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La toxicomanie
continue à gagner du terrain. Le phénomène risque de s'amplifier
pour deux raisons au moins : d'abord l'arrivée au pouvoir de nouvelles
coalitions politiques, en Allemagne ou en Italie, composées de Verts
et de socialistes qui réclament une légalisation de la drogue ;
ensuite avec l'usage médical des drogues dites " douces ", qui se
développe dans les pays de l'Union européenne.
En Grande-Bretagne,
le Home Office vient d'autoriser l'usage du cannabis à titre médical,
mesure déjà largement appliquée en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas.
En France, cet usage n'est pas encore admis. Cette réserve de la
France est due aux résultats d'études scientifiques récentes, qui
ont mis en évidence le peu d'efficacité du cannabis, à partir de
statistiques établies sur les deux dernières décennies. Le cannabis
serait une médication acceptable si les effets thérapeutiques contrebalançaient
ses effets nocifs. Or, il n'en est rien..
Propriétés
antiémétiques
C'est le premier effet rapporté, chez les sujets soumis à une
chimiothérapie, qui fumaient des cigarettes de cannabis. Cette action
du THC - l'élément actif du cannabis -, contre le vomissement, s'apparente
à celle du Phenergan, un médicament français qui fut le premier
antiémétique à être utilisé. Mais cette action du cannabis n'est
que partielle, car la nausée et le vomissement, en cas de chimiothérapie,
résultent aussi de la stimulation d'autres récepteurs cérébraux.
Effet contre
glaucome
Le THC n'est donc qu'un antiémétique partiel, au mécanisme d'action
limité. Il ne peut être administré par voie intraveineuse et son
absorption par voie orale est lente et inconstante. La fumée de
marijuana, recommandée par certains, contient par ailleurs des cancérigènes
en plus grande quantité que la fumée de tabac, et inhibe les défenses
immunitaires du poumon.
Effet analgésique
Le cannabis, absorbé par inhalation ou par voie orale, diminue
la pression intraoculaire de malades atteints de glaucome. Afin
d'être maintenu, cet effet du THC requiert la consommation d'une
dizaine de cigarettes de cannabis par jour. Or, le cannabis produit
un effet contradictoire de simulation et d'inhibition successives
des prostaglandines, substances impliquées dans les phénomènes inflammatoires.
Le THC n'est
donc qu'une médication à effet partiel, accompagné d'effets indésirables.
Or, d'autres médications efficaces et bien tolérées ont des effets
spécifiques qui permettent de restaurer la signalisation cellulaire
perturbée par le glaucome. De nombreuses études expérimentales ont
démontré que les cannabinoïdes ne sont que des analgésiques " partiels
". Dans la douleur aiguë, le cannabis exerce un effet analgésique
très limité, inséparable de son double effet euphorisant et placebo.
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Car cette molécule
a peu d'interaction avec le système endorphinique de contrôle de
la douleur, sur lequel elle pourrait même exercer un effet inhibiteur.
Dans la douleur de l'inflammation, le cannabis possède des propriétés
analgésiques partielles, semblables à celles exercées par l'aspirine
et le paracétamol. Cet effet anti-inflammatoire, observé chez l'animal,
n'a pas été cliniquement démontré. Par comparaison, les opiacés
et les médications du type aspirine ou paracétamol sont spécifiquement
ciblés sur les deux grandes voies de la douleur, le système endorphinique
dans la douleur aiguë et l'inhibition des prostaglandines dans la
douleur inflammatoire.
De plus, l'infiltration
des tissus ou des ganglions sympathiques avec les anesthésiques
locaux offre une intervention thérapeutique de choix pour soulager
la douleur aiguë. Les cannabinoïdes n'ont aucune action d'anesthésie
locale.
Les douleurs
neurologiques
Le THC ingéré ou la fumée de marijuana ont été recommandés pour
calmer les douleurs associées à l'absence de coordination des mouvements,
au tremblement de la sclérose en plaques, à l'incontinence des traumatisés
de la moelle épinière et même à l'épilepsie. Toutefois, les études
cliniques ne sont pas concluantes et ne confirment pas l'historique
rapporté des patients.
Tous ces malades,
atteints de désordre neurologiques chroniques, peuvent disposer
de médications plus spécifiques, ciblées sur les mécanismes moléculaires
de leur principale manifestation symptomatique : contractures, tremblements,
dyslomes, douleurs. Les propriétés thérapeutiques du THC peuvent
s'expliquer aujourd'hui par les mécanismes moléculaires de cette
drogue sur la membrane cellulaire.
Or, le THC altère
d'une façon persistante la signalisation de la membrane cellulaire,
qui transmet les signaux physiologiques du liquide extracellulaire
à toutes les structures enzymatiques et aux organelles intracellulaires.
Cette dérégulation du mécanisme fondamental, présent dans toutes
les cellules de l'organisme, explique les effets partiels et contradictoires
des propriétés thérapeutiques du THC, ainsi que les effets nocifs
qui les accompagnent.
En médecine
moderne, le cannabis doit être considéré comme une médicamentation
vétuste, dont les effets nocifs contrebalancent les effets thérapeutiques
partiels.


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