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L'EDITO

Dépénaliser le cannabis?
Une révision de la loi de 1970 est à craindre.
Novembre-décembre 2000

Raphaël Stainville Un cannabis de plus en plus toxique

La toxicité du cannabis est déjà bien connue : ralentissement de l'intérêt intellectuel, troubles de la mémoire, effets toxiques (bien supérieurs au tabac) sur le système immunitaire et sur les fonctions respiratoires. Depuis 1976, le risque de stérilité lié à la consommation du cannabis est parfaitement démontré.

Par ailleurs, le THC, substance psycho-active du cannabis, est habituellement présent dans le cannabis en proportion de 1 à 6 %. Mais des manipulations génétiques récentes ont permis d'obtenir et de mettre sur le marché des variétés très enrichies en THC, allant de 20 à 40 % de THC (cannabis hollandais). Le cannabis est la drogue principale des adolescents, c'est une drogue festive, elle est donc la drogue-piège par excellence.

L'interdit et la transgression : faut-il lever les tabous?

Psychologiquement, l'interdit appelle naturellement la transgression. Cela est d'autant plus vrai dans une société de consommation qui manque cruellement de sens et d'idéal. Or l'argument le plus répandu en faveur de la dépénalisation consiste à dire : supprimons l'interdit pour supprimer la tentation. Légaliser, c'est stopper la consommation comme le trafic.

Certes, le cannabis n'est pas encore aussi nocif que d'autres drogues. Mais si demain le cannabis devenait légal, les adolescents iraient chercher la limite ailleurs, plus loin, par exemple dans les nouvelles drogues synthétiques les plus destructrices.

Le cannabis est aujourd'hui le seul domaine ou l'adolescent éprouve la loi et l'interdit. Or les interdits humanisent, ils sont nécessaires à la survie de l'humanité. Lever l'interdit du cannabis, ne supprimera pas le problème de la transgression, il ne fera que le reculer. Si on lève le tabou du cannabis, il en surgira d'autres, bien plus dangereux.

La loi n'est plus appliquée

Officiellement, la France s'en tient à "la fermeté dans le refus de la banalisation des drogues", comme le dit Jacques Chirac. La loi de 1970 est donc toujours en vigueur, qui refuse de faire la différence entre drogues dures et douces, et sanctionne consommateur et trafiquant.

Mais la réalité ne correspond plus à cette façade. On cherche partout à dédramatiser et à déculpabiliser. Les peines de prison prévues par la loi ne sont plus appliquées. Le besoin systématique de s'affanchir des tabous n'est-il pas surtout révélateur d'une mentalité perverse et infantile ? Il est interdit d'interdire disait-on en mai 68. Or, aujourd'hui, nos hommes politiques sont manifestement les héritiers de cette mentatlité. C'est pourquoi, à l'approche d'échéances électorales importantes, il faut s'attendre à voir refleurir le discours de la dépénalisation. A droite comme à gauche, la démagogie et le jeunisme vont faire leur grand retour.

Vigilance!

Soyons vigilants et manifestons notre détermination : la drogue doit être combattue sans concession et par tous les moyens. Le risque sanitaire est trop grand pour laisser dépénaliser le cannabis et pour accepter la complicité des pouvoirs publics avec cette drogue comme avec toutes les drogues.

Damien Meerman

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DISCUSSION

Dominique Morin, ancien toxicomane, répond à vos questions.
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