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Un grand quotidien
national (le Figaro) a publié le 26 décembre un article
sur le rôle joué par Internet dans l'information sur
les drogues. L'auteur de l'article s'inquiète de l'apologie
illicite des drogues menée par de nombreux sites qui se présentent
comme de véritables guides pratiques de la culture et de
la consommation de cannabis. Il est encore trop tôt pour connaître
l'impact de ce prosélytisme au sein de la jeunesse, habituée
à surfer sur le web.
Cependant l'auteur
constate l'ampleur que prend en France la consommation de cannabis.
Selon une étude récente menée par l'Observatoire
français des drogues et toxicomanies (OFDT), un tiers des jeunes
français ont déjà expérimenté le cannabis. Parmi ceux-ci, la moitié
en consomme régulièrement (10 fois et plus au cours des 12 derniers
mois).
L'apologie des
drogues sur le net ne peut donc qu'amplifier un tel phénomène.
Et si la traque des réseaux pédophiles et néo-nazis
sur le net est une bonne chose, on est en droit d'attendre la même
détermination concernant les réseaux de la drogue.
Deux approches
différentes de la prévention
Parmi les site
consacrés à la prévention, l'article du Figaro
signale l'existence de deux sites proposant des approches différentes,
voire opposées de la question. Il s'agit du site gouvernemental
de la Mildt, d'une part, et du site drogue-danger-debat, d'autre
part (quel honneur !). Que dit l'article ? En voici un extrait :
"La
Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie (MILDT)
passe à l'offensive sur le Net. Alors que vient d'être lancé le
second volet de sa campagne " Drogues savoir plus risquer moins
", comprenant plusieurs spots télévisuels ainsi qu'une brochure
en vente dans les kiosques, son site Internet (www.drogue.gouv.fr)
s'étaye. Au programme une masse d'informations considérable sur
les différentes drogues, leurs usages et les dépendances qu'elles
provoquent.
Le Net vecteur
d'une information préventive et dissuasive ? Tout un chacun aimerait
y croire. Aujourd'hui, certains estiment qu'il sert davantage les
dealers " branchés ", qui profitent des failles juridiques internationales,
que leurs victimes. Fort heureusement, passer à l'acte n'est pas
chose simple. Les sites qui se livrent à de tels trafics changent
fréquemment d'adresse, ou se cachent derrière d'autres sites faisant
office d'écrans.
Pour
certains, comme les éditeurs du site de l'association Drogue-danger-débat
(www.drogue-danger-debat.org ), la question est loin d'être réglée.
Cette dernière, pour qui le débat se situe en amont, s'insurge contre
la campagne actuellement menée par le gouvernement à travers son
espace web. Elle lui reproche le fatalisme de son approche."
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Maîtriser
la consommation ?
En guise de
commentaire, ajoutons quelques précisions. Le fatalisme que
nous refusons est celui qui renonce à une politique d'éradication
des drogues. Or
la Mildt entend avant tout " dédramatiser " la consommation
des drogues : ni répression, ni prévention mais information.
Partant du constat qu' " une société sans drogue ça n'existe
pas ", elle se propose d'apprendre aux jeunes à " maîtriser
" des consommations théoriquement interdites.
Il y a quelques
années, on avait inventé la distinction drogues douces - drogues
dures pour une meilleure acceptation sociale du cannabis. Aujourd'hui
la propagande officielle va plus loin puisqu'elle incite implicitement
à la consommation en faisant miroiter la possibilité d'une toxicomanie
maîtrisée, responsable et adulte. On appelle cela : "politique
de réduction des risques" mais il s'agit, en clair, d'un tremplin
vers la dépénalisation.
Bâtir
un monde sans drogue
A l'inverse,
nous affirmons que le combat contre la drogue, loin d'être
perdu, n'a pas encore eu lieu, faute de réelle volonté
politique. Nous pensons que les études scientifiques qui
démontrent depuis longtemps la dangerosité des drogues
dites "douces" n'ont pas été prises en compte
par les responsable politiques.
En juin 1998,
le directeur du programme des Nations unies pour le contrôle international
des drogues (PNUCID, chargé de financer les programmes anti-drogue),
Pino Arlaccchi, déclarait devant les représentants des 185 Etats
membres : " Un monde sans drogue, c'est possible (...) A la veille
du nouveau millénaire, nous avons la possibilité sans précédant
de bâtir un monde sans drogue : nous avons une base économique de
connaissances et d'expertises, de nouvelles technologies sophistiquées,
et la volonté unie des gouvernements du monde. " Et il ajoutait
: " la notion que la consommation de drogues est une sorte de
droit de l'homme est immorale "
Le phénomène
de la toxicomanie n'est pas une fatalité à gérer, mais un fléau
qui dégrade la personne humaine et qui nécessite qu'on lui
oppose non seulement des instruments, des programmes et des structures,
mais surtout une volonté politique forte, exprimée sans ambiguité.
Damien
Meerman
Lire
aussi les propos de David Douillet qui affirme : "la marche
arrière est envisageable"


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