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L'éloge du
non-usage est le premier acte possible de la prévention des
toxicomanies Il n'est ni plus noble, ni plus populaire que les autres
actes à venir. Cependant surtout pour nos jeunes enfants, de huit
à dix ans par exemple, c'est une première marche de prévention à
surtout ne pas manquer. Avant la réduction des risques de la
consommation des drogues, il y a l'éloge du risque de vivre sans
drogue. Restaurons l'autorité, le bon sens, les repères et les
limites, sans être aussitôt taxé d'extrémiste borné. Ne pas se droguer
n'est pas être débile, devrait-on dire à nos enfants. C'est se droguer
qui est ringard, retardataire, banal, bof, sans grand intérêt.
A ce degré de
la prévention, il ne s'agit pas de mettre à la " Une " de la Presse
l'usage des drogues, voire même leurs hypothétiques maîtrises, mais
au contraire l'inutilité des drogues pour vivre heureux.
Si j'aime le vertige, je peux l'éprouver autrement qu'en me droguant
(varappe, par exemple). Si j'aime la vitesse, je peux éprouver les
sensations qu'elle me procure on apprenant maîtriser ma moto ou
en faisant du sport automobile. En substance, pour bien appréhender
une stratégie préventive donnée, il s'agit d'énumérer les facteurs
de risques des toxicomanies et de leur trouver en regard des parades
et des pédagogies qui permettront de prémunir favorablement le sujet
des drogues. (…)
Ce que nous
souhaitons faire comprendre, ou plus modestement communiquer, c'est
que le discours officiel de prévention des drogues qui est trop
souvent celui actuellement de notre pays, semble trop axé sur l'idée
d'une volonté publique de gestion sociale de la consommation de
drogues. Tous ceux qui sont en lien direct avec la réalité des drames
de la polytoxicomanie savent très bien, et entendent très bien,
la juste révolte des parents qui en ont assez de trop de paroles
lénifiantes de déresponsabilisation générale.
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Ça n'est pas
en, répétant que tout va bien, que tout va bien ! Madame Drogue
(Nicole Maestracci) ne saurait être la Comtesse de Ségur.
Quand votre
enfant vous dit que le cannabis n'est pas dangereux, preuve : il
vient d'écouter et de voir, à ce sujet, une émission à la télévision
durant laquelle le Ministre de la Santé, par exemple, minimise les
dangers du haschich; que pouvez-vous lui répondre ? Quand vous avez
trouvé dans les escaliers de votre immeuble, ou dans le square de
votre quartier une shooteuse usagée, à quoi sert le bla-bla intellectuel,
si vous craignez que votre enfant n'ait joué avec aiguille souillée
? Si votre fils, adolescent passe une nuit dans une rave-party
improvisée et s'essaye à l'Ecstasy, sur fond de musique techno,
qu'allez-vous faire ? Qu'allez-vous dire ? Comment le mettre en
garde ? Le préserver ? (…)
Plus sûrement,
un dehors des déclarations d'intention en France, il n'y a guère
de politique cohérente de prévention de l'usage des drogues par
les jeunes. Je ne dirai certes pas qu'il y a une absence de
volonté politique, Dieu sait si elle existe, elle est même dévoreuse,
à l'image de l'araignée et de sa toile... L'objectif est de quadriller
la France de pseudo-centres de documentation ad hoc et bas-seuil,
reliés à la MILDT centrale et chargés de rencontrer et documenter,
selon les desiderata de l'Etat, dans chaque province, dans chaque
département, le grand public, suivant une idéologie donnée, à savoir
l'éternelle philosophie molle du : "droguez-vous, c'est un droit
de l'homme, mais médiez-vous des effets de stupéfiants et de votre
comportement addictif."…
Jean-Luc Maxence
Extraits de
Réponse aux tricheurs de la drogue, Presses de Valmy,
2001, p.34 et 38-40
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