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L'EDITO
Les leçons du procès de la Seita

Raphaël StainvilleLe procès intenté à la Seita est riche d'enseignements. En reconnaissant la responsabilité partielle du fabricant de tabac dans la mort d'un fumeur, la justice engage indirectement la responsabilité de l'Etat. Dans le présent et l'avenir...

Pour ne pas s'être tenue à l'obligation qui lui est faite d'informer le consommateur sur le produit qu'il utilise, la Seita est aujourd'hui sur le banc des accusés. La Seita devait en effet informer le consommateur de la dangerosité de la cigarette. Ce qu'elle ne fit qu'à partir de 1976.

Cependant jeter l'opprobre au fabricant de tabac ne saurait nous faire oublier le rôle ambiguë de l'Etat qui dans les années 50-60 connaissait aussi bien que la Seita les risques encourus par les fumeurs de cigarette. Et pour cause ! il est était le propriétaire de la Seita. L'Etat apparaît donc doublement responsable au regard de la santé publique dont il est le garant, au regard du poison qu'il distille pour son plus grand bénéfice.

Aujourd'hui encore la position de l'Etat est sujette à caution. Actionnaire de la Seita à hauteur de 5%, il touche les dividendes de la vente de cigarettes. Dans le même temps, l'Etat accentue ses efforts en matière de prévention du tabagisme. L'équilibre est difficile. Difficilement explicable.

L'heure n'est pas encore au procès de l'Etat. Elle viendra peut-être si d'aventure l'Etat venait à dépénaliser le cannabis. En effet, maintenant qu'il est avéré que l'inhalation de la fumée de cannabis est au moins aussi cancérigène que la fumée de tabac qui prendra le risque de dépénaliser sa consommation sans prendre le risque d'être assis un jour au banc des accusés. Verrons-nous un jour les familles des victimes du cannabis se retourner contre l'Etat ? Cela est fort probable si l'Etat dépénalise. Cela l'est aussi si l'Etat n'informe pas des dangers du cannabis. C'est son devoir de gardien de la santé publique.

Raphaël Stainville



 

 

 

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Dominique Morin, ancien toxicomane, répond à vos questions.
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