d'amende
dont 40 000 avec sursis ". Le président du tribunal a estimé que
" la simple présentation d'un produit stupéfiant sous un jour favorable
tombe sous le coup de la loi, L630 du code de la santé publique
" qui réprime la provocation à l'usage de stupéfiants.
L'AFP rappelle
qu'étaient visées par la procédure, les déclarations d'un membre
du groupe en concert -" Vous pouvez vous asseoir et fumer un joint
"- ainsi que les paroles de deux chansons dont l'une appelle selon
l'AFP à " légaliser l'antidépresseur " que constitue, d'après le
groupe, " le pétard "


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