Y aurait-il des dérives dans la prise de Subutex ? Un médecin, le Dr Jean-Jacques Sibiresse, un professeur de santé publique, Xavier Lecoutour, du CHU de Caen, et un pharmacien de Caen, Franck Lepargneur, ont alerté le conseil de l'Ordre des médecins et l'Agence française sanitaire des produits de santé.
Généraliste et responsable d'un centre de soins pour l'alcoolisme, le Dr Sibiresse a en effet constaté que certains de ses patients devenaient "accros" à un morphinique distribué par les médecins. « L'utilisation du Subutex, qui doit être pris par voie buccale, est détournée, explique le praticien. Des gens se l'injectent en faisant fondre au
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préalable les comprimés et on sait que les choses se sont beaucoup aggravées depuis dix-huit mois. »
De plus, toujours selon ce médecin, le produit, destiné à être prescrit exclusivement aux toxicomanes à l'héroïne, ce qui représente un nombre relativement limité de personnes, a en fait vu sa consommation augmenter de 18,4 % dans le Calvados et de 26 % en France au cours de l'année 2000. Jean-Jacques Sibiresse dénonce le manque de suivi des patients traités par Subutex, alors qu'un protocole a été mis en place pour les toxicomanes substitués par méthadone.
Il réclame que des mesures soient prises en ce sens par les autorités de santé.
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