|
|
 |
 |
Les idéologues :
Pour eux, fumer du cannabis est un droit de l'homme. Au nom de la liberté, ils se battent pour la dépénalisation de la consommation des drogues. Les libéraux comme Alain Madelin côtoient les sociaux-libertaires comme Daniel Cohn-Bendit, les verts fumants comme Dominique Voynet. La dépénalisation n'est pas seulement une revendication de liberté, mais également une aspiration écologique.
|
 |
 |
 |
|
 |
 |
 |
Les chantres de la dépénalisation sont moins des politiques que des professionnels de l'activisme. Autour d'une vieille garde constituée des signataires de l' " Appel du 18 joint 1976 ", on retrouve l'ACCS, ACT UP, AIDES, ASUD, Chiche, le CIRC de Jean-Pierre Galland, Combat face au sida, CORA, l'Eléphant rose, le MLC de Francis Caballero, le Réseau Voltaire, Techno Plus. La génération de mai 68 fait de la résistance.
Le CIRC
Le Collectif d'Information et de Recherche Cannabique est sans contexte le plus actif. Il multiplie les actions médiatiques parmi lesquelles figure l'envoi de 577 joints aux députés. Son président, le député vert Jean-Pierre Galland, a été assigné en justice par onze députés de droite . Il plaida coupable, pensant pouvoir faire le procès de " cette loi absurde qui empêche tout débat en France ". Cela n'a pas été le cas. Mais il a cependant reçu le soutien d'une dizaine de députés de la gauche plurielle, dont Jean Glavany, alors vice-président du P.S. à l'Assemblée nationale et aujourd'hui ministre de l'agriculture. (L'Express, 26/03/98) Le Circ possède son site Internet : http://www.circ-asso.org
ACT UP
L'association Act up n'est pas en reste. Elle a distribué le 14 septembre 1997, un tract intitulé " j'aime l'ecstasy " pour répondre à la fermeture de cinq boîtes de nuit parisiennes. Le 25 février 1998, jour du procès de son président, Act Up Paris a lancé une pétition signée par 111 personnalités du monde culturel et intellectuel. Ceux-ci reconnaissaient publiquement avoir usé de drogues. Ils réclamaient l'abrogation de la loi de 1970. Dans le même temps, Jack Lang apportait son soutien au président d'Act Up, Philippe Mangeot en précisant qu' " en transformant en délit l'aveu de la consommation de drogues, notre société étouffe la liberté d'opinion et surtout empêche tout débat sur un sujet si grave qui ruine la santé de nombreux citoyens ". ( Revue Politis du 5/03/98 ) De la liberté d'opinion à la liberté de se droguer, il n'y a qu'un pas. Act up Paris possède un site : http://www.actupp.org
Le MLC
Le Mouvement de la Légalisation Contrôlée, centralise les initiatives médico-judiciaires, à l'instigation de Me Francis Caballero, professeur de droit à Nanterre et avocat des associations anti-tabac. Il est à l'origine de la notion de " droit à la drogue ". Son président, Francis Caballero, défend le principe " du commerce sous monopole d'Etat des substances stupéfiantes " ( le Monde du 13/1/98 ). Son ambition est de faire " durcir le droit des drogues licites "substance considérée comme plus dangereuse que le cannabis" pour adoucir celui des drogues illicites ". (Le Monde 17/06/93). Le rapport Recours (Le Monde du 13/10/99) qui propose d'interdire la vente de tabac au moins de seize ans représente à ce titre une première victoire du MLC. Pour tout connaître sur le MLC, le site d'information www.lorgane.com assure la publicité de ce mouvement. (http://www.lorgane.com/mlc.html)
LES RELAIS
Soutenus par une presse souvent complaisante à leur égard, les partisans de la dépénalisation bénéficient de tribunes régulières dans le Monde, Libération. Ainsi en mai 1998, le Monde médiatise "l'appel des 111" au droit de se droguer et ignore la réponse du CNID intitulée " Drogue, nous ne capitulerons pas " forte de 700 000 signatures. L'Expansion, le périodique économique, est un instrument de cette propagande antiprohibionniste. Pour lui, la dépénalisation serait essentiellement dirigée contre les trafiquants comme le montre un article intitulé " Et si on légalisait le cannabis " (n°577)
Sur Internet, la majeure partie des sites consacrés à la drogue présente son usage sous un jour favorable. Internet qui échappe aux règles du droit commun est un lieu privilégié de propagande. Mais à cette propagande s'ajoute une dimension commerciale. Internet est devenu une foire des bonnes adresses, des bons " plants ". Aussi peut-on trouver des adresses pour acheter des graines, cultiver et préparer des recettes à base de cannabis. Un moteur de recherche exclusivement consacré au cannabis existe : Yahooka, sous-titré " le guide de la marijuana sur l'Internet ".
