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SOMMAIRE
Informations
sur :
AMPHÉTAMINES
CANNABIS
COCAINE
ECSTASY
ERYTHROPOIÉTINE
HEROINE
LSD
MESCALINE
PHENCYCLIDINE
PSILOCYBINE
STEROIDES
ANABOLISANTS
GLOSSAIRE GENERAL
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LSD
- I Produits,
origines, propriétés générales
- II Historique
- III Propriétés
physiopharmacologiques
- IV Toxicologie
et effets adverses
- V Considérations
générales
- VI Conclusion
- VII Bibliographie
I Produits,
origines, propriétés générales
Le L.S.D. (acide
lysergique diethylamine) est une substance semi-synthétique. Il
est synthétisé à partir de l'acide lysergique, alcaloïde que l'on
trouve soit dans l'ergot de seigle parasité par un champignon, le
fungus claviceps purpurea, soit dans les graines de volubilis. La
synthèse fait appel à un certain nombre de composés toxiques et
dangereux (explosifs) dont l'hydrazine, l'acide trifluoroacétique
et la diethylamine, rendant cette activité risquée.
Il se présente
sous la forme d’une poudre incolore, sans saveur et sans odeur,
rien ne distinguant une solution de L.S.D. d’un verre d’eau. Sa
détection est difficile et il peut donc être administré facilement
à l’insu d’un sujet. Il partage les propriétés d’un groupe de substances
communément appelées hallucinogènes, qui troublent les perceptions
et provoquent hallucinations et psychoses.
Par le passé,
son utilisation était le fait de toxicomanes avertis, mais on le
trouve désormais proposé dans les rave parties, parallèlement à
l’ecstasy. Il est généralement ingéré avec une boisson, un sucre,
ou sous forme de pilules, ce qui devrait rendre les consommateurs
d’ecstasy prudents car il est difficilement détectable, démontrant
une fois de plus que les démarches visant à attester le contenu
des comprimés d’ecstasy sur les lieux de consommation sont vouées
à l’échec. Les revendeurs le proposent également sur des morceaux
de buvard d’environ 1 cm de coté. A l’opposé, des rumeurs faisant
état de distribution de tatouages contenant du L.S.D. à des enfants
n’ont jamais été documentées et appartiennent au domaine de la légende.
II Historique
Le L.S.D. a
été synthétisé en 1938 par Albert Hoffman, alors qu'il travaillait
pour la firme Sandoz à Bâle. (1,2). Il a isolé l'acide lysergique
de l'ergot et l'a combiné à diverses amines, dans l’objectif de
découvrir un stimulant circulatoire et respiratoire ayant moins
d'effets secondaires toxiques que l'ergot. L'un des produits synthétisés
était le LSD 25 (25ème substance synthétisée). Ce n’est qu’en 1943,
que les propriétés pharmacologiques du L.S.D. 25 ont été découvertes
par Hoffman, après ingestion accidentelle, expérience impressionnante
s’il en est.
Le L.S.D. a
été proposé comme complément à une psychothérapie et comme traitement
de l'alcoolisme. L'ère « psychédélique » commença dans les années
60 avec Thymoty Leary, l’apôtre de cette dogue, premier agent psychédélique
a avoir eu un impact sur la culture occidentale (3). De nombreux
cas de suicides ont été rapportés sous l'effet des perceptions délirantes
induites par la drogue, de psychoses et de schizophrénie. Le L.S.D.
a finalement été interdit aux États Unis en 1965. Il est toujours
utilisé actuellement, à des doses moins élevées qu'elles ne l'étaient
dans les années 60 (4), et regagne une certaine popularité parmi
les amateurs de « rave parties ». En France, son usage est interdit.
III Propriétés
physiopharmacologiques
Le L.S.D. est
une substance très puissante. Chez l’humain, la dose efficace minimale
de L.S.D. est de 25 µg. La dose standard actuelle est de 20 à 80
µg (5), mais les doses utilisées peuvent aller jusqu’à 300 ou 400
µg. L'absorption gastro-intestinale est rapide et presque complète.
Le L.S.D. circule dans le sang lié aux protéines. Le pic plasmatique
apparaît 30 à 60 minutes après l'ingestion. Son volume de distribution
est de 0,27 l/kg et la demi-vie est de 3 heures (6). Les métabolites
sont détectables jusqu’à 3 jours après l'ingestion (7). Les taux
plasmatiques après intoxication varient entre 2 et 4 ng/ml, et les
taux urinaires de 0,2 à 7,7 ng. Sa détection et ses dosages restent
difficiles, vu les faibles quantités à doser.
Une dose de
50 à 100 µg chez l'homme induit des symptômes psychotomimétiques
en agissant sur de nombreux sites dans l'hippocampe, le striatum
et le cortex cérébral. Il interfère avec les neurotransmetteurs
centraux monoamines, surtout sur la sérotonine: c'est un antagoniste
et un agoniste partiel des récepteurs à la sérotonine (8, 9). La
kétansérine, qui possède des propriétés antagonistes de la sérotonine,
atténue de nombreux effets du L.S.D. Il agit également sur la dopamine
(10) et l’adrénaline (11).
