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SOMMAIRE
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GLOSSAIRE GENERAL
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MESCALINE
- I Produits,
origines, propriétés générales
- II Historique
- III Propriétés
physiopharmacologiques
- IV Toxicologie
et effets adverses
- V Considérations
générales
- VI Conclusion
- VII Bibliographie
I Produits,
origines, propriétés générales
Tiré du Peyotl
(ou peyote), cactus mexicain référencé comme Lophora Williamsii
ou Anhalonium Lewinii, la mescaline est un hallucinogène de puissance
faible. Ce cactus ressemble a un caillou et peut être difficile
à trouver, sauf au moment de la floraison. Il est répandu dans le
sud-ouest des Etats-Unis et au Nord du Mexique, dans des endroits
secs et rocheux. La mescaline est principalement contenue dans les
excroissances du sommet du cactus dénommées « boutons de peyotl
».
La préparation
pour consommation est plus ou moins élaborée, les boutons pouvant
être directement ingérés. Sinon, les extrémités du cactus sont trempées
dans le méthanol pendant une journée, puis filtrées et acidifiés.
Après évaporation de l'alcool, la mescaline est extraite par du
chloroforme. Une méthode moins sophistiquée consiste à cuire le
peyotl dans un autocuiseur. Certaines préparations sont enveloppées
dans des capsules de gélatine. Le cactus contient en moyenne 6%
de mescaline. La molécule de mescaline a une structure voisine de
celle de l’amphétamine, et a servi de base à une famille de dérivés,
dont le plus connu est la MDMA.
II Historique
Le peyotl sert
depuis des siècles aux cérémonies religieuses des Indiens du Mexique.
Les extrémités de la plante ont été consommées par les chamans,
puis au début du 19ème siècle par les Apaches, les Kiowas et les
Commanches qui la mâchait au début de leurs rituels religieux. Ces
pratiques sont toujours en vigueur et ont été intégrées aux pratiques
chrétiennes. Les premières études pharmacologiques sur le peyotl
datent de 1888 et ont été menées par Lewin et Henning (1) puis par
Mitchell (2). La mescaline a été identifiée comme principe actif
majeur de la plante par un chercheur allemand en 1896 (3), mais
sa structure n’a été élucidée qu’en 1919. L’utilisation est peu
répandue, limitée, mais théoriquement interdite.
III Propriétés
physiopharmacologiques
La dose hallucinogène
semble être de 200 à 500 mg, ce qui, comparé à l’efficacité de quelques
dizaines de microgrammes de L.S.D., témoigne de la faible activité
de cette drogue.
Il existe peu
d'études du métabolisme de la mescaline. Les études sur volontaires
sains ayant reçus 350 mg IV ont montrées des niveaux plasmatiques
de 15 mg/l à 15 minutes déclinant à 2 mg/l après 2 heures. La demi-vie
est de l'ordre de 6 heures. La plus grande partie est éliminée par
les urines (4).
La mescaline
donnée à des volontaires sains produit une psychose proche de la
schizophrénie (5). Les changements du comportement au cours de l'intoxication
sont dus à une hyperactivité cérébrale produite par une action stimulante
sur la dopamine et la sérotonine (6).
Les symptômes
sont ceux de l'hyperstimulation sympathique : augmentation de la
pression artérielle, de la fréquence cardiaque et hyperthermie.
La drogue est généralement ingérée, mais peut, sous forme de poudre,
être injectée ou fumée. Son ingestion s’accompagne fréquemment de
nausées.
IV Toxicologie
et effets adverses
Aucun cas d'overdose
mortelle n’a jamais été rapporté, et les complications graves sont
exceptionnelles (7). Les accidents sont, comme pour les autres hallucinogènes,
la conséquence de l’état de conscience altérée des consommateurs.
La toxicité somatique de la mescaline est faible, et sans commune
mesure avec celles des composés de synthèse dérivés, dont la MDMA,
actuellement largement utilisés.
V Considérations
générales
La mescaline
et le peyotl sont dans nos sociétés européennes des sujets de curiosité
plus que d’inquiétude, et leur usage est resté ancré en Amérique
du Nord. Les hallucinations que provoque leur consommation doivent
rendre prudent, l’altération de l’état de conscience étant lui bien
réel. C’est a priori le seul danger auquel s’expose le consommateur.
Pour toute
observation ou question concernant ce texte ou la mescaline, envoyez
un message électronique à l’adresse suivante : toxidop@ibt.univ-angers.fr
ou téléphonez au 02 41 72 34 44.
VI Conclusion
La consommation
de mescaline n’est pas un problème en Europe, toutefois, les propriétés
hallucinogènes du produit se doivent d’être signalées et prises
en compte. De même, il est intéressant de constater que de cet hallucinogène
ont été dérivés des psychostimulants puissants.
M. SITBON et R. TROUVÉ
VII Bibliographie
- Lewin T.,
Henning. Anhalonium Lewinii. Therapeutic Gazette, 231-237, 1888.
- Mitchell
S. Remarks on the effects of Anhalonium Lewinii (the mescal button).
Br. Med. J. 2 : 1625-1629, 1896.
- Labarre Peyotl
and mescaline. Journal of Psychedelic Drugs, 11(1-2):33-9, 1979.
- Van Peteghem
C., Heyndrickx A. , Van Zele W. Pharmacokinetic parameters of
mescaline in rabbits. Eur. J.of Drug Metabolism & Pharmacokinetics,
7(1):1-3, 1982.
- Hermle L.
, Funfgeld M. et al. Mescaline-induced psychopathological, neuropsychological,
and neurometabolic effects in normal subjects: experimental psychosis
as a tool for psychiatric research. Biological Psychiatry, 32(11):976-91,
1992.
- Trulson
ME., Crisp T., Henderson LJ. Mescaline elicits behavioral effects
in cats by an action at both serotonin and dopamine receptors.
Eur. J.of Pharmacol., 96(1-2):151-4, 1983.
- Reynolds
PC., Jindrich EJ. A mescaline associated fatality. J.of Analyt.Toxicol.,
9(4):183-4, 1985.
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