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Les anxiolytiques peuvent favoriser un passage à l'acte suicidaire
AFP, 1er février 2000
Après la tuerie de Nanterre, faut-il mettre en cause la consommation excessive de médicaments ?
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Les benzodiazépines, qui constituent l'essentiel des médicaments utilisés comme anxiolytiques et antidépresseurs, devront désormais porter une mise en garde contre le suicide, cette substance pouvant favoriser un passage à l'acte.
"Les benzodiazépines et produits apparentés ne doivent pas être utilisés seuls pour traiter la dépression, ou l'anxiété associée à la dépression, dans la mesure où elles peuvent favoriser un passage à l'acte suicidaire. Les benzodiazépines ne constituent pas le traitement principal des troubles psychotiques", indiquent les précautions d'emploi qui vont être jointes à ces médicaments.
Cette mesure a été annoncée dans une lettre de la secrétaire d'Etat à la Santé Dominique Gillot à l'Association d'aide aux victimes des accidents des médicaments (AAA-VAM), qui mène campagne contre les dangers de ces médicaments.
Selon cette association, qui cite une étude publiée en octobre 1999
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dans les Annales de la psychiatrie, une baisse de 25% de la prescription de ces médicaments, remplacés par une forte augmentation des prescriptions d'antidépresseurs et d'un meilleur suivi des malades dépressifs, permettrait de réduire de 60% le nombre de suicides.
Douze mille personnes se suicident chaque année en France, chiffre auquel il faut ajouter 20% de cas "dissimulés", par exemple de personnes qui se jettent sous une voiture et dont la mort est comptabilisée dans les accidents de la circulation.
"Les anxiolytiques favorisent le passage à l'acte en désinhibant la peur", a précisé à l'AFP le président de l'association Georges Alexandre Imbert. "Beaucoup de tueries familiales, d'accidents de la circulation, d'actes de violence en général, notamment dans les lycées, sont favorisés par la prescription de ces drogues légales qui, dans certains endroits, atteignent 25% de la population", selon M. Imbert.
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à voire aussi sur ce sujet |
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| La France du suicide, par le Pr Michel Debout
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Quatrième de couverture
Le suicide, inscrit dans l'histoire des hommes depuis le commencement de l'humanité, a toujours dérangé : il questionne le sens de la vie, de la relation aux autres et il interroge la médecine. Comme médecin légiste, j'ai pris en charge de nombreux corps de suicidés et rencontré les familles endeuillées ; comme psychiatre en service d'urgences, j'ai parlé à beaucoup de ceux qui survivent à leur acte ; je me suis convaincu que le suicide est la marque du désarroi souvent extrême et non celle de la liberté. C'est pourquoi je milite pour la prévention du suicide, de façon à regarder en face ce geste humain, veiller à le transformer ni en acte héroïque ni en comportement honteux, et aider ceux qui sont tentés par lui à trouver un autre chemin que celui de la mort. C'est très souvent parce que la personne est restée silencieuse dans son désespoir qu'elle passe à l'acte, prenant le risque d'en mourir, et c'est pour cela que, s'il est difficile de parler du suicide, il est toujours plus douloureux de se taire. On recense en France chaque année 12 000 décès par suicide.
Psychiatre, Michel Debout est professeur de médecine légale au CHU de Saint-Étienne. Spécialiste des violences, il est vice-président de la section du Travail au Conseil économique et social. Outre ses travaux sur le suicide, il est l'auteur de rapports sur le harcèlement moral au travail et les maltraitances à personnes âgées.
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