Le cannabis est à l’ordre du jour. Ses vertus thérapeutiques sont chantées çà et là, cependant que ses effets indésirables n’apparaissent pas pour autant négligeables, loin s’en faut. A cet égard, il semble que l’abus de cette substance hallucinogène puisse être à l’origine de symptômes dépressifs.
C’est ce que suggère une étude épidémiologique débutée en 1980, dans laquelle ont été inclus 1920 participants. Il s’agit de l’étude ECA (Epidemiologic Catchment Area) réalisée à Baltimore, laquelle a comporté plusieurs évaluations, dont l’une effectuée entre 1994 et 1996. L’analyse s’est focalisée sur deux cohortes : 1) absence de troubles dépressifs à l’état basal (n=849) ; 2) absence d’exposition au cannabis à l’état basal (n=1837). Les troubles dépressifs, l’abus de cannabis et les autres désordres psychiatriques ont été évalués lors du suivi, dans le cadre d’une interview diagnostique structurée. Par rapport aux participants qui n’étaient pas déprimés à
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l’état basal, la consommation abusive de cannabis, là aussi à l’état basal, multiplie par 4 le risque de symptômes dépressifs détectés lors du suivi longitudinal, ceci après ajustement selon l’âge, le sexe, les conduites antisociales et d’autres covariables basales. Ces sujets qui abusent du cannabis sont plus fréquemment victimes d’idées suicidaires et d’anhédonie que les autres. En l’absence d’exposition à cette drogue à l’état basal, les symptômes dépressifs constatés au même moment ne sont en rien corrélés à sa consommation ultérieure. Cette étude longitudinale suggère que l’exposition au cannabis prédispose nettement aux troubles dépressifs, mais il reste à déterminer les caractéristiques individuelles qui les favorisent et à estimer les conséquences de ces manifestations dépressives, en termes de morbidité, voire de mortalité.
Dr Giovanni AlzatoBovasso
“cannabis abuse as a risk factor for depressive symptoms.” Am J Pschiatry 2001; 158: 2033-2037. |
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