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A l'occasion
des journées de l'Association nationale des intervenants en toxicomanie
à Chambéry, Bernard Kouchner, ministre délégué à la santé, a donné
le 8 juin sa vision de la politique de lutte contre la toxicomanie.
Dans son discours, il accumule les demi-vérités voire même les contre-vérités.
Nous avons retenu
5 citations, que nous avons commentées.
1° Selon
Bernard Kouchner, la politique de lutte contre la drogue commençe
à " porter ses fruits (…). La mortalité par surdose a considérablement
diminué depuis 1994 (564 décès cette année là contre 118 en
1999). "
En effet, il
y a de moins en moins d'overdoses. Mais ce qu'oublie de dire le
ministre, c'est qu'il y a de plus en plus d'accros à la méthadone
et au subutex. On a substitué la camisole chimique à l'héroïne mais
a-t-on vraiment réglé le problème ? Désormais les dealers sont en
blouses blanches et les shoots sont controlés médicalement. On arrête
pas le progrès…
(Lire : Le
scandale du Subutex)
2° Le
ministre a estimé que le débat actuel sur les raves parties entretenait
" une confusion avec la consommation de produits toxiques ". Il
affirme : " Je comprends la nécessité de la sécurité, mais il
se consomme autant de drogues sinon plus lors des matches de football
que dans les raves parties."
Entre consommer
de la bière et gober de l'ecstasy, il y a une différence non ? Bernard
Kouchner fait semblant de l'ignorer… Pourtant tous les médecins
savent que l'ecstasy est une drogue très dangereuse qui peut entraîner
des arrêts cardiaques, de mauvais "voyages" et des confusions mentales
pouvant conduire à l'hôpital psychiatrique. Arrêtons de diaboliser
l'alcool pour mieux relativiser la toxicité des autres drogues.
(Lire : Rave-parties
ou drogue-parties ?)
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3° Bernard
Kouchner souhaite "l'organisation d'un débat au Parlement
" afin que " l'on cesse de diaboliser les toxiques ".
Si l'issue du
débat est déjà connue et suggérée par le ministre,
à quoi bon débattre ? Tout est dit : il faut banaliser les toxiques.
Et Bernard Kouchner semble ignorer que cette banalisation existe
depuis bien longtemps. L'explosion de la consommation des drogues
chez les jeunes le montre. Mais il n'y a pas de fatalité
: elle est le résultat d'une politique laxiste des pouvoirs
publics depuis plus de 10 ans.
(Lire : Les
chiffres inquiétants de la banalisation du cannabis)
4° "
Je ne suis pas partisan de la dépénalisation mais favorable à
une réglementation ".
Il faut traduire
: " je suis favorable à une réglementation encadrant la consommation
de cannabis ". C'est déjà le cas de la Belgique et de la Hollande.
Le modèle hollandais ne cesse de fasciner Bernard Kouchner. Pourtant
les hollandais, comme les espagnols, ont déjà fait marche arrière
depuis quelques années en durcissant considérablement leur législation.
La tolérance, ça fait beaucoup de morts et ça coûte cher au contribuable
…
(Lire l'article
du Monde : Les clichés du
modèle hollandais sont dépassés et l'article du Figaro
L'Espagne nous ouvre les yeux)
5° "
Trop de gens sont encore en prison pour simple usage de drogue "
Propos mensongers et faussement alarmistes destinés à suciter l'indignation
contre les méchants adultes. Selon la législation française, l'usage
de cannabis, comme celui d'autres drogues, est passible d'une année
de prison. Mais depuis la circulaire d'Elisabeth Guigou adressée
aux procureurs en 1999, les gardes à vue ou mises en détention provisoire
pour usage ne peuvent concerner que des revendeurs ou des personnes
soupçonnées de trafic.
(Lire l'article
du Monde : la plupart des
consommateurs sortent libres des commissariats).
Pour prolonger
le débat : Les
déclarations de Kouchner sur le cannabis
Damien
Meerman


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