1)
Je souhaiterais réagir à l’article de Thierry Kubler, «La fosse aux lions », paru dans La Recherche n°362, mars 2003, p. 33. Dépersonnalisation, délire, symptômes psychotiques... la pathologie de nombreux jeunes consommateurs de cannabis est si grave qu’il conviendrait que la dangerosité du cannabis sorte enfin du prisme du débat idéologique. Que l’on cesse donc de continuer à contempler le débat passionnel qui a divisé la droite et la gauche, et qui... opposerait encore un establishment borné (de droite nécessairement) à «l’élite de la communauté scientifique rompue au démasquage des conclusions hâtives» (de gauche bien sûr). Car, pendant cette même période, au motif de la liberté d’expérimentation de la jeunesse, combien de milliers d’adolescents ont, pendant des années et dans l’indifférence générale, durablement ruiné leur santé mentale et sociale par la consommation de cannabis?
Cécile Beaumanzon, Paris
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2)
Qu’il soit nécessaire d’approfondir nos connaissances sur le cannabis, éventuellement à des fins thérapeutiques, est une chose. Mais il faut nous garder, comme trop souvent, de demander à la science de trancher un débat qui n’est pas du domaine scientifique mais de celui de l’éthique. En tant que médecin et père de famille, je pense que le cannabis doit rester interdit pour deux raisons.
D’abord, il s’agit d’une substance psychotrope, aux effets délétères décrits dans votre dossier. Ensuite, le pic d’âge de consommation se situe à l’adolescence.
Le discours libéralisateur de «quadras » bien insérés socialement, entendu à longueur de temps dans les médias, est exaspérant et irresponsable: les adultes sont libres de s’enivrer ou de se «déconnecter» s’ils en ont envie, mais ne demandons pas à la société de légaliser ce modèle de comportement.
Primario Vergara, médecin, La Rochelle (Charente Madtime)
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