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L'EDITO

Les chiffres inquiétants de la banalisation du cannabis
Février 2001

Raphaël Stainville Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Marie-George Buffet, a estimé lundi 5 février à Besançon que la consommation du cannabis ainsi que d'autres produits psychoactifs était trop "banalisée" chez les jeunes.

Une enquête a en effet été publiée début février par la MILDT (mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) et l'OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) sur la consommation du cannabis, du tabac ou de l'alcool pour les jeunes de 17 à 19 ans. Cette enquête a été effectuée lors de la Journée d'appel de préparation à la défense, en mai 2000, auprès de 14 000 jeunes. Elle révèle qu'à 17 ans, un garçon sur deux disent avoir goûté du haschisch. Deux ans plus tard, 60 % en ont pris au moins une fois. Par ailleurs, près d'un garçon de 19 ans sur six (16 %) déclare consommer " quasi quotidiennement du cannabis ". Enfin, selon cette enquête, 24 % des garçons et 13 % des filles font un usage répété du cannabis " (au moins 10 fois par an)

" On n'a pas assez maintenu les campagnes de prévention, on a trop laissé se banaliser chez les jeunes la consommation de produits les mettant en état de dépendance ", a observé le ministre de la Jeunesse et des Sports lors d'un point-presse à l'issue d'une rencontre avec les membres du conseil départemental de la jeunesse et diverses associations.

" Il faut maintenir l'interdit, c'est-à-dire l'alerte sur le fait que ce type de consommation les prive quelque part de leur liberté ", a-t-elle conclu.

Le 6 février, le Dr Bernard Accoyer, député RPR de Haute-Savoie, a interpellé Mme Gillot, alors secrétaire d'Etat à la santé, sur les " effets déplorables ", selon lui, de la politique de la Mission interministérielle de lutte contre drogue et la toxicomanie (Mildt). Mme Gillot lui a répliqué que la voie choisie par la Belgique " n'est pas du tout celle que la France a décidé de suivre ".
Pourtant, de son côté, Nicole Maestracci, présidente de la Mildt affirme " Nous sommes dans la même logique que les Belges " tout en indiquant que " la loi peut évoluer ". Qui doit-on croire ? Que faut-il penser ?

Le gouvernement belge avait annoncé, le 18 janvier, sa décision de dépénaliser le cannabis. Mais le 31 janvier, le ministre de l'enseignement secondaire, Pierre Hazette, publiait une circulaire pour rappeler que l'usage du cannabis restait strictement interdit dans les écoles, les manquements pouvant être l'objet de mesures disciplinaires. Devant tant de confusions, il n'est pas sûr que ce dernier discours soit correctement perçu. Certains spécialistes craignent que l'aspect permissif de la dépénalisation soit seul retenu par la jeunesse (les élèves multipliant les demandes pour être désormais autorisés à " fumer leur joint "), et qu'une partie de la population adulte qui était engagée jusque-là dans la prévention soit complètement démobilisée.

Damien Meerman



 

 

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Dominique Morin, ancien toxicomane, répond à vos questions.
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