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Le
procès intenté à la Seita est riche d'enseignements. En reconnaissant
la responsabilité partielle du fabricant de tabac dans la mort d'un
fumeur, la justice engage indirectement la responsabilité de l'Etat.
Dans le présent et l'avenir...
Pour ne pas
s'être tenue à l'obligation qui lui est faite d'informer le consommateur
sur le produit qu'il utilise, la Seita est aujourd'hui sur le banc
des accusés. La Seita devait en effet informer le consommateur de
la dangerosité de la cigarette. Ce qu'elle ne fit qu'à partir de
1976.
Cependant jeter
l'opprobre au fabricant de tabac ne saurait nous faire oublier le
rôle ambiguë de l'Etat qui dans les années 50-60 connaissait aussi
bien que la Seita les risques encourus par les fumeurs de cigarette.
Et pour cause ! il est était le propriétaire de la Seita. L'Etat
apparaît donc doublement responsable au regard de la santé publique
dont il est le garant, au regard du poison qu'il distille pour son
plus grand bénéfice.
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Aujourd'hui
encore la position de l'Etat est sujette à caution. Actionnaire
de la Seita à hauteur de 5%, il touche les dividendes de la vente
de cigarettes. Dans le même temps, l'Etat accentue ses efforts en
matière de prévention du tabagisme. L'équilibre est difficile. Difficilement
explicable.
L'heure n'est
pas encore au procès de l'Etat. Elle viendra peut-être si d'aventure
l'Etat venait à dépénaliser le cannabis. En effet, maintenant qu'il
est avéré que l'inhalation de la fumée de cannabis est au moins
aussi cancérigène que la fumée de tabac qui prendra le risque de
dépénaliser sa consommation sans prendre le risque d'être assis
un jour au banc des accusés. Verrons-nous un jour les familles des
victimes du cannabis se retourner contre l'Etat ? Cela est fort
probable si l'Etat dépénalise. Cela l'est aussi si l'Etat n'informe
pas des dangers du cannabis. C'est son devoir de gardien de la santé
publique.
Raphaël
Stainville


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