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L'EDITO

REPONSES AUX TRICHEURS DE LA DROGUE
Jean-Luc Maxence

Novembre 2001

Raphaël Stainville L'éloge du non-usage est le premier acte possible de la prévention des toxicomanies Il n'est ni plus noble, ni plus populaire que les autres actes à venir. Cependant surtout pour nos jeunes enfants, de huit à dix ans par exemple, c'est une première marche de prévention à surtout ne pas manquer. Avant la réduction des risques de la consommation des drogues, il y a l'éloge du risque de vivre sans drogue. Restaurons l'autorité, le bon sens, les repères et les limites, sans être aussitôt taxé d'extrémiste borné. Ne pas se droguer n'est pas être débile, devrait-on dire à nos enfants. C'est se droguer qui est ringard, retardataire, banal, bof, sans grand intérêt.

A ce degré de la prévention, il ne s'agit pas de mettre à la " Une " de la Presse l'usage des drogues, voire même leurs hypothétiques maîtrises, mais au contraire l'inutilité des drogues pour vivre heureux. Si j'aime le vertige, je peux l'éprouver autrement qu'en me droguant (varappe, par exemple). Si j'aime la vitesse, je peux éprouver les sensations qu'elle me procure on apprenant maîtriser ma moto ou en faisant du sport automobile. En substance, pour bien appréhender une stratégie préventive donnée, il s'agit d'énumérer les facteurs de risques des toxicomanies et de leur trouver en regard des parades et des pédagogies qui permettront de prémunir favorablement le sujet des drogues. (…)

Ce que nous souhaitons faire comprendre, ou plus modestement communiquer, c'est que le discours officiel de prévention des drogues qui est trop souvent celui actuellement de notre pays, semble trop axé sur l'idée d'une volonté publique de gestion sociale de la consommation de drogues. Tous ceux qui sont en lien direct avec la réalité des drames de la polytoxicomanie savent très bien, et entendent très bien, la juste révolte des parents qui en ont assez de trop de paroles lénifiantes de déresponsabilisation générale.

Ça n'est pas en, répétant que tout va bien, que tout va bien ! Madame Drogue (Nicole Maestracci) ne saurait être la Comtesse de Ségur.

Quand votre enfant vous dit que le cannabis n'est pas dangereux, preuve : il vient d'écouter et de voir, à ce sujet, une émission à la télévision durant laquelle le Ministre de la Santé, par exemple, minimise les dangers du haschich; que pouvez-vous lui répondre ? Quand vous avez trouvé dans les escaliers de votre immeuble, ou dans le square de votre quartier une shooteuse usagée, à quoi sert le bla-bla intellectuel, si vous craignez que votre enfant n'ait joué avec aiguille souillée ? Si votre fils, adolescent passe une nuit dans une rave-party improvisée et s'essaye à l'Ecstasy, sur fond de musique techno, qu'allez-vous faire ? Qu'allez-vous dire ? Comment le mettre en garde ? Le préserver ? (…)

Plus sûrement, un dehors des déclarations d'intention en France, il n'y a guère de politique cohérente de prévention de l'usage des drogues par les jeunes. Je ne dirai certes pas qu'il y a une absence de volonté politique, Dieu sait si elle existe, elle est même dévoreuse, à l'image de l'araignée et de sa toile... L'objectif est de quadriller la France de pseudo-centres de documentation ad hoc et bas-seuil, reliés à la MILDT centrale et chargés de rencontrer et documenter, selon les desiderata de l'Etat, dans chaque province, dans chaque département, le grand public, suivant une idéologie donnée, à savoir l'éternelle philosophie molle du : "droguez-vous, c'est un droit de l'homme, mais médiez-vous des effets de stupéfiants et de votre comportement addictif."…

Jean-Luc Maxence

Extraits de Réponse aux tricheurs de la drogue, Presses de Valmy, 2001, p.34 et 38-40

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Dominique Morin, ancien toxicomane, répond à vos questions.
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