Des maisons d'édition assurent la publication et le commerce d'ouvrages relatifs aux drogues. En France, elles sont au nombre de trois : ce sont les Editions du Lézard, les éditions Dogorno et L'Esprit frappeur qui appartiennent à Michel Sitbon, " l'empereur français du porno ", par ailleurs trésorier du Réseau Voltaire. Elles entendent offrir " une information qui rompe avec l'hystérie et le dogmatisme ambiants ". Ils tentent d'apporter " un éclairage original, que ce soit d'un point de vue botanique, scientifique, historique, politique, sociologique ou ludique... " Loin d'une timide et discrète diffusion sous le manteau, leurs livres bénéficient de nombreux points de vente dont fait partie la FNAC, " agitateur public n°1 ".
LA LISTE DES SIGNATAIRES DU NOUVEL APPEL DU "18 joint", trente ans après
Act Up: "Nous demandons depuis longtemps l'abrogation de la loi de 1970. Dans une optique plus large que la seule dépénalisation, nous réclamons la refonte totale du système de prohibition qui n'est pertinent ni en terme de trafic ni en terme de santé publique. De plus, en tant qu'association qui s'occupe de personnes atteintes du sida, nous déplorons qu'en France le cannabis thérapeutique, qui soulage les malades, leur redonne un peu d'appétit et un peu de joie de vivre soit complètement ignoré. Les systèmes d'expérimentation thérapeutique mis en œuvre à travers le monde sont une belle illustration de l'absurdité de la prohibition et de la logique répressive françaises."
Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR : "La répression n’est pas la bonne méthode pour aborder la question du cannabis. Je constate que sa consommation s’est largement répandue dans la jeunesse et au-delà, pour des raisons diverses, et nous sommes en présence d’un phénomène culturel qu’il faut traiter comme tel. D’ailleurs quand son usage relève de conduites addictives c’est un problème de santé publique qui implique un accompagnement, un suivi et non de la répression. Répression qui frappe les petits consommateurs et non les grands réseaux de trafiquants. En soi, le cannabis n’est pas plus nocif que d’autres produits qui sont légalisés et en vente libre comme le tabac et l’alcool. Mais, en l’occurrence, les intérêts économiques en jeu ne sont pas les mêmes. Comme la période de la prohibition l’a montré en son temps aux Etats-Unis, l’interdiction ne supprime pas le phénomène. Bien au contraire, il crée un appel d’air pour une économie parallèle qui mobilise beaucoup d’argent, met les consommateurs sous la pression de prix qui augmentent sans cesse, génère de la délinquance pour s’approprier des marchés, se procurer de l’argent. Il faut sortir de la spirale interdiction-répression. C’est pourquoi je suis favorable à la légalisation du cannabis. C’est le sens de ma signature."
Jean-Pierre Bouyxou, écrivain : "J’aime le cannabis comme j’aime l’alcool, comme j’aime le sexe. Je veux pouvoir fumer un joint, boire un godet ou faire l’amour quand j’en ai envie, librement.
Cela s’appelle le droit au plaisir, le droit à l’ivresse, le droit à l’euphorie, le droit au bonheur.
Ah ! j’oubliais de préciser : je ne conduis pas. La bagnole étant beaucoup plus dangereuse et beaucoup plus nocive que le shit, j’ai choisi. Je ne risque donc pas davantage de provoquer un accident, quand je grille un pétard ou bois un litron, que je ne risque de violer une petite fille puis de la découper en rondelles lorsque je baise ma femme."
