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L'EDITO
Les prisons chimiques du gouvernement

Raphaël StainvilleL'unique centre de postcure de Normandie, le Bois des loges, qui ferme parce qu'il se montre trop " rigide " pour les toxicomanes, un ministre de l'Education nationale qui confesse publiquement avoir fumé du haschisch et qui se prononce pour de l'ecstasy de qualité, l'actualité, une fois encore, est stupéfiante.

Lang de bois

Après Dominique Voynet, voici Jack Lang, le nouveau ministre de l'Education nationale, qui reconnaît dans France Soir avoir fumé du haschisch dans sa jeunesse contribuant toujours davantage à banaliser l'usage de la drogue. Mais le ministre n'en reste pas à une simple confession, devenue banale dans les rangs de la gauche pétard. Il se prononce également pour le contrôle par des associations de la qualité de l'ecstasy dans les soirées " rave " : " Il ne faut pas que les jeunes se bousillent la santé par la prise de saloperies ! Tant qu'à prendre des drogues autant qu'elles soient testées. La santé des jeunes est à ce prix ."

Les propos de Jack Lang, outre qu'ils révèlent une absence totale de volonté de lutter contre le phénomène - car plutôt que de tester les drogues, il serait préférable de poursuivre les dealers et de faire intervenir la police lors des soirées " techno " -, manifestent une méconnaissance grave de la dangerosité des drogues. Une drogue reste une drogue. Que signifie ce discours ? " Il correspond tout simplement à un courant idéologique de libéralisation des drogues douces ", commente dans Le Figaro, Christian Janet, président de la fédération des parents d'élèves de l'enseignement public, la PEEP .

... et Bois des Loges

Dans le même temps, le seul centre de postcure de Normandie, le Bois des loges, est menacé de fermeture par la Ddass parce que celui-ci applique des méthodes thérapeutiques trop fermes. Les rapporteurs de la Ddass estiment " néfaste voire dangereux d'être pris en charge dans une telle structure ".

Il est vrai que d'interdire l'alcool dans un tel centre est proprement scandaleux ! Allons messieurs, un peu de sérieux. Comment voulez vous traiter et guérir des toxicomanes si vous mettez à leur dispositions tous les produits dont ils ont besoin pour maintenir leur dépendance et leur souffrance ? Ce centre, fort de ses vingt années d'expérience et de réussite sait pertinemment ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire pour aider un toxicomane.

Le Bois de loges n'est ni le premier centre de postcure ni le dernier visé par les directives de la Ddass et du gouvernement. Avant lui, la Croisée, l'Afalt, Grande écoute ont vu leurs subventions supprimées. A travers ces menaces de fermeture et ces fermetures bien réelles, c'est toute la politique de soin thérapeutique qui est en jeu. Le gouvernement est en train de bâtir des prisons chimiques et condamne, l'air de rien, les toxicomanes à la perpétuité. La substitution n'est pas autre chose, une camisole.

De nombreux professionnels se sont déjà élevés contre ce qui apparaît être un nouveau scandale, le scandale de la substitution où les intérêts pharmaceutiques et l'intérêt - la sécurité ? - de l'Etat l'emporte souvent sur la santé même des usagers. Il est temps que cesse la prescription automatique du Subutex en dépit des avis contradictoires qu'ont les professionnels sur ce produit, cette drogue. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, de la liberté des centres de postcure d'entreprendre des thérapies différentes pour soigner leurs malades, de la liberté qu'ils réclament pour leurs malades.

Raphaël Stainville

Lire aussi
- Lang préfère de l'ecstasy de qualité
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-
le scandale du Subutex



 

 

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Dominique Morin, ancien toxicomane, répond à vos questions.
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