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ABCDAIRE des drogues
 

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PSILOCYBINE

  • I Produits, origines, propriétés générales
  • II Historique
  • III Propriétés physiopharmacologiques
  • IV Toxicologie et effets adverses
  • V Considérations générales
  • VI Conclusion
  • VII Bibliographie

I Produits, origines, propriétés générales

La psilocybine est une substance hallucinogène contenue dans trois variétés de champignons, le Psilocyba, le Panelous et le Concybe. Ces variétés de champignons contenant de la psilocybine poussent à l'état sauvage dans le nord-ouest et le sud-est des États-Unis, en Amérique du sud, en Asie du sud-est et en Inde. De grandes quantités sont également cultivées illégalement. Certaines variétés sont également présentes aux Caraïbes et en Europe. La psilocybine est un dérivé du tryptophane (acide aminé précurseur de la sérotonine). Dans ces champignons est également présente une autre substance hallucinogène, la psilocine, un peu plus puissante que la psilocybine, mais chimiquement moins stable. En fait les deux composés participent pour moitié aux effets hallucinogènes.

L'identification du champignon est difficile et peut être dangereuse, car le psilocyba pousse avec un champignon vénéneux (Galerina autumnalis). Il en résulte des intoxications accidentelles. Le produit est généralement ingéré, soit en tant que champignon frais ou séché, soit injecté sous forme de poudre!

II Historique

Le "champignon magique" du Mexique et de l'Amérique centrale a, dans l'histoire des drogues, un passé plus ancien que toute autre plante dotée d'effets psychiques (opium excepté). Des sculptures de pierre datant de plus de 500 ans avant Jésus-Christ représentent des champignons psychotropes au Guatemala et au Mexique. Il a été rapporté l'usage de ces champignons par les Suédois dans leur guerre contre la Norvège au XVème siècle.

La molécule de psilocybine n'a été isolée et identifiée qu'en 1958 par Albert Hoffman, le chimiste qui avait synthétisé le L.S.D. Ce produit a été vendu quelques temps par Sandoz (1).

De nos jours, les espèces sauvages sont toujours recherchées, au risque des consommateurs, mais aussi cultivées. La vente des spores, la culture et la consommation des psilocybes sont interdites.

III Propriétés physiopharmacologiques

Le champignon Psilocybe Mexicana contient à la fois la psilocine et la psilocybine. Un gramme de champignon frais contient environ 10 mg de psilocybine. Dans l'organisme, la psilocybine est transformée en psilocine qui est en fait le seul principe actif (2). Peu d’études pharmacologiques ont été réalisées sur ce produit. La grande similitude entre la psilocine et la sérotonine peut expliquer ses propriétés pharmacologiques. Des symptômes, correspondant à une stimulation sympathique, apparaissent au cours de l’intoxication : hyperthermie, mal épileptique, mydriase, hyperrefléxivité (3).

La durée d'action est de 4 à 6 heures. Il n'existe aucune étude du métabolisme de la psilocybine chez l'homme. L'excrétion est rapide (8 heures), mais la drogue est détectable dans les urines pendant une semaine (4).

La psilocine en agissant sur le système nerveux central produit des hallucinations et un état de confusion mentale.

IV Toxicologie et effets adverses

La toxicité propre des psilocybes est mal connue et probablement faible. Les accidents nécessitant une hospitalisation sont souvent dus à la toxicité des champignons vénéneux associés.

En 83 a été publié un rapport du centre de contrôle des poisons concernant 318 cas d'intoxication aux USA (5). La prise en charge des sujets intoxiqués qui présentent tous mydriase et hyperreflexivité, est facile et sans complications (6).

L'usage est en augmentation mais la toxicité de la psilocybine est bien moindre que celle du L.S.D. (activité 100 fois moins grande. Toutefois, les revendeurs de psilocybine n’hésitent pas en période de pénurie à revendre du L.S.D. ou de la phencyclidine au lieu de psilocybine, ce qui mène évidemment à des effets tout autres. Les rares accidents mortels rapportés sont comme pour d’autres hallucinogènes plutôt liés à l’état de confusion mentale des victimes au moment de leur survenue.

V Considérations générales

La psilocybine et son dérivé actif la psilocine provoquent des hallucinations et des confusions mentales. La toxicité de ces produits est faible, mais mal connue. Comme pour le L.S.D., les accidents et incidents sont liés aux circonstances dans lesquelles la drogue est consommée et à l’état de confusion mentale des sujets.

Pour toute observation ou question concernant ce texte ou la psilocybine, envoyez un message électronique à l’adresse suivante : toxidop@ibt.univ-angers.fr ou téléphonez au 02 41 72 34 44.

VI Conclusion

La consommation de psilocybes est de plus en plus répandue. La toxicité directe des psilocybes est faible, mais le risque d’accident lié aux hallucinations n’est pas nul. Il faut également prendre en compte le risque de substitution par d’autres hallucinogènes plus dangereux lors des reventes (L.S.D.).
M. SITBON et R. TROUVÉ

VII Bibliographie

  1. Stafford P. Psychedelics encyclopedia, revised version. J.P. Tarcher, Inc, Los Angeles and Boston, 1982.
  2. Leikin J., Kranzt A. et al. Clinical features and management of intoxication due to hallucinogenic substances. Med. Toxicol. Adverse drug Exp. 4 (5): 324-350, 1989.
  3. Peden NR., Pringle SD. , Crooks J. The problem of psilocybin mushroom abuse. Human Toxicology. 1 (4): 417-24, 1982.
  4. Aboul-Enein H. Psilocybin: a pharmacological profile. Am. J. Pharm. 146:91-95, 1974.
  5. Francis J. , Murray V. Review of enquiries made to the NPIS concerning psilocybe mushroom ingestion, 1978-1981 Hum. Toxicol. 2: 349-352, 1983.
  6. Peden N., Macaulay K. et al. Clinical toxicology of « magic mushroom » ingestion. Postgraduate Med. J. 57: 543-545, 1981.