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Le ministre de
la Jeunesse et des Sports, Marie-George Buffet, a estimé lundi 5
février à Besançon que la consommation du cannabis ainsi que d'autres
produits psychoactifs était trop "banalisée" chez les jeunes.
Une enquête
a en effet été publiée début février par la MILDT (mission interministérielle
de lutte contre la drogue et la toxicomanie) et l'OFDT (Observatoire
français des drogues et des toxicomanies) sur la consommation du
cannabis, du tabac ou de l'alcool pour les jeunes de 17 à 19 ans.
Cette enquête a été effectuée lors de la Journée d'appel de préparation
à la défense, en mai 2000, auprès de 14 000 jeunes. Elle révèle
qu'à 17 ans, un garçon sur deux disent avoir goûté du haschisch.
Deux ans plus tard, 60 % en ont pris au moins une fois. Par ailleurs,
près d'un garçon de 19 ans sur six (16 %) déclare consommer " quasi
quotidiennement du cannabis ". Enfin, selon cette enquête, 24 %
des garçons et 13 % des filles font un usage répété du cannabis
" (au moins 10 fois par an)
" On n'a
pas assez maintenu les campagnes de prévention, on a trop laissé
se banaliser chez les jeunes la consommation de produits les mettant
en état de dépendance ", a observé le ministre de la Jeunesse
et des Sports lors d'un point-presse à l'issue d'une rencontre avec
les membres du conseil départemental de la jeunesse et diverses
associations.
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" Il faut
maintenir l'interdit, c'est-à-dire l'alerte sur le fait que ce type
de consommation les prive quelque part de leur liberté ", a-t-elle
conclu.
Le 6 février,
le Dr Bernard Accoyer, député RPR de Haute-Savoie, a interpellé
Mme Gillot, alors secrétaire d'Etat à la santé, sur les " effets
déplorables ", selon lui, de la politique de la Mission interministérielle
de lutte contre drogue et la toxicomanie (Mildt). Mme Gillot lui
a répliqué que la voie choisie par la Belgique " n'est pas du
tout celle que la France a décidé de suivre ".
Pourtant,
de son côté, Nicole Maestracci, présidente de la Mildt affirme "
Nous sommes dans la même logique que les Belges " tout en
indiquant que " la loi peut évoluer ". Qui doit-on croire ? Que
faut-il penser ?
Le gouvernement
belge avait annoncé, le 18 janvier, sa décision de dépénaliser le
cannabis. Mais le 31 janvier, le ministre de l'enseignement secondaire,
Pierre Hazette, publiait une circulaire pour rappeler que l'usage
du cannabis restait strictement interdit dans les écoles, les manquements
pouvant être l'objet de mesures disciplinaires. Devant tant de confusions,
il n'est pas sûr que ce dernier discours soit correctement perçu.
Certains spécialistes craignent que l'aspect permissif de la dépénalisation
soit seul retenu par la jeunesse (les élèves multipliant les demandes
pour être désormais autorisés à " fumer leur joint "), et qu'une
partie de la population adulte qui était engagée jusque-là dans
la prévention soit complètement démobilisée.
Damien
Meerman


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