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Alcool, tabac, cannabis : les hôpitaux militaires font leurs comptes

Bulletin épidémiologique hebdomadaire le 15 mai 2000

Combien de patients en difficulté avec l'alcool accueillons-nous dans nos services, combien de fumeurs, combien de consommateurs de cannabis et d'autres drogues ? Telle est la question que se sont posée 9 HIA (hôpitaux d'instruction des armées) en région parisienne et dans 6 villes de province, qui, pour en savoir plus, ont réalisé une enquête auprès de 1987 patients (dont plus de la moitié d'hommes) hospitalisés un jour donné en mars 1999.

Médecine, chirurgie, réanimation, psychiatrie, rééducation : tous les services étaient représentés. Chaque patient remplissait un questionnaire en 3 parties : un volet 'alcool' (questionnaire DETA en 4 questions), un volet 'tabac' (questionnaire de Fagerström en 6 questions) et un volet 'substances psychoactives' (recherche de consommation de cannabis, cocaïne, opiacés, héroïne, ecstasy, amphétamines et médicaments détournés de leur usage).

Le résultat confirme que les diverses conduites addictives ne sont pas un mince problème, loin s'en faut. Ainsi la prévalence des problèmes liés à l'alcool approche 15%, la dépendance au tabac 30%.

 

 

Si face au tabac, hommes et femmes font jeu égal, les représentants du sexe masculin sont en première ligne parmi les personnes en difficulté avec l'alcool où l'on trouve 88% d'hommes. La dépendance tabagique n'attend pas le nombre des années : 1/3 des 15-25 ans est concerné.

Quant aux substances illicites, le cannabis reste la plus consommée : un patient sur 10 déclare l'avoir essayée ; parmi eux, près de la moitié (5% au total) en consomme une fois par mois. Les services de psychiatrie remportent la palme, si l'on peut dire : incontestablement, c'est là que la prévalence des patients en difficulté tant avec le tabac, l'alcool que les drogues illicites est la plus forte. Un tiers des hospitalisés en psychiatrie ont un problème d'alcool, près de 6 patients sur 10 sont dépendants du tabac et pas loin de 30% ont essayé au moins une fois un produit psychoactif. Une enquête qui, en dehors des chiffres fournis, a le mérite de souligner la bonne acceptabilité par les patients des questionnaires utilisés, y compris pour le sujet plus délicat des drogues illicites.

P. Arvers et coll. : « Prévalence des conduites addictives chez les patients hospitalisés. Enquête multicentrique effectuée un jour donné dans les hôpitaux d'instruction des armées en 1999. » Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°15, 11 avril 2000.

 



 

 

 

 
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