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L'abus de drogue nuit à la santé
Par Mariana Julienne et Cécile Olivier
Eurêka n°56 juin 2000

Quels sont les dangers des drogues de synthèses ?

Les recherches menées sur ce sujet sont si peu nombreuses qu'il est souvent difficile de répondre avec précision à cette question, objet de polémiques. "Il existe une diabolisation des drogues de synthèse, relayée par les médias", estime le docteur Sueur, de Médecins du monde. "La morale n'autorise pas à discuter librement des rées effets de ces drogues. On oublie notamment de parler de leurs conséquences positives."

Comme l'explique Jean-Pol Tassin, du laboratoire de neuropharmacologie au Collège de France, "il faut distinguer deux types de dépendances, physique et psychique. La première est caractéristique des opiacés, alcool et tabac. Le sevrage induit un état physique particulier, manque auquel le sujet cherche à échapper par la reprise convulsive du produit." La dépendance psychique se définit comme le manque lié à la présence dans l'environnement de signaux rappelant l'existence

d'un produit dont on pourrait profiter.

Par exemple, le crack et les amphétamines créent des dépendances psychiques.L'ecstasy n'entraîne que très peu de dépendance, mais se caractériserait par sa toxicité. "C'est une particularité de l'ecstasy d'entraîner une dégénérescence des neurones, comme l'ont prouvé des expériences chez l'animal. Pour l'homme, une seule étude a été réalisé aux Etats-Unis. Le cerveau de 14 individus ayant consommé de l'ecstasy durant un mois à deux ans aété observé par une caméra à positons, montrant une atteinte neuronale. on estime que ces neurones peuvent repousser (réversibilité physique), mais on ne sait rien de leur potentiel de réversibilité fonctionnelle : vont-ils repousser correctement ? Ce qui n'a pas été démontré, c'est la relation entre cettse dégénérescence neuronale et les troubles psychiques ou psychiatriques. La prise de crack, en revanche, a moins d'effet sur les neurones, mais la dépendance psychique qu'il entraîne peut gâcher une vie."



 

 

 

 
DISCUSSION