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L'EDITO
Halte au marketing jeune et à l'ecstasy
septembre-octobre 2000

Raphaël Stainville Créée en 1998, à l'initiative de jack Lang et sur le modèle de la Love Parade de Berlin, la Techno Parade cette année " n'a pas joué le rôle-phare des années précédentes ", selon le quotidien Le Monde du 21 septembre 2000. Et le désengagement progressif des pouvoirs publics y est pour quelques chose. En effet, les subventions accordées ont été diminuées, le budget a été divisé par deux et la manifestation a été privée de son concert final. Il faut se réjouir de voir, une fois n'est pas coutume, que l'avertissement des spécialistes de la toxicomanie a été, au moins partiellement, entendu.

Les ravages de l'ecstasy

La Techno Parade, à l'instar de son modèle allemand, était devenue un gigantesque marché de l'ecstasy. Les pouvoirs publics semblent donc de plus en plus conscients des ravages que produit cette drogue de synthèse dérivée des amphétamines. On ne compte plus les cas de comas, convulsions, accidents vasculaires cérébraux et crise d'hyperthermie qui surviennent lors de ces rendez-vous " branchés " de la musique techno ou des milliers de petites pilules blanche ou jaunes circulent parmi les participants. L'an dernier à Berlin, on a compté deux morts par surdose et cet été, David, un étudiant nantais, a laissé sa vie dans une " free partie " à Montpellier (lire le témoignage).

Le phénomène des "raves"

On sait que la consommation de l'ecstasy est en constante augmentation depuis 10 ans. En France, 2 millions de cachets ont été saisis par les douanes en 1999. Or ce phénomène de mode est largement véhiculé par les raves ou " free parties " qui pullulent autour des festivals techno et qui s'auto-financent exclusivement par la vente d'ecstasy.
Malheureusement, ces rendez-vous sauvages sont le plus souvent tolérés par les forces de polices qui se contentent d'observer de loin ou de contrôler les participants à la sortie.

La "bienveillance" de Jack Lang

Le plus grave, dans cette affaire, c'est que le ministre de l'éducation, Jack Lang, loin de réclamer l'interdiction des raves, a récemment affirmé avoir "encouragé la présence d'associations dans les raves pour tester les produits"

et a ajouté : " Tant qu'à prendre des drogues autant qu'elles soient testées. La santé des jeunes est à ce prix " (lire l'article Lang préfère de l'ecstasy de qualité). Les parents qui ont des adolescents apprécieront.

Une drogue-piège

L'ecstasy est une drogue-piège, tout comme le cannabis, car elle a une image positive, festive, " cool ". De plus elle se consomme comme un simble bonbon et porte des noms qui invitent au rêve tels que " Super Mario", "Superman ", " Triple Five ", "Mercedes ", etc. Mais l'ecstasy est bien plus nocive que les stupéfiants naturels, car elle est neurotoxique, c'est-à-dire qu'elle provoque des lésions graves et irréversibles des cellules du cerveau, pouvant conduire à la mort violente (lire l'article du Quotidien du médecin en pdf).

Un cannabis "Tchernobyl"

Il ne faudrait pas relativiser pour autant la dangerosité du cannabis. D'après le professeur de pharmacologie Georges Lagier, " un adolescent peut faire aujourd'hui un bad trip avec un simple joint " car dit-il " les joints qui circulent actuellement (...) sont environ huit fois plus concentrés (que ceux de1968) " leur teneur en principe actif étant selon lui " ultra renforcée par une sélection génétique des plantes. " (lire aussi Cannabis : contrevérités dngereuses)

Halte au jeunisme

Soyons direct, le marketing jeune pratiqué par notre ministre de l'Education mais aussi par bien des personnalités du monde médiatique n'a que trop duré.
Il ne s'agit pas de montrer du doigt un courant musical, qui a son intérêt, et qui exprime la culture d'une génération. Il s'agit de dénoncer la bienveillance diffuse des autorités à l'égard de l'ecstasy comme du cannabis.

Damien Meerman

Lire aussi
- Certains consommateurs d'ecstasy
développent un syndrome proche
de la maladie de Parkinson
...
Par le professeur Renaud Trouvé



 

 

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Dominique Morin, ancien toxicomane, répond à vos questions.
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