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Le tribunal administratif
de Paris a rejeté mardi 29 mai les requêtes déposées par quatre
malades, dont deux sont décédés, et le Mouvement de légalisation
contrôlée (MLC), qui souhaitaient importer du cannabis à des fins
thérapeutiques
En janvier 1998,
le Mouvement de légalisation contrôlée (MLC) avait demandé au ministère
de la Santé une autorisation d'importer de Suisse 10 kilos d'herbe
de cannabis en vue de soulager les douleurs de 10 personnes atteintes
de maladies incurables. En l'absence de réponse, l'association a
donc saisi six tribunaux administratifs, dont celui de Paris qui
devait se prononcer sur le refus d'importation et "le classement
du cannabis parmi les substances stupéfiantes dépourvues de toute
utilité thérapeutique". (Le delta-9-tétrahydrocannabinol, substance
psychoactive du cannabis, a été retiré de la pharmacopée française
en 1953. )
Par cette action,
le président du MLC, maître Francis Caballero, souhaitait "pouvoir
réaliser des expériences pour montrer que le cannabis soulage des
malades". Pleinement conscient que l'approbation du cannabis thérapeutique
pourrait être perçu comme "un cheval de Troie d'une demande de légalisation",
M. Caballero n'en vise pas moins à obtenir une légalisation contrôlée
du cannabis qui devrait bénéficier selon lui d'un "statut proche
du tabac ou de l'alcool".
A l'appui de
cette demande, on peut citer l'exemple britannique. En Grande-Bretagne,
le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), principe actif du cannabis,
n´est plus considéré comme une drogue de catégorie I (comme l'héroïne
ou la cocaïne) sans application thérapeutique mais a été reclassé
dans la catégorie II : substances à usage médical mais comportant
un risque élevé de dépendance.
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Alain Guedj,
le commissaire du gouvernement a pourtant demandé le rejet de ces
demandes, fondées sur l'article 31 de la Convention unique sur les
stupéfiants de l'ONU de 1961, qui autorise l'importation et l'exportation
de stupéfiants à condition qu'elles obéissent à des fins médicales
et scientifiques.
Car les bénéfices
du cannabis sont loin d'être clairement établis malgré les observations
ponctuelles relatées dans une presse non-spécialisée.
Quant aux effets sur les vomissements liés aux chimiothérapies,
Alain Guedj les trouve "mal évalués", les constatations sur les
propriétés antidépressives étant jugées pour leur part "totalement
empiriques".
M. Guedj a par
ailleurs relevé l'impossibilité pratique de pouvoir surveiller et
contrôler les essais cliniques de ces stupéfiants, un critère requis
par l'article 31 pour lever l'interdiction sur l'importation et
l'utilisation de stupéfiants. Il a également estimé "vaine" la remise
en question par le MLC de la compétence du ministère de la Santé
en matière de classification du cannabis au rang des stupéfiants.
Pour prolonger
le débat :
Cannabis
thérapeutique :
le point de vue du milieu hospitalier en France
Etats-Unis
: la Cour suprême dit non au
cannabis
médical
Damien
Meerman


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