Pierre Cattan, rédacteur en chef de TOC : "J'ai moi-même trente ans, l'âge de l'appel, et je fume occasionnellement du cannabis. Je trouve l'absence totale d'une politique de prévention sanitaire scandaleuse. La dépénalisation entraînerait une décriminalisation, notamment au niveau de la vente, et de fait une réelle politique de santé publique qui fait actuellement défaut."
Renaud Colson, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’Université de Nantes, a dirigé l'ouvrage collectif "La prohibition des drogues : regards croisés sur un interdit juridique" (Presses universitaires de Rennes, 2005) : "En punissant d'un an d'emprisonnement l'usage solitaire par une personne majeure, à son domicile privé, d’une substance absorbée volontairement, l’article 3421-1 du Code de la santé publique porte atteinte à la liberté fondamentale de faire "tout ce qui ne nuit pas à autrui" (Art. 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen) et au principe selon lequel "la loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires" (Art. 8 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen). Violant notre Constitution, l’article 3421-1 du Code de la santé publique doit être abrogé."
Anne Coppel, présidente de l'Association française de prévention des risques : "Je pense que, malheureusement, cet appel est d'une grande actualité. Quand l'on voit que 10% des activités des services de police sont consacrées à pourchasser les fumeurs de cannabis, on se dit vraiment que cette loi est totalement absurde."
Corbier, chanteur : "Je ne bois pas, je ne sniffe pas, je ne me pique pas et je ne fume pas. Même pas les trucs vendus par la Régie. Si j'ai signé c'est pour la dépénalisation, pas pour qu'on se jette sur le cannabis. Je considère qu'il est ridicule de fumer du cannabis, mais encore plus de pénaliser l'utilisateur. Les caisses de l'état son vides, mais les prisons sont pleines. Il semblerait que 200 personnes meurent sur la route chaque année à cause de cette plante. Combien meurent à cause du raisin avec l'aval du gouvernement ? Combien de mort à cause des poires ? Des pommes ? Des prunes ? Même le scoubidou tue, fallait-il mettre en prison Sacha Distel pour ça ?"
Sergio Coronado, porte-parole des Verts : "Cet appel bénéficie d'un soutien sans faille des Verts. Nous sommes favorables à la dépénalisation des drogues et à la mise en place d'une politique nationale de réduction des risques, par la mise en place de programmes de substitution, de distribution de drogue dans des lieux spécialisés, de cannabistrots...Nous souhaitons dans le cas précis du cannabis un contrôle par l'Etat de la distribution et de la commercialisation.
Enfin, nous réclamons la réforme de la loi de 1970, qui transforme l'usager en délinquant et permet que l'ouverture d'un quelconque débat sur le sujet soit passible d'un passage devant les tribunaux, une mésaventure qui est arrivée au député vert européen Jean-Luc Bennhamias."
Benoît Delepine : "Je signe parce que je suis Européen, donc Hollandais. Je signe, parce que si Licence 4, pourquoi pas Licence 5 ?
Je signe parce que Jean-Pierre Galland est beau."
Jean-Pierre Géné, journaliste : "Je signe parce que j'en suis un des auteurs en 1976 à Libération, où j'ai passé une vingtaine d'années et que depuis 30 ans rien n'a changé et qu'on pourrait écrire le même appel aujourd'hui".
Laurent Gourarier, délégué national drogues et réduction des risques du parti socialiste : "Je signe cet appel pour rompre avec la langue de bois et parce que j'estime que le discours public sur le cannabis est complètement déconnecté de la réalité. Même si je ne suis pas forcément d'accord avec tous les points du texte, je préfère être du côté de gens qui tiennent un tel discours que de celui des tartuffes qui font peser une chape de béton sur la question."
Guizmo, membre du groupe Tryo : "J'ai signé parce que je suis un consommateur occasionnel et que je pense que le tout répressif n'est pas une solution. Le but de cet Appel est avant tout d'ouvrir un débat, un débat que les hommes politiques n'ont jamais ouvert. Je suis également un père de famille et j'aimerais que mes enfants bénéficient d'une vraie prévention, que l'on arrête de faire croire des horreurs sur le cannabis, tout en continuant à baptiser les enfants avec du vin."
