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"Tentative
de subversion ", experts manipulés, financements philanthropiques
masquant des actions de lobbying : l'Organisation mondiale de
la santé détaille, dans un rapport publié mercredi 2 août, les stratégies
des industriels pour contrecarrer sa lutte antitabac.
Daté de juillet
2000 et intitulé "Stratégies des industries du tabac pour saper
les activités de contrôle du tabagisme à l'Organisation mondiale
de la santé ", ce rapport a été rédigé par un groupe d'experts.
L'ORGANISATION
mondiale de la santé (OMS) a accusé, mercredi 2 août, les grands
industriels du tabac de mettre en oeuvre, à l'échelon internationale
différentes actions visant à ruiner les efforts de cette agence
de l'ONU dans le domaine de la lutte contre le tabagisme. Lourd
de 248 pages, le rapport de l'OMS conclut à des " tentatives
de subversion bien financées, sophistiquées et généralement invisibles
" menée par l'industrie mondiale du tabac contre cette organisation.Ce
document a été rédigé à la demande de Gro Harlem Bruntland, directrice
générale de l'Organisation mondiale de la santé, par un groupe d'experts
indépendants présidé par le docteur Thomas Zeltner, directeur de
l'Office fédéral suisse de la santé publique. C'est un constat inquiétant
sur la stratégie des multinationales du tabac.
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Il montre,
documents à l'appui, que les grands cigarettiers ont cherché systématiquement
à minorer l'importance des questions de santé liées à la consommation
de tabac, à créer des oppositions entre l'OMS et les autres agences
des Nations unies ou encore à convaincre les autorités des pays
en voie de développement que les programmes de lutte contre les
méfaits du tabagisme étaient un thème du monde développé qui ne
les concernait pas.
Ces mêmes firmes
ont également cherché à déformer les conclusions des études médicales
et scientifiques établissant la nocivité de la consommation des
produits du tabac. L'utilisation des financements philanthropiques.
est également mise en cause.
Le contenu de
ce rapport témoigne dans une intensification de la guerre entre
l'agence des Nations unies et ce secteur industriel aujourd'hui
confronté à de sérieuses difficultés juridiques aux Etats-Unis.
Interrogé par Le Monde, un représentant français de Philip Morris,
particulièrement visé dans le rapport, estime que ces accusations
se rapportent à une époque révolue mais reconnaît que sa firme "
a certainement une part de responsabilité".


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