Les effets
du L.S.D. sont imprévisibles, ils dépendent de la personnalité de
chacun et des circonstances de consommation. Ils surviennent entre
30 et 90 minutes après absorption et se manifestent par une dilatation
des pupilles, une élévation de la température corporelle, une accélération
du rythme cardiaque avec élévation de la pression artérielle, des
suées, avec bouche sèche et apparitions de tremblements. Les sensations
changent plus rapidement que n’apparaissent ces signes physiques,
avec si la dose est suffisante, hallucinations, distorsion temporelle
et de la perception du corps, et des phénomènes croisés tels « qu
’entendre les couleurs et voir les sons ». Ces changements ainsi
que ceux concernant la perception du corps peuvent être effrayants
et entraîner des crises de panique (12). Les utilisateurs décrivent
leurs expériences sous forme de bon ou mauvais voyage ( good trip
ou bad trip).
Le L.S.D. n’entraîne
pas de dépendance, mais une tolérance s’installe rapidement menant
à l’obligation d’augmenter les doses pour percevoir la même sensation,
aspect peu sympathique du produit, vu l’imprédictibilité de ses
effets.
IV Toxicologie
et effets adverses
Toxicité neurologique
aiguë
Des complications
psychiatriques aiguës, qui peuvent durer 24 heures, surviennent.
Les réactions de violence sont fréquentes (homicides) (13) ainsi
que les poussées suicidaires (défenestration, automutilation).
L'usage du
L.S.D. peut être compliqué d'attaques et de déficits cérébraux.
Quelques cas de spasmes vasculaires centraux et de dommages neurologiques
irréversibles ont été rapportés.
Les reviviscences
(flashback) peuvent survenir plusieurs années après l'ingestion
de la dernière prise et se produisent chez 15% des usagers (14,
15). Ces flashbacks se produisent généralement de façon brutale,
sans signes précurseurs, dans les quelques jours ou semaines suivant
la consommation, ce qui en raison de leur nature les rend particulièrement
dangereux et responsables d’accidents mortels. Leur mécanisme est
inconnu à ce jour et ne met pas en jeu le stockage transitoire de
L.S.D. et sa libération tardive comme certains ont pu l’avancer.
Effets périphériques
aigus
Trente minutes
après l'ingestion, le L.S.D. produit une forte stimulation sympathique
avec dilatation des pupilles, arythmies, accélération de la respiration.
Les effets cholinergiques provoquent salivation, larmoiement et
nausées. Des cas graves d'hyperthermie ont été observés après ingestion
de fortes doses. On a également décrit des anomalies chromosomiques
des lymphocytes exposés au L.S.D. (16) et des anomalies congénitales
chez les enfants dont la mère consommait du L.S.D., mais ces effets
sont controversés (17).
Les cas d'intoxication
aiguë graves sont rares et plutôt dus à l'usage simultané de plusieurs
drogues. Ces cas nécessitent la mise en oeuvre de moyens de réanimation
et de soins intensifs ainsi que le traitement des complications
psychiatriques. La contention est parfois nécessaire. La dépression
respiratoire impose l'assistance ventilatoire. Les réactions de
panique aiguë sont traitées par diazepam ou halopéridol. Les flashbacks
sont très difficiles à éviter, même par la psychothérapie et les
tranquillisants (18).
Chez les usagers
chroniques peuvent s’installer de longues psychoses, comme schizophrénie
ou état dépressif sévère.
V Considérations
générales
La consommation
de L.S.D. tend à être un voyage intermittent plutôt qu'une habitude,
probablement à cause de l’installation d’une tolérance rapide aux
effets hallucinogènes de la substance après plus de 3 prises par
jour. La tolérance aux effets cardio-vasculaires (tachycardie) est
moins prononcée. Il existe une tolérance croisée entre le L.S.D.,
la mescaline et la psilocybine, mais pas entre le L.S.D., le THC
et les amphétamines. Après arrêt brutal, on n’observe pas de symptômes
de sevrage. Ce produit a connu des périodes de fortes consommations
par le passé et en fait, sa réapparition est cyclique car il jouit
d’une très mauvaise réputation parmi les usagers avertis, les nouvelles
vagues de consommation étant liées à la curiosité. Elles stoppent
d’elles-mêmes avec la survenue d’événements désagréables voire dramatiques.
Pour toute observation
ou question concernant ce texte ou le L.S.D., envoyez un message
électronique à l’adresse suivante : toxidop@ibt.univ-angers.fr ou
téléphonez au 02 41 72 34 44
VI Conclusion
Le L.S.D. est
une substance hallucinogène dont l’utilisation mène à des déconvenues,
d’ordre psychiatrique, ou pires lors de la survenue des phénomènes
de flashback. Bien que sa toxicité propre soit mal connue, comme
pour d’autres hallucinogènes, des décès accidentels surviennent
en conséquence des circonstances de consommation. C’est une substance
très puissante qui sournoisement voisine les dérivés amphétaminiques
(dont l’ecstasy) dans les soirées et rave parties, et dont il convient
de se méfier au plus haut point.
M. SITBON et R. TROUVÉ
VII Bibliographie
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