Razzye Hammadi, président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) : "Nous avons signé parce que la prévention sanitaire, la sécurité au sens large nécessite la révision de la loi de 1970 et la légalisation. D'ailleurs, le projet des socialistes reprend cette exigence sanitaire en prônant la révision de la loi ainsi qu'une régulation publique."
Léon Mercadet, journaliste : "Parce que j'en ai ras-le-bol de cette hypocrisie. Cela fait 35 ans que ça dure et on n'a aujourd'hui, légalement, même pas le droit d'en parler. Je voudrais déjà qu'on puisse en discuter, comme on parle du tabac et de l'alcool qui sont des drogues plus dangereuses et plus addictives que le cannabis.
Que l'on arrête de diaboliser ce produit. Par exemple, concernant les pertes de mémoires, j'ai 56 ans et je peux vous citer tous les buteurs de la Coupe du monde de Montevideo de 1930 sans problème ! Que l'on mette les choses à plat, qu'on se penche sur les études scientifiques sérieuses et qu'on ouvre un vrai débat national sur le sujet.
J'ai honte quand je me rends en Belgique ou Allemagne de passer pour un plouc de l'Europe, où la plupart des pays ont ouvert ce débat et dépénalisé l'usage. Il faut arrêter de se voiler la face : on fume partout, même à Neuilly, la ville de Nicolas Sarkozy. Mais ceux qu'on arrête, ce ne sont pas les acheteurs des beaux quartiers mais bien ceux des banlieues. Ces arrestations au faciès qui créent de graves injustices dans notre pays.
Personnellement j'ai arrêté de fumer parce que, effectivement, ce n'est pas l'idéal pour se bouger quand on a beaucoup de travail. J'ai également un gosse de 15 ans et il est hors de question qu'il fume. Mais aujourd'hui, sur ce point, la première leçon d'instruction civique qu'il reçoit, c'est que la loi n'est pas appliquée. Pour un ados d'aujourd'hui, l'attitude des pouvoirs publics est totalement indéchiffrable.
Le cannabis doit être réservé aux personnes majeurs. Mais après 18 ans, il faut ficher la paix aux gens. Nicolas Sarkozy a demandé à ce qu'on s'occupe pas de sa vie privée. Qu'il en fasse de même avec nous…"
Fabrice Olivet, président d'ASUD : "Nous sommes engagés dans la réduction des risques et la défense des usagers de drogues. La signature de cet Appel permet de rappeler que la question du cannabis n'est absolument pas traitée dans une optique de réduction des risques, mais bien dans une seule optique de prévention et de répression. On relève en 2005 104.000 arrestations par an de consommateurs contre quelques centaines dans les années 70 et environ 90.000 au début des années 2000. Ce qui prouvve une hausse exponentielle de la répression contre laquelle nous nous élevons."
Olivier Poulain, membre d'Utopia, une association de réflexion qui prend notamment part aux débats du PS : "Je signe parce que les trente ans de l'Appel me paraissent une bonne occasion de rappeler la nécessité d'un débat public sur le sujet. La présence d'autres forces politiques signataires prouve que la question transcende les clivages habituels.
Pour Utopia, il est nécessaire de rappeler que la politique actuelle est une politique de répression extrémiste. Nous nous prononçons avec le CIRC pour une harmonisation du droit des usagers."
Jean-Marc Priez, ancien président de Techno-plus : "Je signe parce que je trouve que la politique vis-à-vis de la prévention des drogues, et notamment du cannabis, est très mal faite aujourd'hui. Je ne suis pas pour la légalisation, mais la dépénalisation des drogues est aujourd'hui nécessaire".
Karl Zéro, journaliste : "Parce que, quand on fait un album avec les Wailers, c'est un peu comme si on était devenus un des évêques de la Sainte Ganja. Plus sérieusement, je pense que l'hypocrisie de nos chers gouvernants concernant la cannabis a assez duré et qu'à l'occasion de l'élection présidentielle de 2007, il faut exiger d'eux non seulement la dépénalisation mais également l'introduction sur le marché de chanvre à rouler dans les bureaux de tabac. A moins que l'économie parallèle ne servent à financer leurs campagnes?"
|
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|